Baz'art  : Des films, des livres...
15 juin 2012

Pourquoi "De rouille et d'os" m'a (un peu) déçu...

marion-cotillard-a-tourne-d-os-et-de-rouilleJe vous le disais à l'occasion de mon article sur Hugo Cabret, j'ai retrouvé depuis quelques années mon âme d'enfant, et d'ailleurs, je pousse le mimétisme en étant aussi pénible qu'un gamin : quand je veux quelque chose, je le ressasse jusqu'à plus soif, pour un résultat souvent décevant, une fois que j'ai eu ce que j'ai voulu .

 Prenons par exemple, De Rouille et d'Os, le dernier film de Jacques Audiard. Je vous ai certainement un peu fatigué, lors de la rédaction de mes billets sur le festival  de Cannes, et même avant, sur l'envie de voir au moins un film de la sélection, celui, qui sur le papier me paraissait de loin le plus enclin à me plaire. Et, une fois que j'ai eu ce que je voulais (et heureusement le film est sorti en même temps que lors de la présentation, mon impatience aurait été plus grande encore s'il était sorti à la rentrée), et exactement comme pour les gamins, mon emballement est retombé un peu comme un soufflé.

Entendons nous bien : De Rouille et d'os n'est assurément pas un un navet, n'en déplaise à quelques grincheux qui ont voulu se payer Jacques Audiard, vu que tout ce que touche ce cinéaste se transforme en or et que la réusite agace toujous un peu. Le film regorge de qualités, et surtout de scènes visuelles très fortes qui impriment la rétine et me reste encore en mémoire près d'un mois aprés l'avoir vu (la fameuse scène avec l'orque, ou celles sur la terrasse avec Katy Perry en fond sonore).de-rouille-et-d-os

Audiard reste un des meilleurs metteurs en scène français, si ce n'est le meilleur, tant il sait filmer des corps et donner une vraie intensité  à des scènes qui pourraient vite tomber dans le ridicule, filmé par quelqu'un d'autre.

Et l'autre immense qualité d'Audiard, déjà présente dans ses précédents films, est sa grande capacité à diriger ses acteurs, et à leur tirer le maximum de leurs possibiltés. Et évidemment, même si cela a été dit maintes et maintes fois, Marion Cotillard, qui m'avait laissé dubitatif dans de nombreux rôles (dont le tant surestimé La môme) est ainsi tout bonnement incroyable, tant elle arrive à nous faire ressentir la détresse de son personnage, juste avec un regard ou un simple geste. Bouli Lanners, dans un second rôle pas très sympathique, est également vraiment excellent.

mathiasEn revanche, et c'est là que je vais commencer ma petite liste de reproches, je suis plus spectique sur la performance, pourtant si encensée, de Mathias Schnonaerts, dans un rôle qui ne m'a pas semblé être forcément un rôle de composition. Mais plus que de blamer l'acteur lui même , c'est l'écriture de ce personnage qui pose problème : je veux bien croire qu'il existe des personnes à ce point instinctives et dénuées de la moindre capacité de réflexion, mais certaines de ses attitudes laissent quand même songeur, tant elles sont déconnectées de celles du commun des mortels, et du coup, j'ai eu quelques difficultés à adhérer à l'histoire d'amour  et à la symbiose qui se crée entre les deux personnages.

Jacques Audiard veut tant éviter toute tentative de psycholisation qu'il m' a manqué des clefs pour appréhender la relation entre ces deux éclopés de la vie. Quant aux personnages secondaires, ils manquent vraiment de consistance, et il s'avère dès lors impossible qu'on puisse s'attacher à eux. Audiard, contrairement à ce qu'il avait pu faire dans Le Prophète ou De battre mon coeur s'est arrété ( mon préféré de l'auteur), a nettement privilégié la mise en scène, effectivement parfaite de bout en bout, à l'écriture. 

On a la facheuse impression qu'il ait voulu faire quatre films au lieu d’un  (un mélodrame amoureux,  un documentaire sur les combats de rue,  un portrait sur les handicapés, et un constat social sur les effets de la crise). Malheureusement,  on a l'impression qu'aucun de ces segments n'est suffisamment exploité jusqu'au bout et que malgré de très beaux moments ( surtout sur la fin),  l'ensemble manque de fluidité et ne convainc tout à fait.

Bref, encore un film sélectionné à Cannes qui m'a déçu (et encore je suis pas allé voir Cosmopolis, mais vu ce que j'en lis, ca donne pas envie). Je vais finir par croire que c'était une annus horribilis pour la sélection officielle, cette année, mais j'ai encore 19 films à voir avant de faire un bilan définitif!  

 

 

Commentaires
S
Coucou ! Je commente sans l'avoir vu ce sont mes parents qui y sont allés... Ma mère a aimé mon père non... Ce genre d'histoire ne toucherait que les femmes?? :) lol non je ne sais pas mais moi en tout cas j'ai bien envie de le voir :) Merci pour tes critiques en tout cas.
Répondre
F
virgie m'avait dit que toi non plus tu n'avais pas été non plus emballé à 100%...<br /> <br /> oui la fin est un peu confuse je suis d'accord avec toi mais la les vannes ont laché, et du coup j'ai bien été embarqué sur ce coup la
Répondre
A
Moi c'est un peu pareil : à force de l'entendre encensé, je m'attendais à mieux. Certes c'est un bon film, mais pas le film du siècle.<br /> <br /> La fin (ou l'avant fin) en particulier est un peu brouillon et on se comprends pas trop ce qui se passe (enfin moi).<br /> <br /> La performance de Mathias Schnonaerts m'a bien plu, mais si je l'ai préféré dans Bullhead. Mais c'est vrai qu'il va finir par ne jouer que ce genre de rôles...
Répondre
F
nipette: j'imagine que cosmopolis tu l'integreras dans un de ces billets bilan que j'affectionne tant :o)<br /> <br /> @aurore : oui sans doute je suis un peu trop sévère, mais je le juge à l'aune de mon attente incroyable...je le reverrais d'ici qq années avec plus de recul<br /> <br /> @yuko : oui et pourtant le prophète au départ est un univers trop masculin pour moi mais le scénar tient mieux la route je trouve
Répondre
Y
Effectivement, je suis plutôt d'accord avec toi... de rouille et d'os si encensé lors de sa sortie est un film à la mise en scène maitrisée... mais cela ne suffit pas à toucher et cette scène sur la glace, dommage car trop prévisible... pour moi, le film est bien en dessous de Un prophète !
Répondre
Qui sommes-nous ?

 

Webzine crée en 2010, composé d'une dizaine de rédacteurs qui partagent  la même envie : transmettre notre passion de la culture sous toutes ses formes : critiques cinéma, de littérature adulte et jeunesse, critiques de pièces de théâtre, concert , expositions, musique, interviews et portraits d'artistes, comptes rendus de spectacles,  tests de jeu de société., couverture de festivals de cinéma ou de musique...

Visiteurs
Depuis la création 8 467 009
31e édition des 𝐑𝐞𝐧𝐜𝐨𝐧𝐭𝐫𝐞𝐬 𝐝𝐮 𝐜𝐢𝐧𝐞́𝐦𝐚 𝐟𝐫𝐚𝐧𝐜𝐨𝐩𝐡𝐨𝐧𝐞 𝐞𝐧 𝐁𝐞𝐚𝐮𝐣𝐨𝐥𝐚𝐢𝐬
 
 
 

 

Le festival des 31e Rencontres du cinéma francophone s’annonce, un peu partout en calade et dans le Beaujolais, du 10 au 15 novembre, au cinéma Les 400 Coups Villefranche bien sûr et dans nos 3 cinémas partenaires !

La programmation s’affine mais reste encore confidentielle. Comme chaque année, il y en aura pour tous les âges, avec 8 films en compétition, dont 4 pour le jury lycéen, une proposition de 3 films jeune public et familial qui seront présentés dès le 2 novembre aux scolaires du territoire et beaucoup de temps forts et de belles surprises !

ALUNA FESTIVAL 2027

Après avoir annoncé la venue de Sting, Aluna dévoile la suite de sa programmation 2027 : Orelsan, PLK, Vianney, Lost Frequencies, Suzane, Yann Muller, le collectif “Ensemble !!!”, Manon Lisa et St Graal rejoignent l’affiche. À Ruoms, près des gorges de l’Ardèche, le festival réunit les générations et les univers musicaux dans un cadre singulier : un camping cinq étoiles devenu le berceau d’une aventure musicale portée par tout un territoire.

 

 

 

ARRAS FILM FESTIVAL DU 6 AU   15 NOVEMBRE 2026

ARRAS FILM FESTIVAL DU 6 AU   15 NOVEMBRE 2026

  

 la 27e édition de l'Arras Film Festival  se tiendra du 6 au 15 novembre 2026.

Des avant-premières en présence des équipes de films, des invité.e.s d'honneur (Jean-Pierre Jeunet, Volker Schlöndorff, Yolande Moreau & Gilles Porte);  la compétition européenne;  un focus sur le cinéma belge; les Visions de l'Est; 2 rétrospectives ("Crimes à l'Italienne", avec des films de Pietro Germi, Mario Bava, Dario Argento, Elio Petri ...& "Patron, ouvriers, révolution", pour explorer un siècle de luttes sociales, de colères collectives et d’émancipation ouvrière);
Pas moins de 115 films seront présentés!! 

Nous contacter

Une adresse mail : philippehugot9@gmail.com 

Newsletter
178 abonnés