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Lors du dernier Dinard Film Festival, dédié aux productions britanniques, c'est le film The Keeper, de Marcus H. Rosenmüller, qui a raflé le Hitchcock d’or du jury, présidé par Sandrine Bonnaire, et le Prix du public.

Malgré cette consécration incontestable, aucune date de sortie en France n'est pour le moment prévue et il y a de fortes probabilités que le film ne sorte jamais, comme ce fut déjà le sort de JellyFish, primé en 2018 qui n'aura jamais eu les honneurs d'une exploitation en salles, démontrant ainsi que le cinéma anglais ne fait plus recettes (une conséquence du Brexit) en dehors des mastondontes comme Ken Loach. 

Heureusement que les festivals nous permettent de pallier ces lacunes et de rattraper en salles ces oeuvres qui valent pourtant le coup d'oeil et qui auraient probablement rencontré un certain public en salles.

C'est d'autant plus vrai pour The Keeper, rattrapé donc samedi soir lors du festival Ciné O Clock qui a ouvert samedi soir avec ce film  qui possède tous les ingrédients pour plaire au plus grand nombre .

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En nous racontant l'histoire vraie, édifiante et méconnue de Bert Trautmann, soldat dans la Wehrmacht pendant la Seconde Guerre mondiale qui a été enrolé comme gardien de but professionnel de l'équipe de Manchester City pendant 15 ans Marcus H. Rosenmüller embrasse les genres cinématographiques, entre le biopic, le film de guerre, la chronique sportive, le drame historique, et la romance puisque le film, qui est loin de n'être que pour les fans de football s'interesse en grande partie à l'histoire d'amour entre Bert et Margaret, la fille du premier entraineur de Bert qui l'aura trouvé dans ce camp de prisonnier où il croupissait.

David Kross and Freya Mavor in The Keeper.

 L'aspect romantique est d'ailleurs parfairtement construit et filmé (très belle scène de capture d'oiseaux où nos tourtereaux vont commencer à sentir leurs coeurs s'enflammer) et le couple formé par David Kross et Freya Mayor est particulièrement cinégénique et très crédible. 

Mais le film parle également de la difficulté pour les allemands qui ont fait la guerre contre les alliés d'être acceptés  et Bert Trautman malgré son talent incontestable de gardien de foot devra faire ses preuves pour être intégré  car le conflit contre les Allemands est encore dans tous les esprits, particulièrement à Manchester, qui compte une communauté juive importante.

De facture assez classique et romançant (pas mal, selon certains journaux anglais qui connaissent mieux sa destinée que nous) le parcours tumultueux de Bert Trautmann,   le film,  assez intelligent sur ce qu'il dit sur la culpabilité et le pardon,  se  révèle  très captivant et très touchant, notamment dans sa dernière partie où les épreuves de la vie touchera fortement Margaret et Bert. 

Une oeuvre poignante et fédératrice et un excellent film d'ouverture d'un festival, en espérant qu'un distributeur saura entendre cela et sorte le film sur nos écrans français ...  

Film vu au festival Ciné O Clock de Villeurbanne le samedi 8 février 2020 

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Le Festival du cinéma britannique Ciné O Clock continue jusquà dimanche 16 février