La bande originale de nos vies : Une chanson douce et joyeuse qui rythma une vie – Théâtre de la Concorde (Paris)
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Derrière le rideau rouge pailleté, l’ombre de Nacima (Bekhtaoui) apparaît. Des quelques notes qui s’échappent de sa bouche, elle fait renaître les instants avec sa mère auprès de Fairouz et Oum Khalthoum que crachait le transistor. Les prières en arabe apprises lors de mariage nous enrobent comme elles enrobent son enfance. Adolescente, le hip-hop et le rap viendront sortir ce quelque chose en elle, cette rage au son de NTM et de Diams avec cet amour soudain pour les Rita Mitsouko.
Eugénie Ravon et Kévin Keiss s’associent de nouveau pour une nouvelle collaboration, après La mécanique des émotions, pour se pencher nos mémoires sonores. Quelles chansons ont marqué, traversé nos vies des premiers pas aux derniers moments de l’existence ? Au pied de ces musiques qui façonnent des moments et réapparaissent, il se joue tout un paysage intérieur qui agit bien après que les œuvres se sont tues ou que les écrans se sont éteints. Par paysage intérieur, cette mémoire sonore peut réunir diverses trajectoires de vie. C’est le choix qui est fait ici par les deux dramaturges : faire se rencontrer cinq comédiennes, cinq générations qui peuvent trouver un langage commun.
Si la musique est synonyme d’affirmation pour Nacima, elle est une béquille ou plutôt une révélation pour Colombine (Jaquemont) qui a l’aide de son piano, fortifie le lien avec les femmes de sa vie, à savoir, sa mère et sa grand-mère disparue. Seuls les mots accompagnés de notes sortent pour traverser le deuil de celle qui lui a fait découvrir César Franck. La musique est aussi douleur, pour Nathalie (Bigorre). Elle qui rêvait d’être chanteuse lyrique. Une rencontre a fait éteindre l’étincelle. Quant à Eugénie (Ravon), la rencontre avec les divas et grandes voix comme Barbara lui fit développer sa théatralité. Y compris dans les plus grandes colères qui se vivent à 100 à l’heure au son de Misirlou (qu’on peut connaître par Pulp Fiction). Sans oublier Nanténé (Traoré) pour qui l’écoute de Nina Simone se transmet à ses petites filles par l’imitation. Si la reconstitution de « studios de l’imaginaire » (qui ont tendance à perdre en couleur au fil du spectacle) fait renaître les contradictions amoureuses de Colombine qui se confond avec celles de Catherine Deneuve dans Les Parapluies de Cherbourg, certains sons donnent envie à Eugénie donnent envie de soulever le monde (ou de le changer) comme la musique originale de Viva Zapata. Chanson qu’elle rejettera par suite… Nanténé se souviendra toujours des airs entonnés par sa grand-mère, sardinière qui appela à la grève…
Espace de guérison, lieu de résistance intime ou boîte à nostalgie, La Bande originale de nos vies nous emmène avec un foutraque assumé dans un instant choral de joie qui lie les comédiennes et le public.
Crédits photos : Axelle de Russé
Écrit par Kevin Keiss
Mise en scène par Eugénie Ravon et Kevin Keiss
Avec Nacima Bekhtaoui, Nathalie Bigorre, Colombine Jacquemont, Eugénie Ravon, Nanténé Traoré
1H50
La pièce se joue du 1er au 25 avril 2026 au Théâtre de la Concorde (Paris 1er)
Spectacle créé en janvier 2026 au Théâtre Dijon Bourgogne
Tournée :
- 12 mai 2026 au Beffroi (Montrouge)
Jade SAUVANET
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