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Une fan invétérée de Sheila, un homme qui se cache pour vieillir, un journaliste envoyé à Bethléem pour couvrir la naissance d'un petit bébé qui portera le nom de Jésus, un petit garçon qui n'aime pas le cirque, un grand-père qui explique à son petit-fils que la vie, c'est comme une semaine...

Toutes et tous ont une histoire à nous raconter et se proposent, une heure durant, de la partager avec nous.

Tour à tour légères, poétiques, drôles, émouvantes, ces tranches de vie nous embarquent tantôt dans une rame de métro bondée, tantôt dans l'atmosphère feutrée d'un salon, ou encore, dans une crèche.

Elles nous touchent toutes, chacune à leur manière. 

Sous la houlette d'Anna Bayle, Romain Raymond assure avec brio ce seul-en-scène (à plusieurs), rendant chaque personnage plein d'humanité.

Il déploie, pour chacun, la même énergie et la même justesse.

Il nous donne l'impression d'entrer en intimité avec chacun d'entre eux, d'être leur confident. Et nous n'avons qu'une envie : ouvrir grand nos oreilles pour entendre ce qu'ils ont à nous dire.

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Un décor épuré avec, de part et d'autre, des portants où pendent les costumes de chaque personnage.

En fond de scène, un écran sur lequel défilent des vidéos de gens pressés, d'aiguilles qui tournent à toute vitesse - métaphores du temps qui passe, nous précipitant un peu plus vers cette fin du monde qui nous effraie de moins en moins.

Cerise sur le gâteau, vous aurez le plaisir d'entendre une bande son exceptionnelle, qui comme les mots de François Morel, vous restera longtemps dans la tête. Et dans le cœur.

Quelques mots sur le texte et l'adaptation  

Pour réaliser son rêve de créer un "spectacle existentiel", François Morel a repris des chroniques écrites sur France Inter, chaîne sur laquelle il sévit depuis plus de dix ans, nous régalant de ses savoureux Billets.

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Entre 2013 et 2016, il a joué ce spectacle - notamment au Théâtre de la Pépinière et au Théâtre du Rond-Point, à Paris - dont il avait confié la mise en scène à Benjamin Guillard.

Dès la première lecture, Anna Bayle et Romain Raymond sont tombés amoureux de ce texte empreint de tendresse, de ce ton. De ces personnages qu'ils ont tout de suite eu envie de faire vivre, à leur tour.

Et on peut vous dire que le pari est réussi, haut la main.

 

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La fin du monde est pour dimanche, Théâtre Au-Bout Là-Bas, 23, rue Noël Biret, 84 000 Avignon, tous les jours à 20h50 (relâches les lundis)