Baz'art  : Des films, des livres...
8 avril 2026

LA FEMME DE : notre critique du film de David ROUX


Marianne a épousé Antoine,  l'aîné des Casella, famille bien née de province. Elle vit entre un mari méprisant, un beau-père vieillissant exigeant et deux enfants, loin de se sentir comblée.

Marianne se sent enfermée dans cette vaste demeure bourgeoise, près d’Angers, claquemurée dans sa vie d’épouse dévouée. Le jour de la communion de son fils, tout se détraque dès le matin et Marianne frôle l'évanouissement à l'église.

Alors, quand resurgit l’ombre de son passé, une brèche s’ouvre. Une autre vie serait-elle possible ? Et à quel prix ? Le passé n'est jamais vraiment mort, cela tout le monde le sait...

 

Second film de David Roux après le déjà singulier mais pourtant passé inaperçu L'ordre des médecins, "La Femme De" est un drame psychologique qui vire au véritable thriller domestique ancré dans une famille bourgeoise.

On pourrait penser à du Claude Chabrol, comme à chaque fois qu'il s'agit de dénoncer la grande bourgeoisie provinciale, mais la charge s'avère ici moins féroce, moins ironique, plus grave encore.

David Roux préfère opter pour un traitement plus sur le fil du rasoir, moins frontal pour dénoncer, finalement avec la même acuité que le réalisateur de la Cérémonie une violence morale assumée.

 

Le scénario coécrit par David Roux et Gaëlle Macé ne tombe jamais dans les pièges des clichés, que ce soit ceux de la bourgeoisie, ou ceux de la femme qui s’émancipe.

Tout se cisèle ici avec délicatesse, petit à petit. 

Car la violence que subit Marianne est insidieuse. Cette dernière n’est pas forcément un personnages des plus sympathiques de prime abord, ce qui la rend d’autant plus attachante au fil de notre découverte des affres et petites humiliations subies au quotidien.

"La Femme de", grâce à sa description nuancée pas seulement de l’héroïne de son récit, mais également de ses adversaires supposés, est un long métrage résolument féministe qui fait réfléchir longtemps après sa vision.  

Mine de rien, le film sur la longueur vire à la dénonciation en règle du fonctionnement d’un milieu où l’homme est roi, dominant ou ignorant la femme de génération en génération.


En plus de son scénario subtil, de sa photographie judicieusement grisâtre à l’unisson des sentiments qui envahissent Marianne, "La femme de" est porté par une Mélanie Thierry impériale, car saisissante de retenue, de force et de fragilité mêlées. 

La bonhommie rassurante d’Éric Caravaca, que l'on connait de ses rôles habituels,  rend encore plus cruel l’aveuglement plus ou moins délibéré de cet homme, plus soucieux des conventions sociales que de sa femme.

Notons que la musique de Quentin Sirjacq accompagne le cheminement de la jeune femme, qui résonne comme une plainte sourde, un appel à la liberté.

 

Teinté d'une profonde amertume, mais jamais cynique, ce deuxième long-métrage de David Roux est une franche réussite.

On louera le refus du cinéaste de chercher à tout prix la solution facile, ni satirique ni mélodramatique prouvant l'évidence selon laquelle les histoires simples sont souvent les plus belles et bouleversantes, mais aussi les plus difficiles à porter à l’écran.

 

En salles ce 8 avril 2026.

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Depuis vingt-six ans, le Festival Cinémas du Sud, organisé par Regard Sud, offre un panorama du cinéma contemporain du Maghreb et du Moyen-Orient, à travers des œuvres rares

(Fictions, documentaires) avec la présence exceptionnelle de leurs cinéastes.

 Cette 26e édition qui se tiendra du 15 au 18 avril 2026, permettra de découvrir aussi des œuvres du patrimoine arabe, comme le film Gare Centrale de Youssef Chahine, et Said Effendi du cinéaste irakien Kameran Hosni (né en Irak et décédé en 2004 à Los Angeles) et le film du cinéaste marocain Ahmed El Maanouni, Alyam, Alyam.

Cet évènement sera aussi l’occasion de découvrir des œuvres inédites, des premiers long-métrages et d’assister à une avant-première. Elle accueillera des invités témoignant de l’importance du Festival Cinémas du Sud à l’Institut Lumière.

https://www.institut-lumiere.org/25e-festival-cinemas-du-sud

 

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Les Mauvais Gones 2026 : Lyon au cœur du cinéma criminel du 20 au 24 avril

Du 20 au 24 avril 2026, Lyon accueillera la 8e édition du festival Les Mauvais Gones, un rendez-vous désormais installé dans le paysage culturel lyonnais, dédié au cinéma policier et de gangsters.

Pendant cinq jours, le cinéma UGC Ciné Cité Confluence se transforme en véritable immersion dans l’univers du crime à l’écran, avec une programmation de films cultes, des soirées thématiques et des échanges avec des invités du monde du cinéma.

 https://www.lesmauvaisgones.fr/

 

 

Festival Caravane des Cinémas d’Afrique

La 18e édition du Festival Caravane des Cinémas d’Afrique aura lieu du 21 au 26 avril 2026 au Ciné Mourguet et dans 30 salles partenaires à travers la région Auvergne-Rhône-Alpes.

Créé en 1991, le Festival Caravane des Cinémas d’Afrique avait initialement lieu chaque année avant d’adopter un rythme biennal dès 1992. En 2026, il retrouvera son format annuel, marquant ainsi une nouvelle étape dans son histoire. Ce retour à une périodicité annuelle permettra au festival d’accompagner plus étroitement la vitalité et la diversité du cinéma africain contemporain, en écho à la richesse de sa production et à l’enthousiasme croissant de son public.

Le Festival en quelques chiffres : une trentaine de films présentés, 30 salles partenaires en Région Auvergne-Rhône-Alpes, une vingtaine de nationalités et invités, environ 80 séances, 6 films en compétition pour le Prix du Public, 10 courts métrages pour le Prix du Jury Jeune. 

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