ombresGrand fan de cinéma devant l’éternel, le nom de Philippe Bérenger ne m’était pas inconnu. En effet,  dans les années 2000, je me gavais de tous les films qui passaient sur Canal Plus, et j’avais eu l’occasion de voir  les deux films que ce cinéaste  avait réalisé : Méditerranée, avec Vincent Cassel et Monica Bellucci  et On fait comme on a dit, une comédie sur une bande de braqueurs bras cassés, avec Gad Elmaleh dans un de ses premiers rôles.

 J’avais un peu perdu sa trace depuis quelques années,  et c’est avec surprise que  j’ai découvert qu’il  a mis de coté temporairement la mise en scène pour  tenter ’aventure de l’écriture.   Publié aux éditions Scrinéo, qui, outre une  collection jeunesse très fournie, propose désormais des romans ancré dans le réel et l’actualité,  son premier roman, les ombres est une plongée  dans le quotidien du DCRI, brigade antiterroriste issue de la fusion en 2008 entre les RG et la DST.

 Les ombres est en fait un roman de politique fiction , et même d’anticipation,  puisqu’il imagine, sur une durée de 15 jours,  le quotidien de ces hommes et ces femmes, confrontées à une série d’attentats  commis sur Lyon et Paris en septembre 2011 et revendiqué par  le Croissant Noir, une organisation totalement inconnue.

Pour la rédaction de ce roman, Philippe Béranger s’est offert les services d’Andréa Verducci, officier de police spécialisé dans la lutte contre le terrorisme. Cette  collaboration  contribue grandement  à la force de ce roman qui épate  avant tout par la justesse de sa situation, et son expertise très prononcée.

 On est ainsi totalement immergé dans le quotidien de ces fonctionnaires de police, entre filatures, surveillance, indics, et investigations poussées. Mais outre l’enquête proprement dite, la préoccupation première de l’auteur est de nous rendre ces agents, et en premier lieu, leur chef, le commandant Franck Vesnel, comme des êtres humains à part entière, avec  tout ce que cela implique de force et de faiblesse, d’états d’âme, et de joies.

Si l’intrigue parait quelque  peu embrouillée au début, avec une prolifération de personnages et de situations un peu confuses (on suit aussi les pérégrinations des suspects potentiels), le puzzle se met progressivement en route, jusqu’ à son dénouement, au sommet de la Tour Eiffel, tout à la fois épique et cruel.

 Toujours porté par son désir d’authenticité et de sérieux, Les ombres n’en  gardera pas moins  jusqu’au bout un réel souci du rythme et du romanesque.

 Certes,  Les ombres contient quelques maladresses inhérentes à un premier roman, notamment  dans sa façon, parfois artificielle  d’intégrer des passages entiers  de procédure  à l’enquête proprement dite, mais  ce roman n’en demeure pas moins une tentative plus qu’honorable d’apporter une vraie expertise technique à une fiction carrée et efficace. 

J'ai découvert ce livre grace au site les agents littéraires, spécialisé dans les éditeurs indépendants;  on peut retrouver cette critique sur le site http://www.les-agents-litteraires.fr/les-ombres-philippe-berenger