Portrait de comédien : Soufiane Guerrab , droit au but
L’acteur Soufiane Guerrab sera la semaine prochaine en tête d'affiche le rôle principal de Bombonera le film sur le foot de rue de Syrine Boulanouar.
Il sera aussi à partir du 23 octobre dans la série à succès Lupin sur Netflix où il interprète le rôle de l’enquêteur Youssef Guedira, pour cette 4ème saison.
D’Audiard à Brizé en passant par le duo Mehdi Idir-Grand Corps Malade, l’acteur franco-marocain est devenu en plus d’une décennie un comédien qui compte.
Echange détendu au téléphone avec ce désormais visage familier du paysage cinématographique français
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Soufiane, vous tenez le premier rôle d’un film « Bombonera » dont l’action se situe dans le monde du football, en deux mots, vous pouvez nous raconter le pitch?
Oui, c’est l’histoire d’un homme un peu mal en point qui fait des petits coups à droite, à gauche pour survivre, notamment en arnaquant des petits prodiges du foot. Jusqu’à ce qu’il tombe sur une jeune fille vraiment amoureuse du football. Il va essayer de lui inculquer ce que lui n’a pas eu quand il était jeune et va se créer un triangle familial entre lui, la jeune fille et la maman de cette dernière (jouée par Vimala Pons) sur fond de street foot.
Avez-vous des films de sport que vous avez particulièrement aimé et souhaiteriez-vous incarner un champion dans un biopic ?
«J’ai bien aimé le film sur Pelé, sinon ce serait plutôt des films de boxe. J’aimerais incarner un boxeur. Ce qui m’intéresse, c’est de raconter un parcours original, une histoire de vie. Ça me plairait aussi de suivre une préparation physique pour un rôle où il faudrait un corps super musclé mais, pour l‘instant, on ne m’a jamais demandé d’enlever ma chemise. ( rires)
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Le foot, c'est l’une de vos passions d'enfance ?
Oui, j’ai grandi dans une famille sportive, ma sœur Nafissa a été joueuse professionnelle (formée au PSG, elle a joué au Blanc-Mesnil et Saint-Maur). Je fais moi-même beaucoup de sport. J’ai aussi joué au football dans le club de Noisy-le-Sec, qui a un peu baissé ces dernières années mais qui était de bon niveau à mon époque. J’ai joué jusqu’à 16 ans et puis est arrivé le métier de comédien et je n’avais plus le temps de m’entraîner.
Et le métier d'acteur, il est arrivé comment dans votre vie?
C’est incroyable ! J’ai découvert le cinéma par une averse. Je me suis refugié dans une tente noire à Paris. Un régisseur m’a demandé de partir puis la pluie redoublant d’intensité, il m’a fait revenir. C’était la première fois que j’étais sur un plateau de tournage. J’y ai rencontré mon agent avec qui j’ai réussi mon premier casting. Ce métier m’est tombé dessus par hasard.
Jamais je ne me serais imaginé faire du cinéma. J’ai de la chance, ce n’est que du bon, du positif. Mais je suis un autodidacte, je n’ai jamais pris de cours. Je n’ai pas suivi le chemin classique…
Et puis petit à petit, d’un projet à l’autre, ça fait quinze ans que je fais ça. J’ai rencontré un agent, à Paris. Il pleuvait, on regardait la Seine ensemble – on regardait une scène de tournage en fait. J’étais spectateur, je m’étais mis dans un coin. J’ai dit que ça avait l’air simple, ça avait l’air facile à faire. Et que le mec, je trouvais qu’il ne jouait pas… il ne jouait pas ouf. Le monsieur à côté de moi m’a dit que c’est plus facile à dire qu’à faire. Alors j’ai dit que moi, ça me plairait d’essayer, de tenter ma chance. Il a répondu « ça tombe bien que tu dises ca, parce qu’en ce moment, on recherche un peu ton profil pour un film.
Est-ce que ça te dirait de passer le casting ? » J’ai passé le casting et j’ai eu la chance d’être pris. Dès le premier casting j’ai été pris, c’était cool. C’était pour le film Mes Copines, avec Léa Seydoux. C’était son premier film aussi je crois, un film sur la danse. C’est Sylvie Ayme qui réalisait. C’était une première expérience, et ça m’a plu.
Avant le ciné, c'était la musique qui était importante dans votre vie, pas vrai?
Oui, à 15 ans, quand un ami me montre un logiciel pour faire de la musique. Ca a été une révolution car avec peu de choses et en partant de rien, on peut faire de belles choses. Feu mon père m’a aussi aidé à concevoir mes voitures télécommandées avec des boites de chaussures. Je garde en mémoire les principes de droiture, de modestie mais aussi d’ambition à aller plus loin.
Créer est au centre de ma vie et de mon métier. Faire de la musique, c’est assez simple de nos jours, ce n’est plus comme il y a vingt ans. Je pouvais le faire tranquillement, chez moi, sans avoir aucune notion. Seulement pour moi. C’est ce qui m’a mis dans le bain artistique, la créativité.
Vers l’âge de 18 ans, quand j’ai commencé dans le cinéma, j’ai mis la musique de côté et je me suis concentré sur ce métier. Ce n’était que du kif, que du bonus. Je faisais des tournages de temps en temps, à droite à gauche. Il y a très peu de temps que je peux enfin dire que c’est mon métier, que je suis fier et heureux… j’ai beaucoup de mal à le dire encore. Aujourd’hui ça marche, demain ça peut marcher un peu moins.
Vous avez tourné dans trois films de Grand Corps Malade et Mehdi Idir dont Patients et La Vie scolaire. C'est quoi votre lien avec eux?
Avec Mehdi Idir et Fabien Marsaud (Grand Corps Malade), c’est au-delà de l’artistique. Ce sont des gens que j’ai rencontrés il y a désormais dix ans sur le casting du film Patients, un film magnifique. Ils sont devenus ma famille, vraiment. Ce sont des sortes de grands frères même s'ils sont pas tant plus âgés que ca que moi.
Avec eux c’est au-delà du cinéma. Oui, ce sont des gens qui ont su me faire confiance, eux et Jean-Rachid Kallouche, le producteur. Ils ont été les premiers à m’écrire un rôle sans que j’aie à passer le casting, pour le film La Vie scolaire.
Je leur dois beaucoup, beaucoup et je ne les remercierai jamais assez pour la confiance qu’ils m’ont donnée. Je les kiffe (sourire). Fabien et Mehdi : ce sont mes gars. J’aimerais refaire un 4e film avec eux.
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Dans les rôles que vous avez joué, il y a pas mal de coach, de prof, de policiers même mais pas trop de méchants, de voyous, bref vous allez contre les clichés sur les représentants de la banlieue à travers vos choix de rôles..
Oui surtout des flics d'ailleurs... Il est vrai que j’ai joué assez peu de gangsters. J’aime bien les rôles de policiers car ce sont des personnages qui font avancer le film.
C’est important aussi de nuancer. Nous avons besoin d’interactions, d’échanges et de dialogues pour faire tomber les préjugés entre les banlieues et la police.
Se tolérer et se comprendre permet déjà de revenir à des valeurs universelles. J’aime inspecter le rapport intérieur du personnage à son entourage, à ses traumas. Cela dépasse son simple métier. A nouveau, on est dans l’humain d’abord ! »
Dorénavant, je suis plus sûr de moi quand j’aborde un rôle. Pendant longtemps, j’ai eu énormément de mal à dire que j’étais acteur. Je prends mes films au feeling.
Je connais mon texte et tente de faire la meilleure prestation. Si je suis choisi, c’est que le réalisateur et les producteurs savent ce qu’ils font. Sur un film, il y a un esprit d’équipe comme au football. Chacun est à son poste et donne son maximum quand le mot action résonne. Je suis convaincu que le collectif peut être bénéfique. »
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Bombonera de Syrine Boulanouar à voir en salles le 05 août 2026.
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