Baz'art  : Des films, des livres...
10 septembre 2013

Un Ilo (ilo) de bonheur?

ilo-iloVous le savez, j'ai toujours aimé les premiers films, et peut-être encore plus depuis que j'ai été membre du jury du festival international du premier film d'Annonay (c'est quand que je peux recommencer, s'il vous plait?). Un premier long métrage,  pour moi, c'est tellement source de promesses et en même temps, cela en dit tellement sur la personnalité du cinéaste qu'on ne peut que les apréhender avec une vraie indulgence et  une excitation certaine.

Et comme  la Caméra D'or, qui  consacre, lors de chaque festival de Cannes, le meilleur premier film parmi les films de toutes les sélections confondues, est en général le maitre étalon de ces premiers longs métrages, j'essaie de le voir chaque année voir à tout prix, avant les autres premiers longs qui sortent. Jim Jarmush, Jaco Van Dormoel, Claire Devers, Steve Mac Queen font partie, parmi d'autres des cinéastes révelés par la Caméra D'or, et la suite de leur carrière ont donné raison au bien fondé de ce prix.

 Si la caméra D'Or de l'an passé avait primé un film qui a fait l'évenement à peu près partout et qui était  effectivement assez impressionnant par son lyrisme et sa mise en scène assez ostentatoire (même si le film m'avait moyennement convaincu) , je veux bien sur parler du Sud des Bêtes Sauvages de l'américain Benh Zeitlin,  le film récompensé cette année, "Ilo Ilo", d'Anthony Chen, est sur le papier du moins bien plus modeste par sa forme et son projet intial.  Il faut dire que Chen est originaire de Singapour et que c'’est la première fois qu’un réalisateur de Singapour, toute petit pays s'étendant sur  700 km2, obtient un prix en sélection officielle, et son cinéma est forcément peu prolixe.

C'est pour cela  que j'avais envie de mettre un petit zoom dessus, d'autant que le film a eu la chance d'être distribué par Epicentre films, une société de distribution de films dont j'ai eu l'occasion de parler plusieurs fois et avec qui j'ai pas mal d'affinités artistiques.

J'ai donc pu voir le film un peu avant sa sorties en salles, mercredi dernier, et j'ai été dans l'ensemble plutot charmé par ce joli film, effectivement modeste et tenu dans son propos, mais en même très sensible et pudique dans son traitement.

 Le film traite à travers le portrait d’une famille et de sa bonne/nounou philippine  des rapports entre deux Asie, l’une pauvre en quete d’une vie un peu meilleure et l’autre plus favorisée, mais qui ne ve pas la rester, car la crise de 1997 arrive. Au milieu, le lien naissant et fragile entre un petit garcon aux dehors insupportable et Terry, qui le dompte petit à petit.

Anthony Chen, comme pas mal de réalisateurs, a choisi  pour son premier long métrage des souvenirs d'enfance intimes et personnels. Il a choisi, comme titre, le nom d'une province des Philippines dont était originaire une jeune fille employée par ses parents quand il était enfant. Un souvenir inoubliable et inestimable. En effet, le film se déroule aussi en 1997 pendant la crise financière asiatique qui a visiblement beaucoup marqué le cinéaste, son père ayant perdu son travail pendant cette période.

Du coup, on voit pendant tout le long du film cette sincérité et cette émotion qui l'étreint, mais une émotion toute asiatique (oui je sais, faut pas généraliser, mais quand même), toute en retenue et en pudeur.

On aimerait parfois un peu moins de retenue, un peu plus de passion pour être totalement emporté, mais en même temps, c'est grâce à cette sensibilité qui affleure si lentement mais surement  entre ce gosse insupportable, mais finalement si émouvant, et sa nounou , qu'on est fortement touché par cette belle histoire. Ce sont ces petits riens, ces petites touches naturalistes( un anniversaire avec un cadeau inattendu, une virée plutot saugrenue sur une terasse d'appartement, qui forment le grand tout d'une relation qui se forme et le cinéaste excelle à nous montrer cette construction là.

Et alors que, comme je l'ai dit plusieurs fois, je ne suis pas forcément très friand de cinéma asiatique, j'ai retrouvé un peu de mon film asiatique préféré, Yi Yi, le chef d'oeuvre d'Edward Yang, avec qui Chen partage visiblement un regard plein de tendresse et d'empathie sur ses personnages.

  Bref, si Ilo Ilo passe près de chez vous, ne manquez pas ce petit film par sa modestie et son propos, mais grand par l'émotion qu'il procure.

Commentaires
Qui sommes-nous ?

 

Webzine crée en 2010, composé d'une dizaine de rédacteurs qui partagent  la même envie : transmettre notre passion de la culture sous toutes ses formes : critiques cinéma, de littérature adulte et jeunesse, critiques de pièces de théâtre, concert , expositions, musique, interviews et portraits d'artistes, comptes rendus de spectacles,  tests de jeu de société., couverture de festivals de cinéma ou de musique...

Visiteurs
Depuis la création 8 346 933
LE FESTIVAL DU FILM DE LAMA DÉVOILE SA PROGRAMMATION !
 

 

Cette année encore, pour sa 32ème édition, le Festival du Film de Lama vous propose une programmation qui ravira petits comme grands, faisant une belle part aux œuvres présentées au Festival de Cannes avec des films venus du monde entier. Comme l'indique la devise du festival, rendez-vous aux "Chroniques d'un village monde" !
 
Le festival s'ouvrira sur le film de Sarah Arnols L'espèce explosive, présentée à la Quinzaine des Cinéastes cette année et mené par Alexis Manenti, Ella Rumpf et Vincent Dedienne.
 
Pour continuer sur cette lancée cannoise, le festival aura l'honneur de vous présenter La vie d'une femme de Charline Bourgeois-Tacquet mais aussi Notre Salut (Prix du Scénario - Festival de Cannes 2026) d'Emmanuel Marre, Minotaure (Grand Prix de Cannes 2026) de Andreï Zviaguintsev, La Bola Negra (Prix de la mise en scène - Festival de Cannes 2026) de Javier Calo et Javier Ambrossi ou encore Histoires de la nuit de Léa Mysius.
 

Festival du Film Italien de Villerupt

49e édition - Du 23 octobre au 8 novembre 2026

www.festival-villerupt.com

 

 

 

Hommage à Monica Vitti et rétrospective autour de la figure du père, la 49e édition du Festival de Villerupt dévoile ses premiers éléments de programmation et son affiche officielle.

 

En 2026, le Festival de Villerupt a souhaité, dans le cadre de sa rétrospective thématique, mettre en avant la figure paternelle. D’autorité structurante dans l’Italie d’après-guerre, cette dernière dérive progressivement vers une figure fragile, déplacée, voire problématique, révélatrice des mutations sociales, économiques et culturelles du pays. Une évolution qui sera illustrée travers une sélection d’une dizaine de films.

 

Le festival rendra aussi hommage à l’une des plus grandes icones du cinéma mondial : Monica Vitti, disparue en 2022. Reine de la comédie à l’italienne et égérie de Michelangelo Antonioni, elle est notamment célèbre pour ses rôles dans L’avventura ou Le désert rouge.

Drôlement bien, Festival d'Humour en 2027 à Lyon

 

DRÔLEMENT BIEN, LE FESTIVAL D’HUMOUR NÉ À BESANÇON, ANNONCE SON EXPANSION NATIONALE ET S’INSTALLE À LYON

Après trois éditions couronnées de succès qui ont fait rayonner la capitale comtoise, le festival d’humour Drôlement Bien lance sa première édition lyonnaise du 14 au 17 janvier 2027, confirmant son statut de référence nationale.

Pour cette édition inaugurale à Lyon, Drôlement Bien investira 9 salles et proposera une programmation riche de 35 à 40 spectacles, fidèle à son ADN de festival social et accessible : « Rire ensemble, c’est Drôlement Bien!"

Festival Drôlement Bien - le festival pour rire

Nous contacter

Une adresse mail : philippehugot9@gmail.com 

Newsletter
169 abonnés