LA FEMME DE : notre critique du film de David ROUX
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Marianne a épousé Antoine, l'aîné des Casella, famille bien née de province. Elle vit entre un mari méprisant, un beau-père vieillissant exigeant et deux enfants, loin de se sentir comblée.
Marianne se sent enfermée dans cette vaste demeure bourgeoise, près d’Angers, claquemurée dans sa vie d’épouse dévouée. Le jour de la communion de son fils, tout se détraque dès le matin et Marianne frôle l'évanouissement à l'église.
Alors, quand resurgit l’ombre de son passé, une brèche s’ouvre. Une autre vie serait-elle possible ? Et à quel prix ? Le passé n'est jamais vraiment mort, cela tout le monde le sait...
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Second film de David Roux après le déjà singulier mais pourtant passé inaperçu L'ordre des médecins, "La Femme De" est un drame psychologique qui vire au véritable thriller domestique ancré dans une famille bourgeoise.
On pourrait penser à du Claude Chabrol, comme à chaque fois qu'il s'agit de dénoncer la grande bourgeoisie provinciale, mais la charge s'avère ici moins féroce, moins ironique, plus grave encore.
David Roux préfère opter pour un traitement plus sur le fil du rasoir, moins frontal pour dénoncer, finalement avec la même acuité que le réalisateur de la Cérémonie une violence morale assumée.
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Le scénario coécrit par David Roux et Gaëlle Macé ne tombe jamais dans les pièges des clichés, que ce soit ceux de la bourgeoisie, ou ceux de la femme qui s’émancipe.
Tout se cisèle ici avec délicatesse, petit à petit.
Car la violence que subit Marianne est insidieuse. Cette dernière n’est pas forcément un personnages des plus sympathiques de prime abord, ce qui la rend d’autant plus attachante au fil de notre découverte des affres et petites humiliations subies au quotidien.
"La Femme de", grâce à sa description nuancée pas seulement de l’héroïne de son récit, mais également de ses adversaires supposés, est un long métrage résolument féministe qui fait réfléchir longtemps après sa vision.
Mine de rien, le film sur la longueur vire à la dénonciation en règle du fonctionnement d’un milieu où l’homme est roi, dominant ou ignorant la femme de génération en génération.
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En plus de son scénario subtil, de sa photographie judicieusement grisâtre à l’unisson des sentiments qui envahissent Marianne, "La femme de" est porté par une Mélanie Thierry impériale, car saisissante de retenue, de force et de fragilité mêlées.
La bonhommie rassurante d’Éric Caravaca, que l'on connait de ses rôles habituels, rend encore plus cruel l’aveuglement plus ou moins délibéré de cet homme, plus soucieux des conventions sociales que de sa femme.
Notons que la musique de Quentin Sirjacq accompagne le cheminement de la jeune femme, qui résonne comme une plainte sourde, un appel à la liberté.
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Teinté d'une profonde amertume, mais jamais cynique, ce deuxième long-métrage de David Roux est une franche réussite.
On louera le refus du cinéaste de chercher à tout prix la solution facile, ni satirique ni mélodramatique prouvant l'évidence selon laquelle les histoires simples sont souvent les plus belles et bouleversantes, mais aussi les plus difficiles à porter à l’écran.
En salles ce 8 avril 2026.
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