Baz'art  : Des films, des livres...
29 janvier 2020

Cuban network : le coup bas d'Olivier Assyas

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J'ai découvert Cuban Network,  le dernier long métrage du prolixe Olivier Assayas, qui sort en salles ce mercredi,  sans savoir que ce dernier en était l'auteur...

En effet, le film a été projeté lors du dernier Ciné Brunch du cinéma Comoedia, où l'on n'a connaissance de l'identité du film qu'on va voir uniquement au moment où sa projection commence et il se trouve que concernant ce film, seul le générique de film donne l'identité de son réalisateur..

Comme j'étais passé totalement à coté des informations concernant son tournage et son passage en compétition à Venise ( où il s'est fait globalement détruire), j'ai pris connaissance de l'existence de  ce long métrage en le visionnant, ce qui est particulièrement rare me concernant..

Le problème est que pendant les deux heures que dure le film, je n'ai jamais songé un instant qu'Assayas était derrière la caméra, ce qui signifie ainsi qu'il n'a pas réussi à apposer son style et sa patte alors même que j'ai du voir tous les films de ce réalisateur depuis son premier long Désordres...

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En même temps, cela peut être vu d'un point positif car  signifie aussi qu'Assayas est là où on ne l'attend pas, car après des drames fantastiques et très français dans sa forme  avec Kristen Stewart ou/et Juliette Binoche ( Sils Maria, Personal Shoper ou le très bon Doubles vies) il part à Cuba pour tourner un thriller d'espionnage basé sur les relations très froides entre Cuba et les USA.

Lors d'une fresque particulièrement ambitieuse n'hésitant pas faire des allers retours entre passé et présent, on suit la destinée de cinq officiers de renseignement cubains arrêtés en Floride en 1998, reconnus coupables d'espionnage et autres activités et emprisonnés. Ces cubains parti de la Havane pour Miami sont en fait recrutés pour une une association contre les révolutionnaires de Cuba  pour faire des actions pour libérer  le pays. 

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Même si on n'apprend la finalité de ce groupe qu'à la moitié du film- dans un revirement inattendu mais qui ne fonctionne pas vraiment- ce groupe de Cubains a organisé dans les années 90, depuis Miami, un réseau d’espionnage pour le compte du régime de Fidel Castro.

Bref, le sujet était passionnant et très peu connu de nous autre européens, mais on ne peut pas dire que le résultat soit à la hauteur de nos attentes. Assayas opte pour une profusion de personnages ( certains qu'on suit quelque temps avant de voir disparaitre de l'intrigue d'un coup et ne plus revenir ) ainsi qu' une  narration très  éclatée.

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Le réalisateur a pris le parti de nous laisser  trop dans l’ignorance des activités de ces espions ( comme l'étaient les proches de ces derniers), tant et si bien que lorsque la réalité sur leurs activités apparait on a n peu de mal à en comprendre les tenants et les aboutissants et on ne sait plus trop qui est pro ou anti castriste.

Le film a visiblement été difficile à tourner et à monter, et cela se voit avec le montage, particulièrement souffreteux- certaines séquences finissent par un fondu au noir mal à propos- qui confère au récit un côté trop décousu et trop brouillon.

Les enjeux du film sont trop complexes pour ce film qui donne trop l'impression de survoler certaines séquences  et certains personnages sur lesquels il aurait fallu s'attarder . 

Cuban Network manque de fluidité dans ses transitions et doit parfois se contenter de cartons temporels ( 5 ans plus tard ect) ou d'une voix off venue de nulle part pour expliquer ce qu'il n'a pas réussi à nous montrer autrement.

 

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A l'heure où les séries ne cessent de proposer des oeuvres complexes, qui approfondisent les personnalités des différents protagonistes, ce film est la preuve si besoin était qu'un long métrage de moins de deux heures apparait ainsi un terrain de jeu trop restreint et peu convaincant pour ce genre de sujets. 

Dommage pour le casting 5 étoiles ;  notamment Edgar Ramirez, qu'Assayas a retrouvé après "Carlos", ( une oeuvre d'un autre impact, mais qui  pour le coup était une série), qui possède vraiment un charisme fou  ou  la cubaine Ana De Armas, déjà vu dans à couteaux tirés , très bien et très cinégénique aussi) sans oublier Penelope Cruz en mater dolorosa ou Gael Garcia Bernal, que des acteurs  dont l'implication aurait mérité une oeuvre plus équilibrée et plus aboutie... 

"Cuban network " reste plaisant à regarder ( on ne s'ennuie jamais) et nous apprend quand même certaines choses sur cette partie de l'histoire géopolitique trop connue, mais déçoit par rapport à l'ampleur du sujet et les forces en présence sur le papier..

Finalement heureusement que je n'étais pas au courant de l'existence de ce film avant de l'avoir vu, cela m'aura évité une grosse déception ! 

A croire que le milieu de l'édition germanoprontin sied mieux à Assayas que la géopolitique américaine...

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Depuis vingt-six ans, le Festival Cinémas du Sud, organisé par Regard Sud, offre un panorama du cinéma contemporain du Maghreb et du Moyen-Orient, à travers des œuvres rares

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Les Mauvais Gones 2026 : Lyon au cœur du cinéma criminel du 20 au 24 avril

Du 20 au 24 avril 2026, Lyon accueillera la 8e édition du festival Les Mauvais Gones, un rendez-vous désormais installé dans le paysage culturel lyonnais, dédié au cinéma policier et de gangsters.

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Festival Caravane des Cinémas d’Afrique

La 18e édition du Festival Caravane des Cinémas d’Afrique aura lieu du 21 au 26 avril 2026 au Ciné Mourguet et dans 30 salles partenaires à travers la région Auvergne-Rhône-Alpes.

Créé en 1991, le Festival Caravane des Cinémas d’Afrique avait initialement lieu chaque année avant d’adopter un rythme biennal dès 1992. En 2026, il retrouvera son format annuel, marquant ainsi une nouvelle étape dans son histoire. Ce retour à une périodicité annuelle permettra au festival d’accompagner plus étroitement la vitalité et la diversité du cinéma africain contemporain, en écho à la richesse de sa production et à l’enthousiasme croissant de son public.

Le Festival en quelques chiffres : une trentaine de films présentés, 30 salles partenaires en Région Auvergne-Rhône-Alpes, une vingtaine de nationalités et invités, environ 80 séances, 6 films en compétition pour le Prix du Public, 10 courts métrages pour le Prix du Jury Jeune. 

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