Baz'art  : Des films, des livres...
17 septembre 2014

Deux films venus du Maroc et du Vénézuela en DVD

On continue notre revue de sortie de DVD pour la rentrée, dans celles que j'ai pu voir ces derniers jours, et on note notamment la sortie de deux films venus de pays dont la production nationale arrive rarement en France, je veux parler du Maroc et du Vénézuela,

1. C'est eux les chiens

c'est eux les chiensSortie DVD 7 octobre aux Editions Montparnasse

Ce film là je vous en avais parlé lors de sa sortie en salles, et j'avais même eu la chance de questionner le réalisateur Hicham Lasri lors d'une itw exclusive. C’est eux les chiens est passé hélas un peu inaperçu en salles, sa sortie DVD est donc l'occasion de se rattraper  car ce long métrage mérite vraiment d'être vu.

Voilà une oeuvre originale, qui se présente sous la forme d’un faux documentaire, puisque l'intrigue se déroule pendant le ournage d’un reportage pour la télévision marocaine en plein printemps arabe à Casablanca.

Les journalistes, pas vraiment passionnés par le micro trottoir qu'ils sont en train de tourner, tombent par hasard sur un viel homme,  Majhoul, et vont se rendre compte que ce dernier a été emprisonné pendant 30 ans, pendant les émeutes de 1981 dites du Pain, avant d’être libéré en 2011, soit 30 ans plus tard, en plein Printemps arabe. Majhoul devra donc apprendre, aidé par les journalistes de télévision, pas forcément désinteressés et qui pensent plutôt avoir trouver une poule aux oeufs d'or, à prendre sa place dans ce nouveau monde qui lui est totalement inconnu, tout en faisant une recherche sur son passé.

"C'est eux les chiens" part ainsi d'une excellente idée de scénario, originale et maligne, qui  est aussi l'occasion de faire un portrait d'une société marocaine en ébullition, une société arabe moderne tiraillée entre conservatisme bien ancré et une soif évidente de rebellion et de libérté. Le film a l'intelligence de revenir sur un épisode méconnu et oublié un peu de tout le monde, et même visiblement des marocains, à savoir les révoltes du pain de Casablanca de 1981.

Du coup, le coté viscéral, totalement libre, de la mise en scène de Lasri trouve une vraie raison d'être et rend d'autant plus intense la quête de Majloul, sorte d'Ulysse des temps modernes (dixit le dossier de presse) à la recherche de son passé.

A la fois peinture cruelle de la société marocaine, satire du monde des médias et thriller identitaire, "C'est eux les chiens" bénéficie aussi de l'inteprétation exceptionnelle de l’acteur Hassan Badida, totalement habité dans le rôle de ce 404 ( le matricule qu'il avait pendant 30 ans) à la fois totalement hébété, et tentant quand même de s'accrocher à des détails de ce quotidien qu'il redécouvre ou qu'il découvre.

Car cet homme, privé de liberté pendant 30 ans de sa vie, trouve un monde qu'il ne connaissait pas, un monde truffé de téléphones portables aux applications les plus étranges les unes que les autres, de sms, pour s'aperçevoir, en fin de compte que, malgré les apparences, rien n’a vraiment changé entre ces deux révolutions populaires.

Et cette quête et cette prise de conscience un peu malgré lui nous est racontée intégralement à partir de la caméra subjective de l'équipe de télévision, une caméra qui devient un personnage à part entière du film, et qui rend ténue, mais parfairement maitrisée, la frontière entre documentaire et fiction. "

C'est eux les chiens" est de de la veine d' un cinéma engagé, militant, parfois un peu trop confus et exalté dans son message et sa mise en sène, mais éminement sincère et surtout porté par un vrai regard de cinéaste.

Compléments

  • Making-of (15 min) où l'on apprend qu'Hicham Lasri  a opté pour un tournage sauvage avec notamment: plusieurs plans qui semblent avoir été tournés sans autorisation, avec une  équipe très resserrée d’une dizaine de personnes  complète le dispositif que l’on suit avec grand intérêt.
  • « L’Image a libéré les peuples » : entretien avec le réalisateur (7 min) En complément de l'itw qu'il a faite sur baz'art, cet entretien permet au réalisateur d'expliquer aussi ses choix de réalisation, l’intérêt de filmer caméra à l’épaule et de laisser une grande part d’improvisation aux acteurs.
  • Courts-métrages d’Icham Lasri (21 min)

2. Pelo Malo, Cheveux Rebelles

3D_PeloMalo

Celui là j'avais failli le voir plusieurs fois, notamment lors du Festival du film Ibérique de Villeurbanne, mais hélas je l'ai raté et sa sortie en DVD chez Dipahana depuis le 2 décembre m'a permis de le reprendre au vol.

Il faut dire que ce  long métrage de la Vénézuélienne Mariana Rondona été sacré meilleur film au dernier Festival de San Sebastian, ce qui est en général un bon gage de qualité.

On voit très peu en France de film issus du cinéma vénézuelien, et ce long métrage qui  raconte l’histoire d’un gamin de 9 ans qui souhaite plus que tout lisser ses cheveux frisés et de sa jeune mère terrifiée qui voit en cette coquetterie des indices d’une possible homosexualité est une jolie façon de mieux appréhender la jeunesse d'un gamin de banlieue au Venezuela.

Cette immersion dans Caracas,  à travers l'enfance d'un garçon pas comme les autres est parfois touchante et sincère, même si elle souffre de la comparaison avec un film comme Tomboy qui traitait du même sujet. Ici, un trop plein de retenue et un manque de rythme rende ce sensible portrait d'un jeune garçon .qui préfère le chant et passer des heures à se coiffer au break dance et au sport de rue agréable à regarder mais rarement vibrant d'émotions...dommage! 

Bande-annonce : Pelo Malo - Cheveux Rebelles - VOST

CONTENU DE L’EDITION

- Le film (90 min.) en version originale espagnole sous-titrée français

- Son 5.1 et Stéréo

- Entretien avec la réalisatrice (15 min.)

- Making-of (30 min.) autour de quatre thématiques : Les Enfants – El Pelo Malo – Les Acteurs – La Ville

- Installation « Superbloque » de Mariana Rondón

- Bandes annonces

 

 

 

Commentaires
Qui sommes-nous ?

 

Webzine crée en 2010, composé d'une dizaine de rédacteurs qui partagent  la même envie : transmettre notre passion de la culture sous toutes ses formes : critiques cinéma, de littérature adulte et jeunesse, critiques de pièces de théâtre, concert , expositions, musique, interviews et portraits d'artistes, comptes rendus de spectacles,  tests de jeu de société., couverture de festivals de cinéma ou de musique...

Visiteurs
Depuis la création 8 359 954
LE FESTIVAL DU FILM DE LAMA DÉVOILE SA PROGRAMMATION !
 

 

Cette année encore, pour sa 32ème édition, le Festival du Film de Lama vous propose une programmation qui ravira petits comme grands, faisant une belle part aux œuvres présentées au Festival de Cannes avec des films venus du monde entier. Comme l'indique la devise du festival, rendez-vous aux "Chroniques d'un village monde" !
 
Le festival s'ouvrira sur le film de Sarah Arnols L'espèce explosive, présentée à la Quinzaine des Cinéastes cette année et mené par Alexis Manenti, Ella Rumpf et Vincent Dedienne.
 
Pour continuer sur cette lancée cannoise, le festival aura l'honneur de vous présenter La vie d'une femme de Charline Bourgeois-Tacquet mais aussi Notre Salut (Prix du Scénario - Festival de Cannes 2026) d'Emmanuel Marre, Minotaure (Grand Prix de Cannes 2026) de Andreï Zviaguintsev, La Bola Negra (Prix de la mise en scène - Festival de Cannes 2026) de Javier Calo et Javier Ambrossi ou encore Histoires de la nuit de Léa Mysius.
 

Festival du Film Italien de Villerupt

49e édition - Du 23 octobre au 8 novembre 2026

www.festival-villerupt.com

 

 

 

Hommage à Monica Vitti et rétrospective autour de la figure du père, la 49e édition du Festival de Villerupt dévoile ses premiers éléments de programmation et son affiche officielle.

 

En 2026, le Festival de Villerupt a souhaité, dans le cadre de sa rétrospective thématique, mettre en avant la figure paternelle. D’autorité structurante dans l’Italie d’après-guerre, cette dernière dérive progressivement vers une figure fragile, déplacée, voire problématique, révélatrice des mutations sociales, économiques et culturelles du pays. Une évolution qui sera illustrée travers une sélection d’une dizaine de films.

 

Le festival rendra aussi hommage à l’une des plus grandes icones du cinéma mondial : Monica Vitti, disparue en 2022. Reine de la comédie à l’italienne et égérie de Michelangelo Antonioni, elle est notamment célèbre pour ses rôles dans L’avventura ou Le désert rouge.

DE L'ÉCRIT À L'ÉCRAN MONTELIMAR FILM FESTIVAL 15 ème édition

DU VENDREDI 18 AU JEUDI 24 SEPTEMBRE 2026- Montélimar


Le festival De l'écrit à l'écran revient en septembre 2026 pour sa quinzième édition.
Véritable temps fort de l'action culturelle menée par l'association éponyme, le festival conjugue au présent cinéma et littérature, crée des ponts inter-culturels et interartistiques stimulants et enrichissants. Il s'articule autour de 3 axes fondamentaux: ce qui s’écrit, ce qui se dit et ce qui se pense, sur la toile comme au-delà, et les met en lumière. En 2025, le festival a accueilli plus de 147 invités, organisé 140 événements dont 89 séances de cinéma et réuni plus de 33 000 spectateurs.

De l'écrit à l'écran - Cinéma Festival - Montélimar - 2024 | De L'écrit à l'écran

Nous contacter

Une adresse mail : philippehugot9@gmail.com 

Newsletter
170 abonnés