Baz'art  : Des films, des livres...
13 mars 2014

Les Amants parallèles de Vincent Delerm : une lune de miel qui s'érode??

amants

Après un billet terriblement rock n'roll en fin de semaine dernière, je viens reparler de musique mais ce coup ci, je reviens à mes premiers amours, la variété française, en vous parlant du dernier album d'un de mes artistes préférés, j'ai nommé Vincent Delerm, et de ses Amants parallèles, sortis en novembre dernier.

J'ai mis pas mal de temps à chroniquer Ces amants parrallèles, alors même que je suis un fan absolu de l'artiste comme je l'avais redit il y a moins d'un an et que j'avais même précommandé ce disque pour être sur de l'écouter dès le jour de sa sortie, chose que je ne fais jamais.

Et si j'ai mis autant de temps à en parler ce n'est pas seulement pour ne pas faire dans la même année deux articles autour du même artiste, mais aussi car j'avais un peu de mal à écrire dessus.

Comme je l'avais dit dans mes précédents billets, j'ai toujours eu le sentiment en écoutant un disque de Delerm ou en regardant un de ses spectacles, que Delerm était un de mes doubles inversés, et que cela me faisait pleinement plaisir de me reconnaitre en lui.

En effet  j'ai pu trouver en Delerm junior une résonnance très importante sur pas mal de points de vues, une impression que tout ce qu'il pouvait chanter ou mettre en scène aurait trés bien pu venir de ma plume ou de mon esprit, si jamais j'avais eu le dizième de son talent créatif.

Et lors de mes premières écoutes de son nouvel opus , j'avoue avoir ressenti une vraie déception, notamment parce que j'ai eu l'impression qu'on s'était un peu éloigné lui et moi et que pour une fois je me sentais plus tant en osmose que cela avec lui.

delerm

Et pourtant, dieu sait que je l'ai attendu cet album, lorsque j'ai eu vent de ce projet : un album entier sur le couple, de sa rencontre à sa fin, un peu à la manière d'un film de Truffaut,  lui qui sait mieux que quiconque haper ces petits rien des relations humaines, et qui a une écriture si cinématographique, je m'en léchais terriblement les babines d'avance et j'étais persuadé que j'allais soupir d'aisance devant cette justesse de l'observations, entre humour et nostalgie du temps qui passe, un peu comme il avait si bien su le faire dans sa pièce de théâtre "Le fait d'habiter Bagnolet", une pièce extraordinaire pleine d'humour et de mélancolie sur un couple qui a duré pendant 7 années.

Or, en écoutant "Les amants parrallèles", et après l'avoir écouté deux trois fois de suite, j'ai été obligé de me rendre à l'évidence que ce disque ne ressemblait pas vraiment à l'image que je m'étais projeté du disque en amont.  D'une part, le disque est beaucoup trop court : 31 minutes de disque, on a peine le temps de le mettre qu'il faut l'enlever de la chaine, surtout quand on sait que la moyenne de chaque morceau ne dépasse jamais deux minutes...

Et cette durée est d'ailleurs la conséquence directe du second défaut du disque, à savoir son côté trop minimaliste.  On sait certes que Delerm n'aime rien de moins que de décrire des petits rien, des choses les plus anodines possibles et non pas des évenements clés qu'il laisse à d'autres, mais là, le problème est qu'il atteint les limites du minimaliste. Les 10 morceaux (dont quelques morceaux parlés) ne comportent aucun fait particulièrement  marquant, aucun message, et si cela pourrait etre un atout, cela se retourne contre lui.

Car, à force de raconter pas grand chose, il est tout près de ne rien raconter du tout, et la plupart des morceaux se laissent écouter mais ne portent pas en eux l'humour et l'émotion inhérent aux morceaux de Delerm, témoin ce premier single, ces amants parrallèles, pas bien mordants et surtout beaucoup trop courts pour marquer.

Vincent Delerm "Les Amants parallèles" [Clip Officiel]

L'immense qualité de Delerm, c'était d'arriver à planter un décor et une situation en deux trois phrases, et tout le monde ou presque pouvait alors s'y reconnaitre dedans. 

Sauf que là, son aptitude habituelle à être le plus évocateur possible, à faire apparaitre dans l'esprit de l'auditeur des images fortes est ici bien moins prégnant que d'habitude. Et par exemple, le fait de ne plus faire du tout du "name dropping" (ce qu'on lui a souvent reproché) est finalement une fausse bonne idée, les noms propres ayant ce pouvoir d'évocation chez tout un chacun, et ici, les situations et les personnes dont il nous parle semblent tellement anodines qu'on n'est plus vraiment dans l'universalité habituelle.

Et niveau mélodie, les chers pianos arrangés dont on a beaucoup parlé est également une contrainte dont Delerm se sort moyennement bien: on entend des bruits de grincement, de claquement, car les pianos, ainsi programmés produisent des sons de basses, de percussions ou de cordes,  proudisant des sons "parasites" - souffles, respirations, pédales qui grincent.

Et il faut reconnaitre, qu'au début du moins l'oreille a un peu de mal à s'habituer à ces sons disparates, et on aimerait avoir quelques cordes en plus toujours pour rajouter un peu de lyrisme à cet excès de minimalisme.  

Après, tout le monde ne ressent pas les choses comme moi car Vincent Delerm a dit, dans la promo de ce disque, dans les itws que certains inconnus sont allés lui dire dans la rue que ce disque "donnait envie de tomber amoureux", donc visiblement pour eux cette trop grande retenue et ce manque de passion n'était pas pour eux rédhibitoire.

Et ensuite, je reconnais qu'après avoir écouté cet album au fil des mois, j'ai commencé à être charmé par certains morceaux, notamment le film, Hacienda ou la fois ou tu as, des morceaux, qui provoquent une émotion et qui peuvent faire penser effectivement à une ambiance de long métrage  et maintenant, je me surprends à fredonner certains de ces morceaux.

Et puis je sais que lorsque j'irais voir Delerm sur scène (car la lune de miel n'est pas totalement finie, heureusement il me faudra plus d'amour déçu pour  rompre une love story :o), j'en repartirais enchanté car le type est tellement doué sur scène qu'il saura jouer sur les atouts et valoriser son disque...mais en attendant, j'avoue ne pas trop comprendre ceux (et dans la presse intello ils furent nombreux) qui prétendent que "Les amants parrallèles" est le meilleur album de Delerm.

Et moi qui préferais il y a quelques années largement Delerm à son éternelle comparse Jeanne Cherhal, à l'univers proche, il se pourrait bien que la roue vient de tourner en ce début 2014( cela signifie t-il que je vous parlerai bientôt, et en bien, du nouvel album de Cherhal qui est sorti lundi dernier?, allez savoir :o)

Commentaires
M
Je comprends ta déception même si je ne partage pas ton engouement pour Delerm, et je pense qu'en tant que fan de la 1e heure tu as raison de lui laisser une chance en allant le voir sur scène! ;)
Répondre
M
Dans les "trois": je pensais à Martine Delerm et ses illustrations magnifiques. :) Donc le DVD " 23 Janvier-18 Juillet 2009 - Livre DVD(144 pages) " ne correspond pas à Memory? Il ne me reste plus qu'à aller en Normandie voir mes futurs beaux-parents virtuels et les harceler pour que leur fiston me refasse le spectacle rien que pour moi!
Répondre
B
les 3??? tu prends déjà une option sur un des fils de Vincent :o) ah le fait d'Habiter Bagnolet il faudrait qu'il le rejoue sur scène une fois car c'est encore mieux sur scène un de mes meilleurs souvenirs de théatre...quant au spectacle mémory j'ai bien peur que tu ne trouves aucune trace, il tenait absolument à ce qu'on ne puisse pas du tout se le procurer qu'il n'y ait aucune captation de ce spectacle génial mais déjà un peu trop court aussi il faut le dire...merci pour ta belle intervention en tout cas mademoizela
Répondre
M
Dans la famille Delerm, je prends les 3! Mon adoration pour le père et le fils est sans limites. Cet album est définitivement trop court. Ce qui manque dans cet album, c'est la patte Delerm. A la première écoute, j'ai été emballée; au fil du temps, un peu moins. C'est un album qui est assez bon MAIS pas autant que les autres. Il m'a laissé un tout petit goût d'inachevé. J'ai lu Le fait d'habiter Bagnolet, je me suis régalée. Le spectacle Memory m'intéresse beaucoup et je suis à sa recherche dans les boutiques en ligne.
Répondre
Qui sommes-nous ?

 

Webzine crée en 2010, composé d'une dizaine de rédacteurs qui partagent  la même envie : transmettre notre passion de la culture sous toutes ses formes : critiques cinéma, de littérature adulte et jeunesse, critiques de pièces de théâtre, concert , expositions, musique, interviews et portraits d'artistes, comptes rendus de spectacles,  tests de jeu de société., couverture de festivals de cinéma ou de musique...

Visiteurs
Depuis la création 8 408 791
Slough Motion : FESTIVAL INTERNATIONAL DU COURT-MÉTRAGE

22 au 26 septembre 2026 à Lyon.

LE COURT-MÉTRAGE RETROUVE SON GRAND RENDEZ-VOUS À LYON.Du 22 au 26 septembre 2026, Slough Motion investira les cinémas UGC de Lyon pour cinq jours consacrés au cinéma court, à celles et ceux qui le créent et à celles et ceux qui le découvrent.Des films venus de France et du monde entier.

Des cinéastes, des artistes, des professionnels et de nouveaux regards.

Une ambition : faire découvrir aujourd'hui les voix qui feront le cinéma de demain.

 

DE L'ÉCRIT À L'ÉCRAN MONTELIMAR FILM FESTIVAL 15 ème édition

DU VENDREDI 18 AU JEUDI 24 SEPTEMBRE 2026- Montélimar

Le festival De l'écrit à l'écran revient en septembre 2026 pour sa quinzième édition.
Véritable temps fort de l'action culturelle menée par l'association éponyme, le festival conjugue au présent cinéma et littérature, crée des ponts inter-culturels et interartistiques stimulants et enrichissants.

 

Festival du Film Italien de Villerupt

49e édition - Du 23 octobre au 8 novembre 2026

www.festival-villerupt.com

 

Le festival rendra hommage à l’une des plus grandes icones du cinéma mondial : Monica Vitti, disparue en 2022. Reine de la comédie à l’italienne et égérie de Michelangelo Antonioni, elle est notamment célèbre pour ses rôles dans L’avventura ou Le désert rouge.

Nous contacter

Une adresse mail : philippehugot9@gmail.com 

Newsletter
174 abonnés