Baz'art  : Des films, des livres...
22 décembre 2012

Johnny 316 : un film maudit enfin en DVD

 Un prêcheur dlargeposter_623336e rue sans ressources passe ses journées à réciter des passages de la bible. Il rencontre un jour Sarah, une jeune fille coiffeuse, qui vient de perdre son emploi. Dès le premier regard, Sarah tombe sous le charme du prêcheur errant et le poursuit pour le convaincre de son amour...

Dans la foulée de Machine Gun Preacher, j'ai visionné en DVD Johnny 316, un autre film inédit en salles et qui vient tout juste de sortir en DVD et Blu Ray,  édité par KMBO films, un éditeur qui lance pas mal de pépites méconnues du cinéma d'auteur mondial.

 Mais plus qu'un inédit traditionnel, ce Johnny 316, première réalisation américaine du francais Erik Ifergan, est en fait un véritable film maudit , un de ces films qui se comptent sur les doigts de la main et qioi peuplent l'histoire du cinéma mondial.

Réalisé en 1998, le réalisateur Erick Ifergan a mis près de 15 ans à sortir son film. Pret pourtant dès 1998 et présenté même cette année là dans quelques festivals, il fut complétement laissé dans les tiroirs pendant une bonne dizaine d'années.

Après de nouvelles prises de vue en 2006, ce n’est que cette année que le financement a été bouclé et le travail de post-production achevé. Si le réalisateur est de nationalité française et a notamment réalisé des clips pour Jean Jacques Goldman ou Patrick Bruel, il est totalement inspiré par la culture du cinéma indépendant américain et ses références se font parfaitement ressentir dans son premier long métrage.

Du début à sa fin, le film a tout de l'oeuvre typique d'un cinéma américain arty et underground, mais malheureusement, il prend plus les mauvais cotés que les bons de ce cinéma là.

En prenant comme acteur principal Vincent Gallo, acteur totalement déconnecté du circuit traditionnel du cinéma holywoodien, (et encore plus maintenant qu'à l'époque du film), cette première fiction veut effectivement imposer à chaque instant sa liberté et  assumer son coté totalement à contrecourant de la production holywoodienne. Le film se veut une transposition très moderne et très foutraque du Salomé d'Oscar Wilde, un peu comme le film de Baz Luhrman était une adaptation de Roméo et Juliette, mais le résultat n'est pas du même niveau.

Vincent Gallo lui même en fait énormément dans le rôle de ce marginal trainant sur les trottoirs d’Hollywood Boulevard, qui passe ses journées à prêcher la parole de Dieu. Roulement des yeux, postures totalement illuminées, surjeu permanent, que ceux qui ont déjà du mal avec cet acteur ( la scène qu'il joue  à la fin du Two Days in New York  de Julie Delpy cette année a beaucoup fait parler) peuvent passer son chemin tant il fait un show à lui tout seul.

 Mais c'est d'ailleurs l'ensemble du film qui verse dans l'outrance totale, histoire d'accentuer le coté mystico- kitch assumé par le cinéaste :de l'image, hyper stylisée et symbolique en passant par la photographie qui insiste bien sur le coté illuminé des personnages  sans oublier les mouvements de caméra, ralenti et gros plan,  ou bien encore une bande originale extremement répétitive et assomante -les trois mêmes suites pour violoncelle en appoint), tout est dans une exagération qui voudrait faire le lien entre trip mystique et dénonciation de certains effets du rêve américain. 

Les effets surlignés de la mise en scène font parfois penser à du Xavier Dolan. Mais contrairement  au magnifique Laurence Anyways, le scénario est tellement ténu et les personnage ont tellement peu de consistance qu'on ne peut que les voir ces effets visuels et que tout cela vire à l'esbrouffe assez insupportable.

 Le seul interet du film réside dans le coté documentaire, qui tranche du coup totalement avec l'hyperstylisation de la mise en scène : Ifergan montre comment le mythe hollywoodien déteint sur ses laissés-pour-compte, comment chacun finit par s’inventer un personnage (gérant de superette joué par le regretté Seymour Cassel,athée qui déteste qu'on le bénisse,  femme de ménage transsexuelle et SDF qui astique les étoiles sur Hollywood Boulevard, ).  Hélas, même cette partie là n'est pas suffisament exploitée et le tout retombe bien vite comme un soufflé.

Bref, un trip cosmique qui pourrait bien avoir quelques fans , qui auraient vite fait de l'ériger en film culte, mais qui, pour ma part, m'a laissé assez circonspect.

Johnny 316″ (Hollywood Salome), de Erick Ifergan, avec Nina Brosch, Vincent Gallo, USA,2012 (première mouture 1998), 87 min. Dvd kmbofilms, 19..99 euros. Sortie le 4 décembre 2012.

 

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