Les grands films de la rentrée : GARANCE - Adèle Exarchopoulos, qu'importe le flacon pourvu qu'elle ait l'ivresse
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Garance est une jeune comédienne. Intermittente, elle joue dans une troupe de théâtre, sort avec un garçon qui passe ses journées à jouer de la musique. Le soir, Garance sort. Beaucoup. Elle boit. Beaucoup. Elle a l’alcool festif. Puis Garance se met à boire dans la journée, parce que la vie lui semble plus drôle, moins dure.
Parce que sa sœur à une saloperie de cancer, parce que le boulot, c’est pas ça et la vie sentimentale non plus. Elle enquille les verres de blanc, dans les bars, à la bouteille, au cubi. Ce n’est plus la fête mais la dégringolade. Puis Garance va rencontrer Pauline la douce, magnifiquement interprétée par Sara Giraudeau…
Garance, qu'on suit du début à la fin de ce film, c'est Adèle Exarchopoulos, lactrice de La Vie d'Adèletrouve ici à nouveau un rôle d'une grande richesse.
C'est sa deuxième collaboration avec la réalisatrice Jeanne Herry, après Je verrai toujours vos visages (2023). Elle porte littéralement ce film sur ses épaules. Son personnage, Garance (qui porte le même nom qu'Arletty dans Les Enfants du paradis, de Marcel Carné), est une jeune femme solaire, drôle, vibrante, qui vit l'instant avec une intensité parfois dangereuse.
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Dans ce film plein d’humanité comme sait les réaliser Jeanne Herry, Adèle E y donne sa force, sa fragilité, son sourire et ses larmes. Elle s’y abîme comme son personnage. Elle joue vrai tout en… sobriété.
A la fois tragique et lumineux, Garance le film est porté par toute la force de jeu d'Adèle Exarchopoulos. Arrivée à mi film, la toujours formidable Sara Giraudeau lui apporte un contrepoint précieux, celui de la bienveillance, de l'écoute, d'une forme de retenue qui fait ressortir, par contraste, la fureur de vivre de Garance. Dans cette opposition subtile, Jeanne Herry trouve une belle matière cinématographique.
Jeanne Herry prouve aussi et surtout qu'elle possède une qualité pas si fréquente dans le cinéma français d'aujourd'hui : évoquer des sujets d'intérêt public sans jamais sombrer dans les généralités sociologisantes et les leçons de morale. Après l'adoption (« Pupille ») et la justice restaurative (« Je verrai toujours vos visages »), la réalisatrice réussit une nouvelle fois un film qui aborde un grand sujet, qui pourrait donner court à tous les poncifs mais qui n'y tombe jamais : l'alcoolisme.
Garance le film, et son personnage séduit surtout par la manière qu'il a de relier l'intime au social, sans appuyer lourdement sur le propos. Une mère coupable de n'avoir pas assez dit, une soeur fragilisée par un cancer, un milieu professionnel qui tolère un temps ce qui finira par devenir ingérable : tout concourt à dessiner une toile de fond très juste, ni accusatrice ni complaisante.
Le film ne cherche pas le pathos mais la vérité d'une spirale que l'entourage voit venir avant même que l'héroïne ne la traverse. Un film qui aurait sans doute mérité d'avoir quelque chose au palmarès mais qui a sans doute souffert son coté trop qualité France..
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