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  "Lorsqu'ils se quittent, Kouplan a l'impression que  Pernilla le sert un peu plus longtemps dans ses cicatrices.Elle sent le savon parfumé,sa peau est tiède, sa joue douce,. Ses cicatrices blanches réchauffent la nuque de Kouplan."- in Chacun sa vérité - Sara Lövestam.

On sait à quel point, dans la profusion de polars et d'enquêtes qui sont régulièrement publiés, il est difficile de trouver une intrigue et des personnages un tant soit peu originaux, surtout lorsqu'il est question de disparition et d'enquêtes, un sujet et des thématiques ô combien éculés.

Ce pari casse gueule, la romancière suédoise Sara Lövestam, que j'ai eu la grande chose d'aller interviewer la semaine passée lors de sa venue sur Paris, le réussit haut la main avec  deux romans que j'ai eu la chance de lire coup sur coup.

En effet, "Chacun sa vérité"- qui vient de sortir en poche chez Pocket,  et  "Ca ne coute rien de demander," ( publié depuis quelques jours chez Robert Laffont dans leur collection La Bête noire) constituent  les deux premiers volets d'une tétralogie qu'elle a créée autour d'un  personnage particulièrement singulier, Kouplan, immigré clandestin vivant à Stockholm et  jadis journaliste d'investigation en Iran, son pays natal, qui se décide à devenir détective privé, tout en étant constamment aux aguets de la police, prêt à le reconduire à la frontière illico presto.

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Si ce défi est aussi réussi que possible,  à la lecture des deux premiers volets, c'est que l'auteur sait de quoi elle parle : elle qui enseigne  depuis plusieurs années le  suédois à des réfugiés notamment iraniens, sait distiller son intrigue de détails réalistes qui rend particulièrement crédible les situations vécues par Kouplan.

Un Kouplan autant, voire plus omnubilé par le fait de savoir ce qu'il va manger au cours de ses repas journaliers que de retrouver les personnes disparues pour lequel il a été sollicité, souvent par des personnes tout autant perdus ou à la marge que lui.

En effet, Sara Lövestam, qui s'essaie pour la première fois au polar avec cette  tétralogie Kouplan, a toujours aimé s'interesser aux laissés pour compte et aux marginaux  de la société suédoise, et si "Chacun sa vérité ", auréolé du Prix de l'Académie suédoise des auteurs de polars 2015 ainsi que "Ca ne coute rien de demander  "possèdent  une dimension policière que ne possédait pas ses trois premiers romans, ils sont également à la croisée des chemins entre roman noir et chronique sociale, et sont du coup dans le prolongement évident de ses oeuvres précédentes.

Vraie sensation littéraire en Suède, comme on le verra dans l'interview que j'ai pu faire avec elle,  Sara Lövestam  apporte un vent de fraicheur et une touche singulière à un genre qui en manque parfois cruellement et  cette nouvelle voix de la scène policière scandinave donne forcément envie d'aller surveiller de près ses oeuvres à venir, à commencer par les deux autres oeuvres de la saga Kouplan qui devraient suivre début 2019 et début 2020.

Et une nouvelle voix que je ne manquerais pas de vous faire entendre lors du compte rendu de cet entretien qui devrait arriver prochainement sur ce blog...

 

ca ne coute

Chacun sa vérité- Lövestam, Sara - Editions Pocket

Ça ne coûte rien de demander-  Lövestam, Sara

Robert Laffont

La Bête noire