Entretien avec Amor Hakkar, réalisateur et producteur du film Le premier rôle
En salles le 8 juillet dans un circuit restreint de salles, Le premier rôle " un film très attachant.
Retrouvez notre critique du film
C’est à Besançon que Amor Hakkar est installé. C’est là qu’il a passé sa jeunesse, c’est là qu’il crée la société de production et de distribution de films Sarah Films qui a produit et qui distribue Le premier rôle, film que Amor Hakkar a réalisé, qu’il a monté et dans lequel il interprète le rôle principal..
Un parcours atypique, en marge des grands studios, et qui valait bien qu'on lui pose quelques questions :
/image%2F1371318%2F20260705%2Fob_ff038c_24-1-c2.jpg)
Pouvez nous, Amor, nous raconter la genèse de votre film ..
Avec Le premier Rôle, j’ai voulu filmer l’histoire d’un enfant confronté aux limites de son propre corps, et d’un vieil homme face aux limites du monde qui l’entoure. Mehdi et son grand-père Klifa sont animés par le même amour, mais pas par la même vérité.
L’un cache un projet, l’autre cache sa peur. Entre eux se tient un secret qui n’est pas destiné à tromper, mais à protéger. Ce film est né de cet espace fragile où tendresse et manipulation, espoir et illusion, coexistent.
---------------------
Vous voulez dire quoi par là?
Le cinéma a toujours été, pour moi, un lieu de survie. Un lieu où l’invisible peut s’exprimer, où ceux que l’on réduit au silence peuvent enfin parler, où la vie peut se réinventer quand la réalité semble fermée. Dans cette histoire, le cinéma n’est pas seulement un décor — il devient une possibilité, un passage, presque un dernier souffle.
Je viens de la région des Aurès, en Algérie, une terre marquée par la beauté, la mémoire et l’abandon. J’y retourne régulièrement pour faire des films, parce que ces paysages portent des récits qui ne peuvent se dire nulle part ailleurs.
Le premier rôle prolonge ce voyage intime entre l’Algérie et la France, entre l’enfance et la vieillesse, entre ce que nous sommes et ce que nous espérons devenir.
En plaçant un tournage de film au cœur du récit, j’ai voulu brouiller les frontières entre fiction et vie, entre rôle et identité, entre jeu et vérité. Mehdi rêve de jouer pour laisser une trace.
Son grand-père le pousse vers le cinéma pour le sauver. Entre ces deux désirs, un lien est mis à l’épreuve, et l’amour révèle toute sa complexité.
/image%2F1371318%2F20260705%2Fob_dbd794_role-2.jpg)
Comment avez-vous choisi les acteurs ?
La plupart des rôles sont tenus par des acteurs avec lesquels j’ai déjà tourné :Nicolas Dufour, Tounès Aït-Ali, Hichem Berdouk. Et j’ai de nouveau endossé la double casquette de réalisateur et de comédien !
Mais la gageure pour ce film était de trouver un enfant qui serait capable d’incarner le personnage fort de Mehdi. Des castings ont été organisés dans la ville du tournage en Algérie (Khenchela), et le miracle est intervenu : la découverte du jeune Zakaria SOUAKRIA qui illumine le film.
/image%2F1371318%2F20260705%2Fob_90a07b_role-1.png)
Si vous aviez un conseil à donner à ceux qui veulent faire du cinéma envers et contre tout?
Le cinéma est difficile, mais pas impossible d’accès. Il ne faut pas croire que ceux qui réussissent ont uniquement de la chance et du talent. C’est toujours beaucoup de travail.
Il faut toujours avoir envie de progresser et profiter de toutes les opportunités de s’améliorer : aller au théâtre, faire des stages, s’initier à la technique, comprendre comment les choses fonctionnent.
Si l’on est acteur, il n’est pas utile de se dire «je n’ai pas de chance» ou «je suis un acteur maudit».
Au lieu d’attendre, il faut continuellement se préparer, acquérir de nouvelles qualités, apprendre à chanter, à danser, à jouer de la comédie comme du drame. Rien ne vient d’un claquement de doigts. Il faut sans cesse se remettre en cause. Le talent, c’est 99 % de travail.
-------------------------------
Vous êtes également le producteur de ce film qui sort en dehors du circuit traditionnel...
Oui en effet, comme ce fut le cas pour mes films précédents. Je produis avec des budgets très restreints – par nécessité et non par choix – et heureusement que la région Bourgogne Franche-Comté en partenariat avec le CNC a soutenu ce film, ainsi que des partenaires internationaux, comme le Red Sea Film Foundation et le ministère de la Culture d’Algérie. Le film va sortir dans un petit nombre de copies et pas forcément accompagnés de la campagne de promotion classique pour un film qui sort en salles, ce n'est pas grave tant qu'on peut le voir en salles, cela me va très bien !
Le premier rôle
France : 2026
Titre original : –
Réalisation : Amor Hakkar
Scénario : Amor Hakkar
Interprètes : Zakaria Souakria, Amor Hakkar, Tounès Aït-Ali
Distribution : Sarah Films
Durée : 1h26
Genre : Drame
Date de sortie : 8 juillet 2026
/image%2F1371318%2F20260204%2Fob_515b1d_1000063170.jpg)
/image%2F1371318%2F20260620%2Fob_7df634_1778198369800blob.jpg)
/image%2F1371318%2F20260624%2Fob_3687e4_2026-ffi-affiche-a4-portrait-210x297-b.jpg)
/image%2F1371318%2F20260501%2Fob_a9e582_681624409-18054680474723835-6998064161.jpeg)
/image%2F1371318%2F20260501%2Fob_fcb71d_logo-besancon.png)