Baz'art  : Des films, des livres...
9 avril 2019

Les Gratitudes : le nouveau bouleversant récit de Delphine De Vigan

  gratitudes

«  Quand je les rencontre pour la première fois, c’est toujours la même image que je cherche, celle de l’Avant.  Derrière leur regard flou, leurs gestes incertains, leur silhouette courbée ou pliée en deux, comme on tenterait de deviner sous un dessin au vilain feutre une esquisse originelle, je cherche le jeune homme ou la jeune femme qu’ils ont été.

Je les observe et je me dis : elle aussi, lui aussi a aimé, crié, joui, plongé, couru à perdre haleine, monté des escaliers quatre à quatre, dansé toute la nuit. Elle aussi,  lui aussi a pris des trains, des métros, marché dans la campagne, la montagne, bu du vin, fait la grasse matinée, discuté à bâtons rompus. Cela m’émeut, de penser à ça. Je ne peux pas m’empêcher de traquer cette image, de tenter de la ressusciter. »

Michka ,  n’est plus très sûre d’elle, seule dans son appartement, elle se rend bien compte qu’elle perd la boulle. Marie, la jeune femme qui lui rend souvent visite tente de la rassurer, elle perd seulement des mots, pas la tête. Michka sait bien qu’elle ne peut plus vivre seule. 

 Dans sa nouvelle demeure,  un EHPAD bien tenu et bien fréquenté, la vieille dame fait la connaissance de Jérôme, un jeune orthophoniste qui lui fait travailler sa mémoire défaillante. Michka n’a plus qu’un désir avant de mourir, retrouver la trace de la famille qui l’avait recueillie et cachée pendant la guerre.

A un tournant important de sa vie, Marie passe souvent voir Michka, car la jeune femme sait ce qu’elle lui doit. Jérôme, lui, devrait  se réconcilier avec son père avant qu’il ne soit trop tard.  Michka, Marie, Jérôme, entre ces trois-là, un lien ténu se tisse, chacun donnant à l’autre la force d’affronter la solitude de l’existence.

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"Mais ce qui continue de m’étonner, ce qui me sidère même, ce qui encore aujourd’hui, après plus de dix ans de pratique, me coupe parfois littéralement le souffle, c’est la pérennité des douleurs d’enfance. "

« Les Gratitudes » est un roman d’une douceur apaisante, une écriture légère qui affronte le naufrage  de la vieillesse, l’inquiétude de donner la vie et la difficulté d’être un fils. Difficile d’écrire sur un livre aussi plein. Difficile de raconter l’émotion qui submerge le lecteur dans les dernières pages.

Peu de mots, peu de lignes et tout est dit.  Delphine De Vigan a vraiment une écriture tendre et intelligente. Un récit bouleversant.

Les gratitudes, éd. J-C Lattès, 173 p., 17 €.

 

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Depuis vingt-six ans, le Festival Cinémas du Sud, organisé par Regard Sud, offre un panorama du cinéma contemporain du Maghreb et du Moyen-Orient, à travers des œuvres rares

(Fictions, documentaires) avec la présence exceptionnelle de leurs cinéastes.

 Cette 26e édition qui se tiendra du 15 au 18 avril 2026, permettra de découvrir aussi des œuvres du patrimoine arabe, comme le film Gare Centrale de Youssef Chahine, et Said Effendi du cinéaste irakien Kameran Hosni (né en Irak et décédé en 2004 à Los Angeles) et le film du cinéaste marocain Ahmed El Maanouni, Alyam, Alyam.

Cet évènement sera aussi l’occasion de découvrir des œuvres inédites, des premiers long-métrages et d’assister à une avant-première. Elle accueillera des invités témoignant de l’importance du Festival Cinémas du Sud à l’Institut Lumière.

https://www.institut-lumiere.org/25e-festival-cinemas-du-sud

 

mauvais gones
 

Les Mauvais Gones 2026 : Lyon au cœur du cinéma criminel du 20 au 24 avril

Du 20 au 24 avril 2026, Lyon accueillera la 8e édition du festival Les Mauvais Gones, un rendez-vous désormais installé dans le paysage culturel lyonnais, dédié au cinéma policier et de gangsters.

Pendant cinq jours, le cinéma UGC Ciné Cité Confluence se transforme en véritable immersion dans l’univers du crime à l’écran, avec une programmation de films cultes, des soirées thématiques et des échanges avec des invités du monde du cinéma.

 https://www.lesmauvaisgones.fr/

 

 

Festival Caravane des Cinémas d’Afrique

La 18e édition du Festival Caravane des Cinémas d’Afrique aura lieu du 21 au 26 avril 2026 au Ciné Mourguet et dans 30 salles partenaires à travers la région Auvergne-Rhône-Alpes.

Créé en 1991, le Festival Caravane des Cinémas d’Afrique avait initialement lieu chaque année avant d’adopter un rythme biennal dès 1992. En 2026, il retrouvera son format annuel, marquant ainsi une nouvelle étape dans son histoire. Ce retour à une périodicité annuelle permettra au festival d’accompagner plus étroitement la vitalité et la diversité du cinéma africain contemporain, en écho à la richesse de sa production et à l’enthousiasme croissant de son public.

Le Festival en quelques chiffres : une trentaine de films présentés, 30 salles partenaires en Région Auvergne-Rhône-Alpes, une vingtaine de nationalités et invités, environ 80 séances, 6 films en compétition pour le Prix du Public, 10 courts métrages pour le Prix du Jury Jeune. 

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