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"Qu'est-ce que je peux faire ? Elle était actrice bien avant que je naisse, elle avait une vie bien accomplie. Alors, je partage".

Les rares fois où l'a on vu jouer  la comédienne Sarah Biasini. au théâtre, notamment dans sa première pièce, une adaptation d'une pièce de Neil Simon, Pieds nus dans le parc , on n'a pu s'empecher de penser à  sa mère, la  mythique Romy Schneider dont elle a le même  visage et les yeux  l

Une mère décédée alors que Sarah n’avait que quatre ans et dont on pressentait les effets importants que sa présence/absence avait  pu avoir sur sa vie. 

Cet impact, que l'on subodorait seulement, elle nous le dévoile dans son premier livre, récit autobiographique qui parait en ce début 2021 chez Stock, 

À l’heure de devenir mère,  à près de 40 ans, Sarah Biasani  qui affirme porter depuis longtemps en elle l’envie d’écrire , s'adresse à sa fille qui va naitre pour lui raconter ce que c'est que devenir mère lorsque l'on n'a plus la sienne depuis si longtemps et que son frère, David est décédé tragiquement quelques mois avant sa mère. 

 

Sarah Biasini complexe face à sa mère Romy Schneider : "choc" et "laideur"

Comment envisager la vie quand l’amour familial semble phagocyté  par le spectre de la mort et qu'il faut taire ses angoisses qu'on a à la crainte de mourir trop tot pour son enfant ? Comment trouver sa place à l’ombre d’une icône planétaire  adulée pour sa beauté et son talent éclatant notamment dans les films de Claude Sautet?

La beauté du ciel;, qui démarre le 1er mai 2017 lorsque des policiers lui informe que la tombe de sa mère est profanée,   est ainsi l'occasion d'aborder différentes thématiques liées à la transmission et de présenter une vision plus intime de l'icone qu'était Romy Schneider.

Parfois gardienne du temple, Sarah Biasini confie avoir beaucoup de mal à supporter que d'autres s'approprient l'histoire de sa mère.

Elle critique ouvertement dans un chapitre en entier   le film Trois jours à Quiberon d'Emily Atef qu'on a pourtant trouvé très beau de notre coté  , mais on peut comprendre  que l'image de femme dévastée, torturée par ces démons que lui renvoie ce film ainsi que d'autres séquences très connues de Romy- on pense à la scène d'introduction de l'Important c'est d'aimer que Sarah dit aussi détester- ne corresponde pas aux souvenirs qu'elle veut conserver de sa mère, partie bien trop tot. 

Dans ce récit sincère et  pudique,  sans un mot de trop. qui fait un peu penser dans sa forme et construction au Big Bang d'Irène Jacob,  Sarah Biasani creuse son rapport à sa mère et à sa vie dans son ensemble.

«La beauté du ciel», Sarah Biasini. Éditions Stock; Janvier 2021