On passe en revue deux longs métrages qui sont sont sortis  tous deux chez Wild side: deux films qui laissaient augurer pas mal d'espoir sur le papier, en raison du sujet et du talent de leurs réalisateurs mais malheureusement qui ne remplissent pas vraiment leurs promesses  :

 1. KO de Fabrice GOBERT : amibitieux mais inabouti - sortie le 25 octobre

 

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Antoine Leconte est un homme de pouvoir arrogant et dominateur, tant dans son milieu professionnel que dans sa vie privée. Au terme d’une journée particulière oppressante, il est plongé dans le coma. À son réveil, plus rien n’est comme avant : Rêve ou réalité ? Complot ? Cauchemar ? En quête de réponses, Antoine va s'enfoncer peu à peu dans la violence.

Créateur de la série événement Les Revenants, Fabrice Gobert était  de retour avec un thriller paranoïaque  qui lorgne sur le fantastique.

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Doté d'un  joli casting  très intriguant, composé de  Laurent Lafitte,  Pio Marmaï et  de Chiara Mastroianni , ce film dans lequel les les apparences sont souvent trompeuses est plus réussi sur le papier que sur l'écran .
Le postulat de départ, sorte de chaos mental en puzzle, proche du cinéma de Lynch est très alléchant, mais le résultat s'avère être inégal et assez déconcertant.
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Fabrice Gobert, qui avait su trouver le ton juste  dans un registre complexe du fantastique,  non seulement pour "Les revenants "  mais aussi son premier long "Simon Werner a disparu", échoue ici hélas  à filmer une étrangeté plus énoncée que visible à l'écran, la faute à de nombreuses  facilités scénaristiques

La critique du monde de la télévision s'annonce plutot prometteuse dans sa première partie, mais le film ne suit pas ses promesses de départ, et le retournement de situation à mi parcours alourdit  le film  et l'étire en longueur, avec des dialogues trop explicatifs et des situations finalement trop démonstratives.

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Niveau interprétation, là encore, la déception prédomine: Laurent Laffite, qui a souvent été bien meilleur ailleurs, souffre d'un rôle qui manque de nuances et les autres acteurs, de Pio Marmai à Chiara  Mastrionnai n'ont pas grand chose à défendre.

A voir vu la pauvreté du cinéma français dans le genre fantastique, même si le film est loin d'être pleinement convaincant. 

 

 

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 2. RODIN de Benoit Jacquot:  Beau mais austère ( sortie le 11 octobre )

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Il parait que Rodin est un long métrage qui est  survenu presque  par accident dans la filmographie de Jacques Doillon.

En effet , ce dernier, à 70 ans passés, pensait à l'origine réaliser un documentaire de commande sur Auguste Rodin, mais assez rapidement il  a capté la matière cinématographique  de son sujet.

Hélas, pas certain qu'il a eu le nez creux sur ce plan là car le potentiel cinématographique du film ne saute pas aux yeux durant les deux heures de fils.

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Le Rodin de Doillon pourra en laisser pas mal sur le bas côté, sans doute par la faute d'un véritable manque de colonne vertébrale scénaristique, Doillon parvient certes à capter quelques belles scénes à la volée, mais hélas sans vraiment réussir à les relier les unes aux autres.

Avec ce long métrage qu'un journaliste italien aurait qualifié à Cannes de "cinéma de vieux", Doillon se positionne bien loin de la passion hystérique de ses débuts- ses films avec Béatrice Dalle ou Isabelle Hupert dont je n'étais pas forcément client non plus, mais qui au moins ne manquait pas de vie.

 Jacques Doillon est désormais un réalisateur qui aime filmer des plans lents et contemplatifs, mais également et hélas filme ses personnages sans passion, et  malgré une mise en scène épurée et sans fioritures son Rodin possède un petit côté téléfilm de France 3 qui n'évite pas le didactisme et la lourdeur, et qui à force d'insister sur le coté  documentaire, entrave le potentiel romanesque de son récit.

 

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Le long métrage commence par un  long et formidable plan séquence d’ouverture  où l' on voit Rodin et Claudel au travail, une dizaine de minutes fluide pour découvrir l’atelier d’un sculpteur de génie., mais hélas le film ni'ira pas plus loin et ne porte pas en lui de véritable  réflexion sur l’art , comme on aurait pu l'escompter.

Le reste du film est malheureusement une succession de  scènes à faire :  Rodin qui sculpte, Rodin qui doute, qui grommèle, qui peste contre le monde entier, Rodin qui joue, qui humilie, Rodin qui baise...j'en passe et d'autres...

Vincent Lindon est entré dans ce projet comme une évidence,  en colosse  plein de colères et de doutes,  matière bien vivante d'un film qui en manque un peu. Alors certes, Lindon est parfait mais lui aussi  il n'échappe pas tout à fait à l'image de l'acteur qu'on voit jouer..

A force de voir Rodin au travail , on a l'impression aussi de voir Lindon au travail, et ce procédé empêche totalement d'adhérer à sa performance, qui est sans doute sa moins passionnante de ces derniers rôles au cinéma, lui qui a pris une toute autre ampleur depuis son prix d'inteprétation cannois d'il y a deux ans( on peut même se demander si ce n'est pas la présence de Lindon qui a imposé la sélection du film en compétition).

 

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Par contre dans le rôle d'une Camille Claudel, hélas un peu trop réduite au rang de simple amoureuse, Izia  Higelin est lumineuse et juste, sa Camille Claudel fait oublier sans problème le jeu un peu hystérique d’Adjani dans le film éponyme.. Petite parenthèse : Eponyme n’est pas le titre du film, évidemment pour les jeunes lecteurs qui ne l'ont pas vus ou les plus anciens,  qui ont oublié le film de Bruno  Nuytten ce Camille Claudel, qui a  quand même un peu mal viielli...

Bref, la  reconstitution  est belle mais vraiment austère il faut bien le dire, et  si le film nous donne envie de courir visiter le musée Rodin on s’ennuie un peu avec Doillon....

 

 

 

COMPLÉMENT : Sculpter Rodin (31'),

entretien croisé inédit entre Jacques Doillon et Véronique Pattiussi,

responsable du fond historique du musée Rodin


 Sous-titrage pour Sourds & Malentendants
et l’Audiodescription pour Aveugles & Malvoyants.