Le mois de septemelle-sen-vabre n'est pas forcément le moins le plus agréable à subir : entre le boulot à reprendre sans grand enthousiasme, les  contraintes de rentrée scolaire (devoirs, réunion), les impôts et diverses factures à régler, sans oublier, problème plus personnels, mes tendinites aux pieds (souvenirs de randonée en tongs pendant 15 kilomètres, bravo filou) et mon opération de la cloison nasale, on peut comprendre que j'avais  comme des envie d'évasion en me faisant mes petites cures hebdomadaires de séance cinéma.

 Et si j'ai choisi quelques films m'emmenant parfois un peu loin (l'île de Singapour avec Ilo Ilo, La Wallonnie avec Alabama Monroe), j'ai opté également des films ne quittant pas forcément les rives de l'Hexagone, mais dont le thème et le titre des longs métrages en question témoignaient d'une véritable envie de fuite. La preuve en deux brèves chroniques :

1. Elle s'en va: Quand Catherine Deneuve prend la route!!

 Ce film là, j'en ai entendu énormément de bien depuis février 2013 et sa sélection lors de la dernière Berlinade. Les critiques et les festivaliers ne tarissaient pas d'éloge sur ce road movie à travers la France autour d'une Catherine Deneuve plus immense que jamais. Ces échos ont continué à être tout aussi excellents lors de sa sortie salle le 18 septembre dernier. Or, après avoir vu ce film ( le jour de mon anniversaire, invité par Pathé), je dois dire qu'au bout de la route, c'était quand même la grosse déception qui prédomine.

La "elle" du titre en question, c'est Betty, restauratrice bretonne ( tiens, encore la Bretagne, c'est rare qu'on veuille la quitter pourtant cette région), qui part au départ pour se chercher une cigarette, puis parcourt la région sans se retourner, et s'offre un voyage atypique fait de rencontres parfois improbables, parfois touchantes, et parfois aussi, disons le, car je l'ai ressenti comme cela, agaçantes et un peu vaines.

Evidemment, on ne peut que s'incliner devant  la performance d'actrice de Catherine Deneuve , fabuleuse dans ce rôle  conçu pour elle par Emmanuelle Bercot qui l'adore. Et evidemment ce rôle d'une femme que son amant vient d'abandonner (un choc qui devient le moteur d’un départ impromptu qui la surprend elle-même) et qui elle-même essaie de tout larguer le temps d'une escapade lui permet d'afficher les immenses facettes de son jeu.

Malheureusement, l'énorme talent de la star Deneuve ne suffit pas à masquer les insuffisances de ce scénario qui prône la liberté à tout va,  mais, qui, du coup manque vraiment de structure et d'interet, notamment dans l'écriture des autres personnages, trop peu incarnés pour toucher véritablement.

Le film, surtout dans sa première partie ne fonctionne pas, et donne l'impression d'être une succession de scène un peu bancales, un peu baclés,  un peu inutiles, joués a fortiori par des comédiens pas vraiments convaincants (dont la chanteuse Camille, aussi agaçante dans la comédie que dans la musique ou l'acteur qui incarne le gigolo de la boite de nuit, pas bon du tout), et le style lassant façon caméra à l'épaule lassante d'Emmanuelle Bercot n'arrange rien à l'affaire. Ce qui fait qu'on regarde le film pendant plus d'une heure de façon assez détachée, sans ressentir de vraie émotion.

Heureusement, le film prend du corps et de la chair dans sa dernière partie, avec l'apparition assez géniale du peintre Gérard Garouste dans le rôle d'un maire de village bourru et pourtant très humaine, et les scènes finales apportent un vrai charme et  il se passe enfin une vraie émotion  à l'écran...  hélas, cela est un peu tardif pour emporter l'adhésion...

 Elle s'en va - bande annonce

 

grand-depart2. Grand départ: Quand Eddy Mitchel pète les plombs!!

Ici, l'évasion promise dans le titre de ce film sorti la première semaine de septembre  s'entend au sens métaphorique  du terme. En effet, le grand départ en question est à la fois celui d'un père vers la mort, mais aussi celui de ses enfants vers la vie d'adulte.

 Le point de départ du film du réalisateur Nicolas Mercier, dont c'est le tout premier long métrage, après avoir notamment crée la série Clara Sheller, est autobiographique. En effet, son père a été atteint d'une maladie neuro dégénérative tout comme le personnage  du père, joué par Eddy Mitchell.

Nicolas Mercier etant à la base scénariste, ce Grand Départ vaut plus par l'écriture, souvent drôle et sensible et qui dit de jolies choses parfois sur la maladie, la mort, et la pression que l'on se met parfois tout seul pour plaire à sa famille, que par la mise en scène, assez transparente et passe partout.

Le film n'est pas complètement abouti, loin de là, plusieurs pistes ne sont pas suffisament exploitées, et Eddy Mitchell n'est pas follement convaincant (on comprend finalement qu'il ne joue pas plus au cinéma, et pourtant j'aime bien le bonhomme), dans le rôle du père dont la maladie le fait un peu péter les plomb, mais se dégage toutefois de ce Grand Départ un vrai charme et une vraie qualité France, dans le bon sens du terme.

Cette qualité se ressent surtout dans le duo de frères tenu par Pio Marmaï et Jérémie Elkaïm, deux des meilleurs acteurs français de leur génération, et  dont la complicité ici est évidente tant les acteurs donnent la pleine mesure de leur talent.

Un film qui aurait pu évidemment être encore plus réussi avec un peu plus de méchanceté et d'audace dans la mise en scène, mais qui ne méritait pas forcément une telle indifférence de la part de la critique et du public.

 Bref, deux films qui n'ont pas du tout eu le même retentissement l'un et l'autre, et au bout de ces deux périples, le plus séduisant, à mes yeux n'est pas forcément celui auquel je pensais...