Baz'art  : Des films, des livres...
21 février 2025

Critique Ciné : Le dernier souffle- Costa Gavras manque d'air


« Je soulage ta douleur et je serai là quand tu en auras besoin ».

Réalisateur engagé et prolifique depuis les années 1960, Costa-Gavras continue, à 90 ans passés,   de creuser son sillon avec des films en phase avec les faits sociaux.

Son dernier long métrage en date, sorti la semaine passée et présenté en avant première mondiale lors du dernier festival Lumière,  est adapté de l’ouvrage éponyme du philosophe Régis Debray et d’Olivier Grange, chef de service d’une unité de soins palliatifs.

Un compte-rendu d’expérience de ce médecin qui a côtoyé la mort pendant près de vingt-cinq ans, le récit est narré et nourri par les réflexions de Régis Debray. Difficile de le mettre en scène?

En effet, et son résultat sur grand écran ne nous aura pas complètement convaincu :

 

Fabrice Toussaint (Denis Podalydès), philosophe soixantenaire angoissé à l’idée de sa propre mort, et le Dr Augustin Masset (Kad Merad), chef du service des soins palliatifs se rencontrent et échangent sur la vie, la mort et tout le toutim. 

Le médecin, accompagne des personnes en fin de vie, il distingue douleur physique et souffrance psychique.

Une succession de saynètes inégales se superposent les unes aux autres. Costa-Gavras se contente de la même trame du livre qu'il adapte, en y ajoutant une touche personnelle pour un des deux personnages principaux. 

La caméra nous promène d’une chambre à l’autre, d’un cas particulier à un autre, d’un choix de fin de vie à un autre…

Le scénario tente de brasser large et s’appuie évidemment sur des cas extrêmes tant par les pathologies que par les caractères des malades. 

Çette accumulation de séquences diverses sent le fabriqué à plein nez et ça manque de fluidité. 

Et ce ne sont pas les débats idéologiques entre le médecin et le philosophe qui allègent le propos. On sent que le cinéaste a écrit et réalisé ce film pour se débarrasser de ses fantasmes et de ses terreurs à l’approche de la grande vieillesse. 

Le sujet est poignant, mais  l’ensemble, trop didactique, manque cruellement d’âme et d’émotion, malgré le beau message d’espoir final.

Le scénario fait apparaître une succession d’histoires, mais l’issue reste la même pour tous. Puisqu’en soin palliatif, on apprend vite que le décès final est le dénouement nécessaire de chaque récit. 

Si le dispositif a l’intérêt de faire progresser l’intrigue par l’évolution du regard et de l’aisance du philosophe face à la mort, il devient forcément un peu répétitif au bout de plus d'une heure quarante de films.
 

 

Denis Podalydès, Kad Merad- pas forcément très juste au demeurant-  et la toujours subtile Marilyne Canto font ce qu’ils peuvent pour apporter l’humanité qui manque au film. On apprécie aussi la performance en fin de parcours d' Angela Molina qui interprète une matriarche émouvante, qui désire une fin festive

Toutefois , l’absence quasi totale de trame et d’intrigue finit par mettre à bas toutes les bonnes intentions de Costa-Gavras.

Une déception...

 

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