GRINGE -  Le binôme d'OrelSan :  rappeur ultra sincère

 

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Pour qui a vraiment découvert les Casseurs Flowters avec l'épatant et venu un peu de nulle part long métrage "Comment c'est loin?" ,  et qui a ensuite approfondi sa culture d'Oreslan grâce à un fils de 12 ans absolument fan du rappeur caennais, Gringe apparaissait un peu jusqu'à présent l'éternel faire valoir du dit Orelsan.

Un faire valoir , qui  contrairement à son comparse caennais, semblait un peu " bloqué" ( c'est le cas de le dire) à son personnage d’éternel branleur , adepte de la  flemme et de la procrastination , et qui n'arrivait pas à finir les actions qu'il avait commencé ( le fameux."Inachevé" du film cité plus haut) .

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Heureusement, notamment grâce à ces films où Gringe a tenu des seconds rôles plus ou moins remarqués et remarquables (dans "Les chatouilles", "carbone", "Damien veut changer le monde"  ou bien encore "L'heure de la sortie") on se disait qu'être  séparé de son éternel comparse, qui a connu un, succès tout à fait mérité, était  une tentative d'autonomie qui lui allait bien.

Une tentative consacrée par son  premier album solo "Enfant Lune" en novembre dernier qui a totalement achevé de le consacrer comme artiste à part entière et nous a fait regretter de ne pas avoir cru plus tôt en son potentiel, lui qui n'est pas loin d'avoir la quarantaine .

Comme il le dit lui même, Gringe livre avec cet "Enfant Lune"  un  album ô combien sincère,  qui prouve à quel point  Gringe est allé loin dans la noirceur et l'introspection.

Il ya quelque chose de profondément analytique dans l'écriture de cet album, avec plusieurs textes où l'artiste ose se montrer vulnérable loin des clichés du rappeur qui en fait des tonnes dans le côté bad guy  et pseudo viril ...

Pas de bagarre ridicule à Orly ( sans viser personne évidemment)  pour Gringe, mais un album qui parle d'échecs amoureux,  son ancienne addiction aux drogues dures et au sexe tarifé ( déjà présent dans Comment c'est loin), de la maladie de son frère. ( le très puissant "Scanner," un des meilleurs morceaux de l'album);  ainsi que plus largement l'absence de père et de repères.

Gringe occupe enfin le  devant de la scène, mais donne le sentiment de le faire non pas pour briller et briller sous la lumière des projecteurs, mais seulement pour tout  dévoiler et se mettre à nu  avec cet album où la volonté d' introspection est particulièrement prégnante et à saluer.

Même si les invités prestigieux sont évidemment présents- comme Vald, OrelSan, Nemir- Gringe ne se cache aucunement derrière les featuring et ose vraiment y aller de manière frontale et directe.

 Gringe

" J'comprends pourquoi cette envie d'tout brûler/ On a poussé au cœur du magma /Tous les moyens étaient bons pour gruger et maman qui jouait le rôle de papa /Montre aucun signe de faiblesse, sois précoce"

Excepté de rares morceaux comme " Konnichiwa” ou “Qui dit mieux”, qui montre que Gringe n'a rien perdu de son flow et une puissance de feu qu'il avait tant  démontré avec Oreslan , et sait  parfaitement trousser quelques punchlines implacables, le reste de l'album amène l'auditeur vers un voyage aussi mélancolique que sombre qu'il n'est pas prêt d'oublier, avec à la clé quelques bijoux tels que "Paradis Noir "ou "Pièces détachées " .

Un des grands disques de rap et disque tout court de ces dernières années...

 

A noter que Gringe est en tournée dans toute la France et sera notamment à Lyon au radiant de Caluire le lundi 25 mars prochain.. on en reparle vite  !