Jean Luc Godard, dans le palmarès du dernier Festival de Cannes- avant que la nouvelle édition ne commence demain- était déjà un des héros du formidable roman de Christophe Donner sorti en septembre dernier, voilà qu'en ce début 2015 ( début largement entamé s'il en est), il est redevenu sur le devant de l'actualité littéraire grâce à deux romancières, dont une qui l'a particulièrement bien connu :

1. Et elles croyaient en Jean Luc Godard; Chantal Pelletier

 jlgodard

Quatrième de couverture :

un an apres

Quatrième de couverture :

La fin des années 60. La société française, immobile jusqu’à lors, tente de sortir de son cocon. Les révolutions nationales éclatent à travers le monde et ses idées se répandent comme une trainée de poudre. En France, ces idéaux représentent un nouvel eldorado pour bon nombre d’intellectuels et artistes. A travers son autobiographie, Anne Wiazemsky nous fait revivre ces moments chargés d’histoire, de son histoire qui se mêle à la Grand histoire.Les manifestations contre la guerre du Vietnam, les comités maoïstes, mai 68 balisent l’itinéraire artistique et personnel d’Anne Wiazemsky dans cette autobiographie alerte, dense et chargée de sens. Jean-luc Godard et elle-même traversent ces événements avec espoir et crainte. Nous revivons toute cette époque où les étudiants livrent une bataille qui laissera des traces dans les consciences ouvrant la voie à une société différente. Nous suivons Anne Wiazemsky et Jean-Luc Godart sur les pavés du Quartier Latin dans les bousculades et leurs fuites éperdues essuyant au passage les gaz lacrymogènes et les charges de CRS. En marge de cette société qui se révolte et se transforme, Anne Wiazemsky nous laisse également entrevoir son parcours artistique dont l’époque nous rappelle sa fécondité. Un livre chargé d’émotions à découvrir d’urgence !

La citation :

« Notre séparation définitive prit plus d'un an, presque deux. Cela fut extrêmement douloureux pour lui comme pour moi, même si l'initiative semble me revenir. La fin malheureuse de notre histoire devint banale et privée, je cessai d'être un témoin privilégié de l'époque. Je ne l'écrirai pas".

Ce que j'en pense :

On avait beaucoup parlé d'Anne Wiazemsky au moment de la sortie de son livre Une année studieuse dans lequel elle racontait, comment alors jeune actrice, petite fille de François Mauriac,  elle avait rencontré puis tourné avec Godard qui allait devenir son futur époux.

Un an après commence là ou une année studieuse se termine. , Anne Wiazem­ski, 20, et quelques rôles prestigieux déjà derrière elle, chez Bresson (Au hasard Balthazar) ou chez son mari (La Chinoise). Cet second- et dernier, au vu de la citation que j'ai mis en exergue et qui clot le livre, raconte Mai 68 et la moitié de 1969 alors que le couple vient  d'emménager dans un appartement du Quartier Latin

Voici donc de la même époque que dans le roman de Chantal Pelletier, mais ce coup ci du coté des nantis et des célébrités. Nous partageons la vie trépidante et les rencontres incroyables qu'Anne peut faire, avec Deleuze, Brel, les Beatles Truffaut, ou encore le trs à la mode Cohn Bendit, aussi grand ami d'Anne W...

L'auteur nous décrit un Godard fidèle à l'image qu'on peut se faire de lui : extremement cérébral et torturé, colérique, exigeant, possessif et aussi profondément amoureux, malgré les différences de points de vues et d'âge entre les deux membres du couple.

Malgré un intérêt certain pour le sujet et cette époque, et une vraie admiration devant la précision et la justesse des souvenirs de l'auteur presque 50 ans après  on peut être un peu agacé par le coté un peu trop tourné sur elle même de l'auteur, ses préoccupations de jeune bourgeoise privilégiée et la frivolité de certains des passages. Interessant mais aussi un peu vain, ce livre est à réserver aux fans de Godard et de ce cinéma de l'époque...