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 «Elle s’enfonce sous la peau, sous les ongles, elle brûle à bas bruit dans des recoins de la chair, elle infecte la mémoire.»

Le nouveau roman de Sylvie Germain s’ouvre sur une fête costumée racontée de faàon assez loufoque . Chacun des convives s’est déguisé pour représenter une station de métro. La fête bat son plein, jusqu’au drame. Une chute malencontreuse, une mort immédiate.

Et voilà que quelques mois plus tard, un deuxième convive perd la vie dans les mêmes circonstances.

Au fur et à mesure du récit, le ton change. L'ambiance devient pesante et oppressante. L'attention se focalise sur l'un des personnages qui accapare le lecteur par son désarroi et son désespoir.

Le reste nous entraîne à la suite d’un personnage à l’espoir torturé, perdu entre folie et bribes de raison. Victime de ses ombres, rongé par elles.

Comment passe t'on d'une soirée costumée, un peu fantasque et excentrique, où l'on s'amuse, rit, danse... à un univers peuplé d'ombres, de drames et une atmosphère pesante et douloureuse?
C'est ce grand écart dans la narration et les émotions qu'a choisi Sylvie Germain pour nous raconter une histoire peu banale. de son écriture comme souvent magnétique 

La puissance des ombres est un  roman psychologique noir,  qui nous plonge dans les méandres de l'esprit d'une personne tenaillée par son passé et son présent.

 "La puissance des ombres" commence comme une comédie enjouée et devient peu à peu un polar métaphysique.

Dans ce livre, rythmé comme une partition, Sylvie Germain nous fait peu à peu pénétrer dans le cœur des ténèbres de l’homme.

 La puissance des ombres de Sylvie Germain, Albin Michel, 220 p., 19,90 €.