Baz'art  : Des films, des livres...
25 avril 2022

Rencontre avec Louda Ben Salah-Cazanas , réalisateur du film Le monde après nous

 On en a parlé un peu avant sa sortie : Le Monde après nous ,sorti en salles le 20 avril,est le premier long métrage du Français Louda Ben Salah-Cazanas.

Né en 1988, Louda Ben Salah-Cazanas a grandi à Lyon où il a étudié les sciences politiques. Après un stage au service culture de Libération, il se lance dans la réalisation de films.

Ce sont d’abord quatre courts métrages : Beau(x) regard(s) en 2013, #Pour Alex (2015), De Plomb (2017) et Genève (2019), qui ont tous été sélectionnés pour les festivals de Namur et de Clermont-Ferrand. 

 Epuré, intense et poignant, Le Monde après nous saisit quelque chose de l’air du temps.

On avait rencontré Louda Ben Salah-Cazanas sur Lyon juste avant la sortie du film en salles .. 

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 «Entretien avec Louda Ben Salah-Cazanas, réalisateur du film Le monde après nous"

Quel a été le point de départ de votre film ?

 Le point de départ du film est notre histoire personnelle avec ma femme. Notre rencontre puis son installation à Paris avec toute la violence que provoque la vie parisienne.

Mon désir était de faire ressentir un moment difficile pour nous, plus que de raconter notre vie.

Je suis parti de situations existantes sur lesquelles j’ai tissé une dramaturgie qui me permettait de faire exister la confusion des sentiments de ce que nous vivions à ce moment.

Je voulais faire un film simple, dénué de grands gestes d’appareil, d’une mise en scène omniprésente – qui peut être l’écueil du passage au long métrage.

C’était l’urgence de la situation qui comptait, faire le film dans le même geste que celui de Labidi, loin du performatif. 

 Votre film parle beaucoup de ce que c'est de ne pas appartenir au même milieu social que les autres, non? 

Oui bien sur, il y a toujours un questionnement sur la norme dans ce que j’écris, en particulier de celle de l’appartenance à une classe sociale : qu’est-ce que c’est que de se confronter à une chose à laquelle on n’appartient pas.

Dans Le Monde après nous, Labidi veut appartenir au milieu de la littérature : or il en est loin par ses origines sociales et aussi par ses origines « ethniques ».

Cette question des barrières invisibles ou des opportunités est très importantes pour moi  

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 Comment avez-vous travaillé avec l’auteur Abdellah Taïa pour l’écriture des voix-off du film ?

J’ai travaillé avec Abdellah Taïa sur les parties littéraires du film car je voulais que cela soit crédible pour qu’on se dise que Labidi a du talent.

Il fallait une sensibilité littéraire que je n’avais pas.

Le producteur Olivier Capelli, qui connaissait très bien Abdellah, m’a fait lire ses textes. Je me sens proche de son écriture.

C’était très facile de travailler avec Abdellah. J’avais maquetté les textes dès le scénario, mais je n’ai pas la prétention d’avoir un quelconque génie littéraire.

De fait, une fois les informations condensées dans plusieurs paragraphes, j’ai rencontré Abdellah. Nous avons discuté de ce qui devait ressortir des textes, de l’importance du poids des mots plus que dans l’accumulation.

C’était très simple finalement, Abdellah est quelqu’un de très impressionnant. Il a une modestie toute particulière et est à l’écoute permanente de ce que nécessite les choses dans lesquelles il s’inscrit. Il a pris mes textes pendant une bonne semaine et insufflé sa littérature.

C’était nécessaire pour donner de la crédibilité au talent de Labidi. Abdellah a tout de suite compris ce qui devait résonner et a réussi à donner de l’importance à chaque chemin de la pensée de Labidi.

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Concernant Aurélien Gabrielli, l’acteur principal de Le Monde après nous, comment êtes-vous venu à collaborer avec lui ? 

Je l’ai découvert dans Quand je ne dors pas (Tommy Weber, 2014). Et il était extraordinaire. Comme nous avions beaucoup d’amis en commun, je l’ai contacté en lui disant que j’avais écrit un film pour lui et il m’a dit : « okay ». Et depuis, tout ce que j’écris, je l’écris pour lui.

La collaboration a commencé tout simplement comme ça. C’est la première fois que nous faisons un long-métrage ensemble, donc il y avait aussi des moments de tension.

Mais cela n’empêche pas que j’écris mon prochain film pour lui. J’ai beaucoup de mal à faire autrement car il y a une force que je n’ai jamais vue ailleurs chez un comédien que j’ai dirigé.

Il est capable d’exercer plein de tons en même temps. Ce qui était complexe dans Le Monde après nous, c’est qu’il y a plusieurs genres : c’est un drame et en même temps c’est de la comédie, à d’autres moments il y a du suspense où il doit être malin.

Et Aurélien a cette force-là. Sans forcément jouer, c’est quelque chose qu’il a en lui. Il arrive à mettre beaucoup de personnel pour ne pas tomber dans le pathos ni en faire des tonnes. Il navigue vraiment entre les genres. J’aime beaucoup le cinéma coréen pour cela. Ils ont des comédiens impressionnants. 

Et le choix de Jacques Nolot pour le rôle du père ?

 Concernant Jacques, c’était plus un parrainage pour moi. En tant qu’acteur, il regarde les choses comme un cinéaste, avec du recul.

 Comme le personnage du père est peu présent dans le film, je voulais qu’il ait cette force et aussi cette distance d’observation. Le père, c’est celui qui a beaucoup vu, beaucoup vécu, et qui va partir. 

 Quels sont vos cinéastes de prédilection , qui vous inspirent ?

Pour le film je n’avais pas vraiment d’exemple de ce qui m’a inspiré sur le moment ou sur ce que j’ai fait travailler à l’équipe. Je me souviens leur avoir demandé de voir L’Amour l’après midi d’Eric Rohmer et Je veux seulement que vous m’aimiez de Fassbinder.

Je crois que ces cinéastes sont suffisamment influencé par la nouvelle vague pour que ces influences filtrent jusqu’à nous.

C’est un chemin compliqué mais cette liberté de ton et de transcender les genres est un héritage qu’on ne peut pas renier, il produit sur les films l’imprévisibilité des situations et donne un spectre plus large à explorer quand on écrit.  

 Entretien réalisé le 19 avril à l'hotel intercontinental avec Pathé Lyon 

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Chris Isaak en concert à Paris et à Lyon

 

 
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49e édition - Du 23 octobre au 8 novembre 2026

www.festival-villerupt.com

 

 

 

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En 2026, le Festival de Villerupt a souhaité, dans le cadre de sa rétrospective thématique, mettre en avant la figure paternelle. D’autorité structurante dans l’Italie d’après-guerre, cette dernière dérive progressivement vers une figure fragile, déplacée, voire problématique, révélatrice des mutations sociales, économiques et culturelles du pays. Une évolution qui sera illustrée travers une sélection d’une dizaine de films.

 

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