Baz'art  : Des films, des livres...
15 février 2022

Rencontre avec Fabien Gorgeart, réalisateur du film La vraie famille

Ce 16 février 2022  sort en salles le  film " La vraie famille » de Fabien Gorgeart 

Le deuxième film de Fabien Gorgeart met en scène une éblouissante Mélanie Thierry en mère de famille d’accueil, contrainte de se séparer de l’enfant qu’elle garde pour le rendre à son père.

La Vraie Famille  a été particulièrement remarqué aux festivals d'Angoulême, où Mélanie Thierry a remporté le Valois de la meilleure actrice et également au Festival du film de Société de Royan, où on l'a découvert, en remportant le Prix du meilleur film .

On avait rencontré le réalisateurà Lyon  le 11 janvier dernier, il revenait à cette occasion avec nous sur la génèse du film, ses enjeux et sa conception.  

FFS Royan 2021_FabienGorgeart_copyright yoshipowershot-FestivaldufilmdeSociété Royan (13)

 Une histoire de départ très personnelle

"L'histoire du film s’inspire de mon expérience personnelle. Ma mère a été assistante familiale,  nous avons été famille d’accueil et qu’on a accueilli chez nous un petit garçon âgé de 18 mois qui est reparti quand il avait 6 ans. Au moment où je me suis autorisé à devenir réalisateur, j’ai eu envie de travailler autour de cette histoire-là.

Mais ça a pris du temps : j’ai écrit plusieurs tentatives de scénario, que j’ai toujours fini par mettre au fond d’un tiroir.je m'étais embourbé entre plusieurs trajectoires de personnages je me suis un peu  perdu en cours de route ."

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Un premier long métrage qui a servi de déclencheur

Ensuite j'ai eu l'opportunité de tourner Diane a les épaules, et peut-être que ce pas de côté a fait que, délesté de l’angoisse du premier long métrage, je me suis senti plus à l’aise d’y retourner, et de raconter plus franchement ce qu’on avait traversé

J'ai alors écrit une troisième version de scénario de la vraie famille,  fort de  ce que j'avais pu réaliser avec diane a les épaules, je me suis dit que je pouvais désormais tenir tout un film avec un personnage féminin fort, je n'avais plus de question de légitimité à ce niveau là..

D'une certaine facon, la vraie famille commence là où Diane s'arrete en terme d'intensité émotionnelle..

Mettre d'autres histoires dans mon histoire intime

Il fallait conserver notre histoire familiale  -le schéma du film, c’est ce qu’on a connu, et en gros, ma position est celle de l’aîné-, mais  l'agrémenter avec d'autres histoires.

Pour cela il était important de rencontrer d’autres familles d’accueil, des éducateurs spécialisés, de m’inspirer d’autres histoires pour les greffer à la mienne. Eviter le film à thèse était la problématique à l’écriture. 

Une des clés de l'écriture du scénario , c’était de m’assurer que mon autofiction puisse appartenir à un genre du cinéma, m’assurer que ce réel que j’avais vécu pouvait appartenir à la fiction.

C’est certainement un peu bête comme présupposé de départ, mais j’ai vraiment tenu à ce que ce soit en premier lieu un mélodrame populaire. 

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Le mélodrame populaire, des références clairement assumées

Je suis large dans les références que j’y mets, qui vont de The Kid, dont l’histoire a pour moi des similitudes, à Kramer contre Kramer, avec des adultes qui se déchirent sur le sort des enfants, et jusqu’à E.T., que j’ai vu à l’époque où nous avons vécu ça et qui est au fond en quelque sorte l’histoire d’un enfant placé.

Je savais ne pas vouloir forcément appartenir à un cinéma sociologique, mais plutôt à un cinéma sentimental.

Et je voulais que le chemin soit le plus juste et le plus complexe possible, et donc donner à toutes les parties leur chance.

Une famille presque idéale qui va se fissurer

Le début du film est important, on arrive dans une famille, dans une bulle artificielle, au fur et a mesure qu'on avance dans le film la photo de famille commence à s'effriter

On se resserre sur une drame on n'a pas toutes les infos on se raconte quelque chose sur eux qui n'est pas forcément la vérité plus on va les connaitre .

La configuration du film est un miroir assez idéal de ce genre d’histoire, dans le sens où on est plutôt sur le débordement d’amour que sur le manque d’amour.

Ça m’importait beaucoup, et ça faisait écho à ce que j’avais ressenti enfant, alors qu’en fait, la réalité était peut-être bien plus dure et violente

.Jai entendu des histoires qui correspondent à celle du film. Il y a 56 000 familles d’accueil en France et 76 000 enfants placés, et il y a quasiment autant d’histoires.

La question des institutions et de la profession daidant familial

Alors certes, on assiste depuis quelques années à une professionnalisation de l'aidant familial,  notamment par la question de la formation et du salaire plus conséquent, mais cela ne change pas vraiment les problématiques d'implication émotionnelle, impossible à résoudre .

 La vraie famille  évite de charger l’un ou l’autre des intervenants, famille d’accueil, père biologique ou aide sociale ayant à traiter de cas parfois épineux, car j'ai tenu à suivre le principe cher à Jean Renoir, que chacun a ses raisons.

Mélanie Thierry, une Meryl Streep à la française

Contrairement à mon premier long métrage que j’avais écrit pour Clotilde Hesme, je n’ai écrit ce projet pour personne. On a fait un travail de casting assez classique. Mélanie est venue assez vite, et la rencontre avec elle a créé ce sentiment d’évidence.

Ce que j’aime chez elle, c’est l’impression que son émotion est toujours à fleur et que le travail ne va pas être de la convoquer, mais plutôt de la retenir, ce qu’Anna doit essayer de faire.

Et puis, j’avais comme références Meryl Streep et ma mère, il fallait à la fois cette figure « bigger than life » et cette figure simple et populaire. 

Mélanie a ça aussi en elle : elle n’est pas sophistiquée dans ce qu’elle est, et ça, j’aime beaucoup… 

 

Le copyright : yoshipowershot.com / Festival du Film de Société de Royan.

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