[CRITIQUE] WAKE IN FRIGHT "Réveil dans la terreur" : le cauchemar éveillé de Ted Kotcheff revient dans les salles françaises
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De Ted Kotcheff, on ne se souvient généralement que de Rambo, premier du nom- et le seul regardable de toute la saga- qui a lancé la carrière de Sylvester Stallone avant même Rocky.
Pourtant, ce réalisateur canadien a signé, dans les années 70, un autre film majeur, à la violence tout aussi viscérale, Wake in Fright (Réveil dans la terreur), d'après un formidable roman de Kenneth Cook, publié en 1961.
Dans l'un de ses premiers films, « Duel »,Steven Spielberg avait décrit, sans effets spéciaux, mais avec un suspense insoutenable, la prise en chasse d'un automobiliste ordinaire par un camion. Le camion était peut-être le diable. Ici, avec la même économie de moyens, le diable se saisit insensiblement de Grant pour le conduire, au gré de ses rencontres arrosées, au bout de l'enfer.
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Mais, dans Wake in Fright rien n'aura changé en apparence dans la canicule, l'ennui et l'immobilité d'un paysage de plomb, quelque part ou nulle part, au cœur de l'Australie immuable, si ce n'est, sans doute, le destin d'un homme.
Qui n'a jamais mis les pieds dans l'outback australien s'y trouve transporté par l'histoire de Wake in Fright La chaleur, la lumière, la poussière et la bière, fraîche, embuée, emblème d'une envahissante sollicitude, rêve toujours recommencé de l'abolition de la soif. Bientôt cauchemar, pour le héros, John Grant, qui voudrait bien retourner à Sydney, à l'autre bout du pays, pour ses grandes vacances d'instituteur à classe unique, insouciant des démons du jeu, du sexe et de la chasse au kangourou.
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Pas loin d'un DELIVRANCE de John Boorman, réalisé l'année suivante WAKE IN FRIGHT est une véritable descente aux enfers filmée comme un mauvais rêve. Un film de fou furieux touché par un esprit jusqu'au-boutiste et nihiliste. Ce road-movie apocalyptique et psychédélique est de ces films à la fois cinglé et génial qui mérite de figurer au panthéon du cinéma de genre.
Dans cette œuvre d’une rare fureur, le cinéaste Ted Kotcheff, dans un souci de réalisme social (parfois quasi documentaire), étire ses descriptions jusqu’à l’enivrement et l’écœurement, mettant le spectateur dans la peau de John Grant.
Cette sensation de malaise troublant, qui dure de la première à la dernière minute, est également portée par des acteurs habités par leurs rôles.
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Présenté à Cannes en 1971, WAKE IN FRIGHT marque vivement quelques esprits dont celui du jeune Martin Scorsese qui couvrira d'éloges la sulfureuse bobine. A l'époque de sa première sortie, en juillet 1971, la censure avait découpé sans vergogne le film.
Cette version restaurée en salles permet de la voir également sans censure.
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WAKE IN FRIGHT "Réveil dans la terreur" de Ted Kotcheff de retour en salles le 19 août - The jokers films
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