Baz'art  : Des films, des livres...
22 mars 2018

Quais du Polar 2018: Juste après la vague; Sandrine Collette : Le Petit Poucet vs l'arche de Noé

vague

 "Ils avaient fini par glisser, le bord du radeau manquant leur entailler la tête ou le flanc. Louie avait lâché la corde. Crachant l’eau qu’ils avaient avalée, ils s’étaient extirpés, patinant sur la terre glaiseuse de la rive, s’accrochant aux touffes d’herbe. Quand ils avaient réussi à remonter tous les trois sur le monticule, le radeau à moitié noyé s’était éloigné, bancal. En plongeant, Louie aurait pu le rattraper avant que les courants ne l’emportent- il avait fait mille fois pire toutes ces années. Mais il ne sauta pas. Comme son frère et sa sœur, il regarda partir l’embarcation sans un geste et sans un mot."

Invitée très régulière du festival, Sandrine Collette sort un roman chaque début d'année, et il est donc logique  qu'elle soit chaque année invitée de Quais du polar et tout aussi logique qu'on parle  très régulièrement sur ce blog de cette auteure qui compte de plus en plus dans la littérature policière française.

On savait déjà que Sandrine aime beaucoup utiliser les images du conte enfantin pour les contourner et les rendre terrifiante, elle le faisait notamment  déjà dans "Il Reste la poussière," un de ces romans les plus célébrés,  récompensé  entre autres par le  prix Landerneau du polar et  qui pervertissait la matière du conte pour poursuivre les  thématiques habituelles de l'auteur  celles de  l'inhumanité des hommes, juste la survie, l’instinct de protection, et la force des liens familiaux.

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Sandrine Collette assume pleinement ces  influences de contes et légendes, qu’elle mélange souvent à une exploration de l’apocalypse.

Toutes ces obsessions se retrouvent bien évidemment  mêlées dans son dernier roman en date, "Juste après la vague."

Partant d’une intrigue qui entremêle à la fois le petit Poucet, Hansel et Gretel, Sa majesté des mouches,   Robinson Crusoé et l’arche de Noé,  l’auteure nous emmène en plein milieu d’une catastrophe naturelle de grande ampleur, un raz de marée océanique  qui va totalement détruire une famille de 11 membres ( 2 adultes et 9 enfants qu’il faut diviser faute de grives, d’où la référence évidente au Petit Poucet ).

Une fois la première grande vague passée,  alors que le tsunami continuer à frapper inexorablement les parents vont être amené à faire un choix pour le moins sujet à caution : ils vont en abandonner trois  et ce choix sera  avant tout  basé sur des critères physiques de prétendus handicaps  des enfants !

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Conte moral aussi terrifiant que percutant, Juste après la vague sonde  les choix que l’on fait quand on n’a pas le choix, cette décision que l’on doit prendre à l’instinct quand on est dos au mur, qu’on ne pourra savoir si elle est la solution idéale qu’après en avoir subi les conséquences.

Loin de la  famille comme  valeur refuge, la famille décrite par Collette apparait comme disloquée éparpillée, et certains trois enfants doivent prendre leur survie en main  tous seuls loin des parents qui sont alors rongés par la culpabilité.

De  ce roman d’apocalypse où la nature est aussi belle que terriblement hostile, Sandrine Collette tisse un récit de survie haletant. Et épuré, où l’eau détruit tout sur son passage et décrit sa sidération devant la force et la démesure de la nature – peut-être le plus grand tueur du monde.

« -  Parce que je suis trop petit, que Louie a une jambe malade et Perrine un seul œil, c'est pour ça qu'ils nous ont laissés ? Parce qu'ils ne nous aimaient pas ? »

Une intrigue où le lieu et la temporalité sont assez flous, pour toucher à l’universalité et à la réflexion sur la force des relations familiales et notre instinct de survie qui pousse à réaliser des choses à priori insensées. Dans juste après la vague, dans un monde où la fraternité et la solidarité n’existent plus pour faire face à sa survie personnelle,  perdure cependant un ilot d’ 'amour, celui qui fait prendre tous les risques et qui donne tous les courages pour sauver les siens.

Comme d’habitude  Sandrine Colette prouve son immense talent à  tenir parfaitement son intrigue du début à la fin (le dénouement parait sans doute un peu abrupt et laisserait augurer d’une éventuelle suite), et de nous rendre absolument captivant et passionnant cette roman survival  qui nous parait à la fois totalement réaliste et totalement incroyable en même temps.

  

 .JUSTE APRÈS LA VAGUE - Sandrine Collette - Éditions Denoël - collection sueurs froides - 302 pages, sortie le  18  janv 2018

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Sandrine Collette à Quais du Polar 2018

À propos

Sandrine Collette est née en 1970. Elle partage sa vie entre l’université de Nanterre et ses chevaux dans le Morvan. Des Noeuds d’acier, son premier roman, paru chez Denoël en 2013, a rencontré un vif succès critique et public avec plus de 12 000 exemplaires vendus. Il a reçu le Grand Prix de littérature policière. Son dernier roman, Juste après la vague, est publié aux éditions Denoël en janvier 2018.

Autobiographie pour Quais du Polar

Six romans, six invitations aux Quais du polar. Et devinez quoi ? C’est bien plus difficile de renouveler chaque fois cette minuscule biographie que d’écrire un roman. Alors arrêtez de m’inviter ! Arrêtez cette torture ! (hahaha ! vous y avez cru ??)

Polars fétiches

livre Prendre les loups pour des chiens, Hervé Le Corre.

auteur : Ron Rash.

 

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Depuis vingt-six ans, le Festival Cinémas du Sud, organisé par Regard Sud, offre un panorama du cinéma contemporain du Maghreb et du Moyen-Orient, à travers des œuvres rares

(Fictions, documentaires) avec la présence exceptionnelle de leurs cinéastes.

 Cette 26e édition qui se tiendra du 15 au 18 avril 2026, permettra de découvrir aussi des œuvres du patrimoine arabe, comme le film Gare Centrale de Youssef Chahine, et Said Effendi du cinéaste irakien Kameran Hosni (né en Irak et décédé en 2004 à Los Angeles) et le film du cinéaste marocain Ahmed El Maanouni, Alyam, Alyam.

Cet évènement sera aussi l’occasion de découvrir des œuvres inédites, des premiers long-métrages et d’assister à une avant-première. Elle accueillera des invités témoignant de l’importance du Festival Cinémas du Sud à l’Institut Lumière.

https://www.institut-lumiere.org/25e-festival-cinemas-du-sud

 

mauvais gones
 

Les Mauvais Gones 2026 : Lyon au cœur du cinéma criminel du 20 au 24 avril

Du 20 au 24 avril 2026, Lyon accueillera la 8e édition du festival Les Mauvais Gones, un rendez-vous désormais installé dans le paysage culturel lyonnais, dédié au cinéma policier et de gangsters.

Pendant cinq jours, le cinéma UGC Ciné Cité Confluence se transforme en véritable immersion dans l’univers du crime à l’écran, avec une programmation de films cultes, des soirées thématiques et des échanges avec des invités du monde du cinéma.

 https://www.lesmauvaisgones.fr/

 

 

Festival Caravane des Cinémas d’Afrique

La 18e édition du Festival Caravane des Cinémas d’Afrique aura lieu du 21 au 26 avril 2026 au Ciné Mourguet et dans 30 salles partenaires à travers la région Auvergne-Rhône-Alpes.

Créé en 1991, le Festival Caravane des Cinémas d’Afrique avait initialement lieu chaque année avant d’adopter un rythme biennal dès 1992. En 2026, il retrouvera son format annuel, marquant ainsi une nouvelle étape dans son histoire. Ce retour à une périodicité annuelle permettra au festival d’accompagner plus étroitement la vitalité et la diversité du cinéma africain contemporain, en écho à la richesse de sa production et à l’enthousiasme croissant de son public.

Le Festival en quelques chiffres : une trentaine de films présentés, 30 salles partenaires en Région Auvergne-Rhône-Alpes, une vingtaine de nationalités et invités, environ 80 séances, 6 films en compétition pour le Prix du Public, 10 courts métrages pour le Prix du Jury Jeune. 

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