Un mardi à Monoprix au Théâtre Essaïon - Quand le regard devient une blessure silencieuse
/image%2F1371318%2F20260228%2Fob_1b5f98_le-mardi-a-monop-aff-site.jpg)
Un seul-en-scène bouleversant qui transforme le regard du spectateur en véritable miroir.
Au Théâtre Essaïon, Un mardi à Monoprix, adapté du texte d’Emmanuel Darley et interprété par Thierry de Pina, propose un seul-en-scène d’une intensité rare, où l’intime devient immédiatement universel.
Chaque mardi, une fille rend visite à son père pour s’occuper du quotidien : ménage, lessive, repas préparés pour la semaine. Des gestes simples, presque ordinaires. Pourtant, derrière cette routine se joue une distance irréparable. Le père marche toujours quelques pas devant, évite le regard, continue d’appeler son enfant Jean-Pierre alors qu’elle est devenue Marie-Pierre depuis longtemps.
La scène installe une proximité troublante avec le public. Le texte agit à vif, sans détour, et fait naître une émotion presque inconfortable. Plus qu’un récit sur la transidentité, le spectacle interroge profondément le poids du regard des autres et la violence silencieuse du refus d’acceptation.
/image%2F1371318%2F20260301%2Fob_84c17e_le-mardi-a-monoprix-theatre-essaion-ph.jpg)
Thierry de Pina habite littéralement cette parole fragile. Son interprétation évite toute démonstration pour privilégier la sincérité brute. Une proposition exigeante, parfois douloureuse, qui place le spectateur face à ses propres mécanismes de jugement.
Car le spectacle opère un renversement subtil : tandis que le personnage évoque les regards qui blessent ou effacent, le public lui-même observe, scrute, analyse. La mise en scène crée ainsi une mise en abyme troublante où chacun devient, malgré lui, partie prenante du regard qu’il questionne.
À travers cette relation père-enfant empêchée, Un mardi à Monoprix dépasse largement les questions d’identité pour toucher à l’estime de soi, à l’héritage familial et à notre capacité — ou non — à reconnaître l’autre tel qu’il devient.
Un spectacle poignant qui rappelle combien l’acceptation reste parfois le combat le plus intime.
/image%2F1371318%2F20260301%2Fob_0ddaa2_le-mardi-a-monoprix-theatre-essaion-ph.jpg)
Rédacteur : Maxime Dorian
Théâtre Essaïon
Auteur Emmanuel Darley
Mise en scène Thierry de Pina
Avec Thierry de Pina
Un mardi à Monoprix au Théâtre Essaïon - Quand le regard devient une blessure silencieuse
/image%2F1371318%2F20260204%2Fob_515b1d_1000063170.jpg)
/image%2F1371318%2F20260222%2Fob_4792a1_affiche-a3-ecrans-mixtes-2026-new.jpg)
/image%2F1371318%2F20251204%2Fob_3c566e_template-cdm-2026-insta-carre-prog-108.jpg)
/image%2F1371318%2F20251226%2Fob_211419_fcem2026-a3-v1-1.jpg)