Baz'art  : Des films, des livres...
22 novembre 2011

Cédons à Toutes nos envies!!!

toutes-nos-envies-4Bon, je ne vais pas me mettre à tirer à boulets rouges sur le film Intouchables alors même que je l'avais défendu becs et ongles avant qu'il ne rencontre son triomphe actuel. Mais le problème est que lorsqu'un film dévore tout sur son passage comme cela, il ne laisse plus beaucoup de place à d'autres oeuvres, plus fragiles, car moins populaires dans le fond et dans la forme, mais qui auraient mérité, à mon sens, tout autant d'adhésion du public. Je pourrais citer plusieurs exemples de ces films, mais je vais plutôt me fixer sur un en particulier, que je viens juste de voir au cinéma : Toutes nos envies.

 Entendons nous bien :je ne dis pas forcément que, si Intouchables (ou Tintin, autre carton au B.O) ne serait pas sorti en même temps que ce film, ce dernier aurait connu un succès public plus important, mais quand on pense au succès au box office qu'avait rencontré les précédents films du réalisateur Philippe Lioret,  Je vais bien ne t'en fais pas et surtout Welcome- portant également sur une thématique sociale proche, on est un peu triste de constater qu'une semaine  simplement aprés sa sortie, son nombre de copie soit réduit à peau de chagrin, malgré un beau bouche à oreille et un indice de satisfaction conséquent.

C'est donc le constat que je me suis fait en allant voir le film à Lyon, où il ne passe plus que dans quelques salles de la 2e ville de France (les marseillais vont raler, mais tant pis),  et vu que la salle en question ne comportait que 48 sièges (j'étais en avance, j'ai pu les compter :o)!!!  Le film sera  donc vu, visiblement, d'après les projections de fin de carrière,au mieux par 500 000 spectateurs, ce qui n'est pas si mal, je vous l'accorde, mais peu vu qu'à mon sens tout le monde devrait voir ce film de salubrité publique.

Toutes nos envies parle de choses aussi fondamentales que ne le faisait un des derniers films que j'ai vu au ciné, à savoir Polisse, mais dans un style totalementtoutes-nos-envies différent : là ou le cinéma de Maïwenn nous prend par la gorge et nous assène frontalement une réalité, la caméra de Lioret y va de façon plus douce, plus tendre, mais tout en nous rappellant des évidences  salutaires.

Mais contrairement à ce que j'aurais pu penser en lisant la presse ou les interviews du réalisateur, le film n'est pas qu'une chronique sur le surendettement et  sur les dérives des sociétés de crédit au détriment des "pauvres gens".

En effet, le film l'est évidemment, mais c'est aussi et avant tout, le portrait de gens bien qui font tout pour garder leur dignité, malgré les obsctacles, juridiques et sanitaires. Car l'héroïne jouée par Marie Gillain, inspirée d'une juge ayant rééllement existé et apparaissant déja dans le livre  d'Emmanuel Carrère,  à l'origine du film, D'autres vies que la mienne,  livre un double combat : contre les décisions de justice qui ont tendance à privilégier ces sociétés de crédits ( car le crédit, c'est la consommation et  on ne peut pas lutter contre l'économie de marché) et aussi et surtout contre le cancer foudroyant qui l'atteint, à l'aube de sa trentaine. Et hélas, cette dernière bataille étant de loin la plus difficile à mener,  elle décidera de jetter ses dernières forces dans la première. Cette magnifique personne fait ainsi un personnage idéal de fiction, encore fallait il ne pas le trahir.

Et que soit chez Carrère dans son extraordinaire roman ou ici chez Lioret, le personnage de Claire conserve, tout du long de l'oeuvre,  une dimension exceptionnelle. Et les autres personnages qui l'entourent ne sont pas en reste, notamment Stéphane, le collègue spécialiste du surendettement qui va l'accompagner dans ce challenge. Par rapport au vrai juge du livre, le juge Rigal, j'ai trouvé que Lioret avait humanisé cet homme qui m'avait paru un peu misantrophe, un peu trop ours, alors qu'ici, et c'est du au regard de Lioret mais également à la générosité énorme de Lindon qui l'incarne, il possède ici une humanité bouleversante.

Humanité, c'est d'ailleurs le maitre mot du film avec solidarité (comme dans les films de Guédigian auquel le film peut faire penser, dans ses scènes de groupe),  et si le film reste sombre car la précarité, la maladie et la mort rodent tout autour, les valeurs véhiculés par ces individus apportent au film un coté solaire, particulièrement prégnants dans certaines scènes (celle du match de rugby à la fin, vous voyez que je peux aussi aimer ce sport au cinéma, contrairement à ce que je racontais dans mon billet sur Invictus).

Bref, je pourrais encore en rajouter des lignes et des lignes sur ce magnifique film, pour moi un des plus beaux beaux de cette rentrée 2011, mais une phrase suffit à résumer l'intention de ce billet : courez y avant qu'il ne soit trop tard,...


Toutes nos envies - Bande annonce HD

Commentaires
F
merci pour ton com, aurore... on est du meme avis, donc tout va bien :o) oui la caméra de lioret n'y v pas brutalement, mais ca fait du bien aussi :o)
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A
Un peu pensé la même chose. Beau film doux et sensible, plein de force et de vigueur aussi ... Une camera convaincante ds le poing de ce réal !
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F
ah oui si mon blog peut au moins servir à partager aussi mes coups de coeur, tant mieux... j'ai vu sur la blogo des gens bcp plus réservés que moi sur le film donc pt etre seras tu plus mitigée... de toute facon vaut mieux que nos critiques ne se ressemblent pas trop :o)
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P
Je ne t'apprends rien si je te dis que j'ai très envie de le voir ! A priori il doit sortir cette semaine dans mon ciné de quartier, j'espère que j'aurai le temps de le voir... <br /> En tous cas, ta critique donne vraiment envie d'y foncer :)<br /> Bonne soirée filou et merci de partager ton enthousiasme...
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F
my discoveries :oui la rencontre entre l'auteur et le cinéaste semblait logique et ne décoit pas...tu le vériferas bien par toi meme tot ou tard<br /> @luzycalor: va faire scandale auprès de ton cinéma de quartier pour qu'il reprogramme le film au plus vite :o)<br /> @hell 62 : la dessus, je ne te suis pas, moi j'adore verser ma larmichette:o)<br /> @marine : je pense que finalement on peut trouver pas mal de points d'accord quand on y pense...oui c le jeu du box office, il y a eu d'autres injustices toutes aussi criantes :o)
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LE FESTIVAL DU FILM DE LAMA DÉVOILE SA PROGRAMMATION !
 

 

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Le festival s'ouvrira sur le film de Sarah Arnols L'espèce explosive, présentée à la Quinzaine des Cinéastes cette année et mené par Alexis Manenti, Ella Rumpf et Vincent Dedienne.
 
Pour continuer sur cette lancée cannoise, le festival aura l'honneur de vous présenter La vie d'une femme de Charline Bourgeois-Tacquet mais aussi Notre Salut (Prix du Scénario - Festival de Cannes 2026) d'Emmanuel Marre, Minotaure (Grand Prix de Cannes 2026) de Andreï Zviaguintsev, La Bola Negra (Prix de la mise en scène - Festival de Cannes 2026) de Javier Calo et Javier Ambrossi ou encore Histoires de la nuit de Léa Mysius.
 

Festival du Film Italien de Villerupt

49e édition - Du 23 octobre au 8 novembre 2026

www.festival-villerupt.com

 

 

 

Hommage à Monica Vitti et rétrospective autour de la figure du père, la 49e édition du Festival de Villerupt dévoile ses premiers éléments de programmation et son affiche officielle.

 

En 2026, le Festival de Villerupt a souhaité, dans le cadre de sa rétrospective thématique, mettre en avant la figure paternelle. D’autorité structurante dans l’Italie d’après-guerre, cette dernière dérive progressivement vers une figure fragile, déplacée, voire problématique, révélatrice des mutations sociales, économiques et culturelles du pays. Une évolution qui sera illustrée travers une sélection d’une dizaine de films.

 

Le festival rendra aussi hommage à l’une des plus grandes icones du cinéma mondial : Monica Vitti, disparue en 2022. Reine de la comédie à l’italienne et égérie de Michelangelo Antonioni, elle est notamment célèbre pour ses rôles dans L’avventura ou Le désert rouge.

DE L'ÉCRIT À L'ÉCRAN MONTELIMAR FILM FESTIVAL 15 ème édition

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Le festival De l'écrit à l'écran revient en septembre 2026 pour sa quinzième édition.
Véritable temps fort de l'action culturelle menée par l'association éponyme, le festival conjugue au présent cinéma et littérature, crée des ponts inter-culturels et interartistiques stimulants et enrichissants. Il s'articule autour de 3 axes fondamentaux: ce qui s’écrit, ce qui se dit et ce qui se pense, sur la toile comme au-delà, et les met en lumière. En 2025, le festival a accueilli plus de 147 invités, organisé 140 événements dont 89 séances de cinéma et réuni plus de 33 000 spectateurs.

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