Baz'art  : Des films, des livres...
31 juillet 2013

Des Landes où il fait bon s'y laisser plonger...

landesCa nous pendait au nez depuis quelques semaines déjà, et en ce mercredi 31 juillet, le couperet est tombé: pas de sélection ciné de la semaine, faute de combattants...

Car là, franchement, j'ai beau regarder la liste dans tous les sens, je n'arrive pas à ressortir 3 films qui me tentent...je pense que j'irais voir  les Schtroumpfs 2 avec les miens, car vu que le premier volet ait passionné mes loustics, ils ont noté depuis longtemps la date du 31 aout, mais c'est pas vraiment mu par une volonté évidente de ma part...

Non, dans les sorties de cette semaine, un seul film m'aurait plu, mais en fait comme je l'ai déjà vu, le mieux est de vous en faire la chronique  dès maintenant à la place de mon billet sélection.

 Ce film, c'est Landes, le tout premier film de François Xavier Vives, que j'ai eu la chance de voir en avant première il y a une dizaine de jours, en précense du réalisateur et de l'actrice principale du film, la merveilleuse Marie Gillain, dont j'avais déjà chanté les louanges dans ma chronique du trés beau "Toutes mes envies"

Marie Gillain se fait hélas très rare au cinéma, elle nous donne de ses nouvelles tous les deux- trois ans seulement, on ne sait pas trop si c'est parce que les réalisateurs ne pensent pas à elle ou bien parce qu'elle est très exigeante et privilégie sa vie privée (il  me semblait d'ailleurs lors de cette avant première qu'elle arborait un ventre bien rond- voilà que je joue les langues de vipère et les paparazzis maintenant, bouh que c'est pas beau)

Quoiqu'il en soit, je suis toujours ravi de la voir sur grand écran tant j'ai toujours adoré cette actrice belge, qui est exactement de ma génération, et dont j'ai suivi la carrière dès son premier rôle dans "Mon Père ce Héros" où elle jouait la fille de notre gros Gégé national (enfin belge ou russe, donc plus vraiment national d'ailleurs).

Dans ce  Landes- qui se déroule comme son titre l'indique dans la belle région des Landes où j'y ai passé quelques vacances dans ma jeunesse- elle interprete le rôle principal,  celui de Liéna, celui à travers les yeux duquel toute l'intrigue se jouera et se nouera.

Le film commence à la mort de son mari ( on ne saura jamais de quoi), lorsqu'elle hérite de ses vastes propriétés au cœur d'une forêt industrielle. Liena décide  alors de poursuivre l'oeuvre dont celui-ci rêvait : apporter l'électricité sur ses terres. Elle menera alors un combat incessant, pour honorer la mémoire de son mari est  de ce rêve électrique une réalité, et de l'imposer à tout le monde, que ce soient les riches propriétaires alentours, ou les syndicats engagés dans une grêve sans merci.

 Landes est donc un film d'époque comme on dit, genre assez rare et plutôt mal vu dans le cinéma français contemporain. Le dernier film en costume notable à être sorti en France était un film qui, étrangement, se passe dans la même région et sensiblement à la même époque, à savoir Thérèse Desqueyroux,  le dernier film de Claude Miller qui ne m'avait pas vraiment convaincu.

Ce Landes est donc un projet audacieux, et également intimement personnel ( le réalisateur nous a confié lors de l'entretien après film qu'il racontait en fait l'histoire de son arrière grand mère) et il m'a fait meilleure impression que celui de Claude Miller, ne serait ce que déjà parce qu aussi bien la lumineuse Marie Gillain que le personnage qu'elle incarne m'ont bien plus emporté que les mines renfrognées d'Audrey Desqueroux Tautou.

En effet, dans ce rôle en or pour elle, elle porte le film à bout de bras, et dévoile une nouvelle fois une impressionnantepalette de jeu, en montrant toute une gamme d'émotions qui vont du manque d'assurance du début, à la colère extériorisée, en passant par l'engagement total et l'amour. A ses côtés, le pareillement rare ( il préfère se consacrer à la réalisation) et toujours excellent Jalil Lespert défend un rôle pas évident de médiateur, sans cesse partagé entre deux classes sociales totalement différentes.

 Car le scénario ne se contente pas d'être un(beau) portrait d'une femme battante, en avance sur son époque, mais il prend soin également de nous dire un peu sur les conditions de vie de ces ouvriers de la résine qui essaient de lutter tant bien que mal.

Photo : Landes - le film, c'est aussi l'histoire du gemmage, opération qui consiste à blesser le pin pour en récolter la gemme ou résine. Dans les années 20, les gemmeurs se sont battus pour obtenir plus de droits...

En fait, le film aborde énormément de thèmes différents ( le progrès technologique face au progrés social, la lutte effrenée de la bourgeoisie à garder ses acquis, l'adoption d'un enfant, le retour à l'amour après un deuil...), mais c'est aussi ce qui constitue la force et les limites du film.

En effet,  pour une heure trente de films, cela fait un peu trop, et surtout,  cela fait un peu trop penser à ces sagas de l'été que je voyais auparavant sur France 2 dans lequel Brigitte Fossey par exemple luttait pour préserver son domaine. La faute à ce manque d'épure dans l'écriture du scénario, mais aussi dans les dialogues, qui soulignent trop ce qu'ils devraient juste esquisser, et aussi  sans doute un peu la faute à une mise en scène parfois un peu trop classique et linéaire.

Cela étant dit, reconnaissons que François Xavier Vives met parfaitement en valeur la photogénie incroyable de sa région natale, les Landes, et si nous ne sommes quand même pas au niveau de  " La Leçon de piano"  ou d'" Out of Africa", les modèles revendiqués du cinéaste lors de la rencontre,  " notamment pour leur rapport à la nature sauvage", on reconnait que le cinéaste a particulièrement soigné la lumière et la photographie de son film.

Bref, même si elle n'est pas à 100% convaincante, on peut dire qu'il a réussi sa fresque historique, au contraire par exemple du si sympathique Jean Pierre Améris qui s'était bien fourvoyé avec son homme qui rit.

Et on peut dire qu'en comparaison à la grande pauvreté des sorties salles de cet été, il est tout à fait bienvenu d'aller se jeter dans les pins de cette Landes, certes pas inoubliable, mais tout à fait recommandable. 

Commentaires
B
peut etre qu'il jouera par chez toi mais il n'y a pas beaucoup de copie...le role de jalil lespert est un peu sous exploité dommage mais c'est vrai que le film vaut beaucoup pour ses acteurs...bonne soirée ma potz
Répondre
P
J'aime énormément Marie Gillain et Jalil Lespert, je me laisserais volontiers tentée rien que pour eux. Et comme j' n'ai rien contre les sagas estivales... ;)<br /> <br /> Merci pour ton avis filou et bonne soirée.
Répondre
A
Je n'ai vu que les affiches et malgré la présence de Mazrie Gillain je vais m'abstenir ... La saga d'été non merci, j'aime mieux profiter du soleil ds ce cas !<br /> <br /> En revanche jeudi soir je vais peut être me rafraîchir au ciné devant " Insaisissables" !
Répondre
L
J'adore cette actrice également, même si j'aime bcp Audrey Tautou aussi :)<br /> <br /> Je pense aller voir Landes très prochainement ! Merci pour ta critique.
Répondre
Qui sommes-nous ?

 

Webzine crée en 2010, composé d'une dizaine de rédacteurs qui partagent  la même envie : transmettre notre passion de la culture sous toutes ses formes : critiques cinéma, de littérature adulte et jeunesse, critiques de pièces de théâtre, concert , expositions, musique, interviews et portraits d'artistes, comptes rendus de spectacles,  tests de jeu de société., couverture de festivals de cinéma ou de musique...

Visiteurs
Depuis la création 8 311 329
le 11ème Festival du cinéma chinois en France.

Le 11ème Festival du cinéma chinois en France a la particularité de circuler en France, avec un programme contemporain et inédit, jusqu’au 30 juin.

Entre grandes productions populaires et œuvres d’auteur, la programmation met en lumière la richesse des genres et des thématiques, allant de l’animation au thriller, en passant par le drame, le film historique ou encore le documentaire.

Le Festival se déroulera en mai et juin 2026 dans une dizaine de villes, dont Paris, Strasbourg, Lyon, Marseille, Toulouse, Cannes, Brest, Montargis, ainsi qu’en Outre-mer à La Réunion et en Nouvelle-Calédonie.

Il va passer à Lyon au Pathé Bellecour à partir du 29 mai 

Parmi les films présentés, le public pourra découvrir le nouveau film de Zhang Yimou « Scare out », ( voir photo ci dessous) « Endless journey » de Dai Mo (multi primé en Chine), « The lychee road » de Dong Chengpeng...

 

Le Festival de Cannes s’invite dans les cinémas Pathé!!

 

Du vendredi 22 au dimanche 24 mai, weekend Cannois dans les cinémas Pathé

 

Les films de Cannes s’invitent dans votre cinéma Pathé Grenoble pour un weekend exceptionnel du 22 au 24 mai, avec la projection d'une sélection de films issus de la sélection officielle du Festival de Cannes.

 

Pour la 13ème année, une sélection de films du Festival de Cannes sera proposée dans les cinémas Pathé Palace à Paris, Pathé Boulogne, Pathé Rennes, Pathé Nantes, Pathé Bellecour à Lyon, Pathé Wilson à Toulouse, Pathé Masséna à Nice, Pathé Comédie à Montpellier, Ciné Capitole à Clermont-Ferrand et Pathé Grenoble.

Au programme, trois jours de festivités aux couleurs de la sélection cannoise ! Cette nouvelle édition se tiendra du vendredi 22 au dimanche 24 mai 2026 et proposera plus d’une dizaine de films de la sélection officielle du Festival de Cannes. Une occasion exceptionnelle pour les cinéphiles de découvrir ces films presque en même temps que les festivaliers et, pour certains, plusieurs mois avant leurs sorties en salles.

Drôlement bien, Festival d'Humour en 2027 à Lyon

 

DRÔLEMENT BIEN, LE FESTIVAL D’HUMOUR NÉ À BESANÇON, ANNONCE SON EXPANSION NATIONALE ET S’INSTALLE À LYON

Après trois éditions couronnées de succès qui ont fait rayonner la capitale comtoise, le festival d’humour Drôlement Bien lance sa première édition lyonnaise du 14 au 17 janvier 2027, confirmant son statut de référence nationale.

Pour cette édition inaugurale à Lyon, Drôlement Bien investira 9 salles et proposera une programmation riche de 35 à 40 spectacles, fidèle à son ADN de festival social et accessible : « Rire ensemble, c’est Drôlement Bien!"

Festival Drôlement Bien - le festival pour rire

Nous contacter

Une adresse mail : philippehugot9@gmail.com 

Newsletter
168 abonnés