Baz'art  : Des films, des livres...
9 juillet 2021

On a vu Passion Simple, l'adaptation au cinéma du chef d'œuvre d'Annie Ernaux

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Long billet en ce vendredi  de festival de Cannes 2021 sur l'adaptation cinéma du livre Passion Simple d'Annie Ernaux, un film label Cannes... .2020!!!!

Une adaptation réalisée par Danielle Arbid que deux membres de l'équipe de Baz'art ont pu voir en avant-première, à Lyon au Comoedia lors du dernier festival Lumière en octobre dernier  et à Paris, le  lundi 14 juin dernier,  au cinéma Silencio Pop Up 

Le film "Passion Simple" sort en salles le 11 août, et il est évidemment adapté du roman de Annie Ernaux qu'on vient de relire pour l'occasion.

On vous propose un retour critique sur le livre puis sur le travail d'adaptation de sa réalisatrice et son actrice principale : 

Notre avis sur le roman Passion simple   : 

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Elle attend. Elle attend qu'il lui téléphone, elle attend leur prochain rendez-vous. Toutes ses journées, toutes ses heures, toutes ses minutes sont tendues vers cette attente. Elle craint même de passer l'aspirateur car avec le bruit, elle pourrait rater son coup de fil.

⌚Elle n'explique pas vraiment pourquoi lui, pourquoi il la met dans cet état mais le sait-on vraiment ? Cet homme reste un étranger mais elle écrit " J'avais le privilège de vivre depuis le début, constamment, en toute conscience, ce qu'on finit toujours par découvrir dans la stupeur et le désarroi : l'homme qu'on aime est un étranger".

⌚J'avais entendu dire que l' écriture d'Annie Ernaux allait à l'essentiel, était sans fioriture, était une écriture à l'os. Comme j'aime me perdre dans les digressions de Philippe Jaenada, dans les longues phrases de Stefánsson, j'avais peur de ne pas accrocher.

⌚Et puis j'ai ouvert Passion simple et j'ai aimé son honnêteté, son regard sans fard, son extraordinaire justesse. J'ai aussi été frappée par son analyse du temps. 

Un foisonnant et vibrant journal intime et extime, chronique d'un état passionnel qui reste en tête très longtemps après l'avoir terminé ! 

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 L'adaptation  au cinéma / Nos impressions

Une adaptation à la fois fidèle et très personnelle de Danielle Arbid qui souhaitait réaliser un film où l'amour physique prenait toute la place - et en effet, les scènes d'amour sont légion. Soignées, presque chorégraphiées, elles ne laisseront pas les spectateurs indifférents. 
Vous voici prévenus, vous qui avez repris le chemin des salles : vous passerez beaucoup de temps dans cette maison, dans cette chambre où le temps semble suspendu et où le mouvement des corps exulte.
Si vous aimez les histoires d'amours platoniques et "simples", passez votre chemin. Si ce n'est pas le cas, vous pourriez être joliment surpris par les choix de la réalisatrice, inscrits dans cette volonté de faire "un film sexuel", de montrer une femme pleine de désirs, d'espoirs et de désillusions. 
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Hélène (alias Laetitia Dosch) vit une passion qui n'a de simple que le nom. Elle se consume pour Alexandre (le célèbre danseur de ballet Sergueï Polounine), homme marié, mystérieux, qui ne lui accorde que des moments volés, fugaces. Des "entre-deux" qui semblent pleinement la satisfaire. Car, de Lui, elle n'attend rien d'autre. 
Laetitia Dosch est convaincante dans ce rôle de femme éperdue, obsédée par un homme, à qui la passion fait perdre les pédales au point d'en oublier son fils Paul (Lou-Teymour Thion, impeccable dans son interprétation d'ado désespéré et desemparé) et de délaisser son travail. Au point, aussi, de prendre un avion sur un coup de tête pour le croiser, Lui, dans les rues d'un Moscou glacial et inconnu. 
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Sergueï Polounine, que l'on a pu voir dans le film "Noureev" de Ralph Fiennes, est quant à lui tout fait crédible dans la peau de cet homme taiseux, qui ne laisse rien paraître de ses sentiments et dont on doutera jusqu'à la fin de la sincérité.  
Adapter un roman d'une autrice telle qu'Annie Ernaux relève du défi. Transposer un style d'écriture tel que le sien, à travers les dialogues des personnages, ne devait pas être pas chose aisée. Le décalage, par moments, s'en ressent et certains dialogues ne paraissent pas aussi fluides qu'à l'écrit. 
Nous pouvons saluer d'avoir choisi de se confronter au challenge de l'adaptation, et d'avoir réussi à faire de cette passion simple, une histoire universelle. 

Propos de Laetitia Dosch et Danielle Arbid recueillis après la projection du film Passion simple, adapté du roman d'Annie Ernaux

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 avant-première du film  Passion simple suivie d’une rencontre avec la réalisatrice et Laetitia Dosch et Thierry Frémaux au Comoedia

"Annie Ernaux ne voulait pas intervenir dans l’écriture du scénario et cela a été fondamental pour moi d’écrire seule. Annie avait aimé mes précédents films, particulièrement Un homme perdu, qui est un film charnel et accidenté. Grâce à la confiance qu’elle m’accordait, j’ai pu m’affranchir du grand écrivain qu’elle est, parce qu’Annie est une femme libre. Elle ne jouit pas de son pouvoir." 

"Je voulais réaliser un film sexuel. Filmer des corps représente pour moi une manière de magnifier les acteurs. J’ai besoin de les rendre éblouissants. J’ai un souvenir naïf de quand j’allais au cinéma petite fille et que les acteurs s’embrassaient, je les trouvais encore plus beaux !

J’écris les scènes de sexe de la manière la plus précise possible pour que les acteurs sachent à quoi s’attendre sur le plateau. J’explicite les différentes positions, et avant le tournage je leur montre des photos, des extraits de films… "

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"Le corps de l'homme est un objet total de désir et de fascination. Son désir à elle de son corps à lui est aussi important que le contraire... et le personnage d'Hélène semble s'étonner lui-même de cet état de siège qu'il vit, doux et insidieux à la fois. De la dopamine pure. Une drogue... En fin de compte, c'est une femme qui se soumet par amour. C'est ainsi que je perçois l'histoire de Passion Simple : de manière volontaire et non victimaire"

"Il y a probablement dans la passion, une volonté de se soumettre à l’autre, qu’il soit homme ou femme, et d’aller au bout de soi-même. Et le jugement moral n’a rien à faire ici, comme le déclarait Annie Ernaux à la parution du livre, ce qui m’attirait encore plus compte tenu de son féminisme revendiqué. Je me suis pliée à cette injonction en écrivant le scénario.

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 un grand merci au partenaire Ciné+ et au distributeur  Pyramide films 

 

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Depuis vingt-six ans, le Festival Cinémas du Sud, organisé par Regard Sud, offre un panorama du cinéma contemporain du Maghreb et du Moyen-Orient, à travers des œuvres rares

(Fictions, documentaires) avec la présence exceptionnelle de leurs cinéastes.

 Cette 26e édition qui se tiendra du 15 au 18 avril 2026, permettra de découvrir aussi des œuvres du patrimoine arabe, comme le film Gare Centrale de Youssef Chahine, et Said Effendi du cinéaste irakien Kameran Hosni (né en Irak et décédé en 2004 à Los Angeles) et le film du cinéaste marocain Ahmed El Maanouni, Alyam, Alyam.

Cet évènement sera aussi l’occasion de découvrir des œuvres inédites, des premiers long-métrages et d’assister à une avant-première. Elle accueillera des invités témoignant de l’importance du Festival Cinémas du Sud à l’Institut Lumière.

https://www.institut-lumiere.org/25e-festival-cinemas-du-sud

 

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Les Mauvais Gones 2026 : Lyon au cœur du cinéma criminel du 20 au 24 avril

Du 20 au 24 avril 2026, Lyon accueillera la 8e édition du festival Les Mauvais Gones, un rendez-vous désormais installé dans le paysage culturel lyonnais, dédié au cinéma policier et de gangsters.

Pendant cinq jours, le cinéma UGC Ciné Cité Confluence se transforme en véritable immersion dans l’univers du crime à l’écran, avec une programmation de films cultes, des soirées thématiques et des échanges avec des invités du monde du cinéma.

 https://www.lesmauvaisgones.fr/

 

 

Festival Caravane des Cinémas d’Afrique

La 18e édition du Festival Caravane des Cinémas d’Afrique aura lieu du 21 au 26 avril 2026 au Ciné Mourguet et dans 30 salles partenaires à travers la région Auvergne-Rhône-Alpes.

Créé en 1991, le Festival Caravane des Cinémas d’Afrique avait initialement lieu chaque année avant d’adopter un rythme biennal dès 1992. En 2026, il retrouvera son format annuel, marquant ainsi une nouvelle étape dans son histoire. Ce retour à une périodicité annuelle permettra au festival d’accompagner plus étroitement la vitalité et la diversité du cinéma africain contemporain, en écho à la richesse de sa production et à l’enthousiasme croissant de son public.

Le Festival en quelques chiffres : une trentaine de films présentés, 30 salles partenaires en Région Auvergne-Rhône-Alpes, une vingtaine de nationalités et invités, environ 80 séances, 6 films en compétition pour le Prix du Public, 10 courts métrages pour le Prix du Jury Jeune. 

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