[CRITIQUE] LA DERNIÈRE PATIENTE : un oppressant huit clos contre la masculinité toxique
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Médecin généraliste depuis de longues années dans le même cabinet de banlieue de Nancy, Judith – a une seule journée devant elle pour mettre en cartons sa vie tout entière, professionnelle et personnelle car l'immeuble est en cours de destruction..
Et puis soudain, au milieu des cartons, surgit Aïda : une jeune femme enceinte de huit mois qui sonne à son cabinet, inquiète d’avoir perdu du sang. Judith l’emmène illico à l’hôpital – pas de lit disponible, aucune place en échographie avant des heures, l’attente s’annonce interminable…
Impossible pour le médecin d’abandonner Aïda pour retourner à ses cartons. D’autant que le petit ami de cette dernière, d’abord aux abonnés absents, commence à s’imposer de façon insistante – et même déplaisante, voire inquiétante.
Pour le réalisateur Rémi Bassaler, issu de la Femis connu jusqu’à présent pour deux courts métrages (Un rêve chinois, On vénère bien les chevaux). et plutôt axé a priori vers le documentaire "Faire le portrait d’une médecin de 62 ans c’est aussi une manière de combler un manque représentationnel. car encore trop peu de fictions mettent en avant des personnages féminins de plus de 50 ans."
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Mais étonnamment, alors qu'on pourrait s'attendre dans les premières minutes à nous retrouver devant une chronique sociale sur les dysfonctionnements du système de santé en France, le jeune réalisateur va progressivement tendre son intrigue, le portant vers un huis clos de plus en plus oppressant qui laisse pas mal de surprises à son spectateur, tout en conservant une toile de fond sociale assez percutante.
Portée par une Anouk Grinberg, très convaincante et très attachante, –et dont le duo avec la trop rare Luana Bajrami fonctionne bien, La Dernière patiente laisse à voir la survenance d'un lien sororal puissant comme une arme de premier choix face au masculinisme qui gangrène la société- la masculinité toxique est un des sujets phares de cette rentrée, plusieurs films l'ayant en thème principal, et notamment un qui sort le même jour que la Dernière patiente.
Malgré un twist et des rebondissements finaux qui demandent certainement une petite suspension de crédulité pour le spectateur- ce qui n'a pas été le cas de tout le monde à la rédaction- le film séduit largement par la puissance de son récit et la maitrise de sa mise en scène notamment dans les séquences nocturnes, parfaitement magnifiées par le travail du chef opérateur KRISTY BABOUL.
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LA DERNIÈRE PATIENTE de Rémi Bassaler ;2 septembre 2026
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