Baz'art  : Des films, des livres...
23 avril 2025

Rencontre avec Mourad Winter : comment réinventer la comédie romantique avec notre époque actuelle

 

Dans le film L'amour, c'est surcoté, épatante comédie romantique à voir en salles ce 23 avril Mourad Winter met en scène un couple d'amoureux qui tâtonnent joué par Laura Felpin et Hakim Jemili.

Des héros assez peu vus au cinéma, comme le réalisateur et écrivain, avec qui on  a pu discuter lors des Rencontres du Sud en Avignon,  nous l'a expliqué le mois dernier, nous l'a expliqué :  « Je suis un auteur issu des minorités, et, voyant rarement des histoires d'amour avec un héros arabe qui n'est ni dealer, ni islamiste, ni violent, j'ai eu envie de contrer ces stéréotypes en écrivant le livre que j'adapte aujourd'hui. On arrivait à une sorte de saturation des mêmes personnages, des mêmes schémas, mais, depuis les récents mouvements féministes, il y a davantage de possibilités d'ouvrir les représentations et de créer d'autres modèles pour la jeunesse."

 

 

Dans L'amour, c'est surcoté, Mourad Winter inverse  les rôles en imaginant une héroïne libre et bulldozer face à un héros paumé, fragilisé par un deuil. « On apprend aux hommes à cacher leurs émotions, à masquer leurs failles par le rire, à taire leur romantisme. On nous fait d'ailleurs bien sentir que la romcom, c'est «pour les filles». Je voulais en finir avec cette idée préconçue et ce modèle absurde de femme au service du mâle dominant et protecteur. Cet archétype nous enferme et n'est pas raccord avec mon expérience de vie. Les femmes avec lesquelles j'ai grandi et vécu sont déterminées, clairvoyantes, intelligentes. »

 

 

Le film traite sans doute plus de la relation amoureuse que dans le livre ou d'autres sujets sont abordés.  "Quand j’écris le bouquin, j’ai envie de traiter de l’amour, mais dans sa tridimensionnalité : le couple, la famille et les amis. Parce qu’il ne faut pas se cantonner juste au couple ; généralement, il faut un petit peu des trois pour être heureux. C’est comme ça que j’ai bossé et que je l’ai adapté. Pour la première version, j’avais 180 pages. Pour un scénar qui doit en faire 100, c’est dur de rentrer dans les clous. On a réussi."

Selon Mourad Winter, le récent carton de L'Amour ouf est par ailleurs le symbole de l'attrait du public pour la romance. « Dans un contexte moribond, dans un monde où les relations humaines sont de plus en plus exécrables et polluées par les réseaux sociaux, il est temps de remettre les comédies romantiques au goût du jour, de revaloriser le lien réel et vibrant à l'autre. »

 

Le personnage féminin notamment sort vraiment des sentiers battus et des archétypes de la romcom classique .

« Madeleine, c'est  un peu comme la meuf du futur", nous a expliqué longuement Mourad Winter. "Dans toutes les comédies romantiques, la fille subit un petit peu l'histoire, j'avais envie d'une nana qui rentre un peu dans le lard et allait mettre les mains dans l'intime et essayer d'aller chercher le beau qu'il a en lui. »

« Je pars toujours du principe que je n'ai rien à me reprocher, j'estime que je suis quelqu'un de bien qui rigole de tout avec tout le monde et qui n'a pas de préjugés sur qui que ce soit, explique Mourad Winter. J'avais envie de ramener ça à l'écran. Comme les groupes WhatsApp qu'on a entre potes, si ça sort du contexte, on peut se dire c'est problématique, mais non, c'est de la vanne. Entre nous, on se pique, on dit des trucs certainement pas politiquement corrects, mais c'est ce qui fait qu'on s'aime. »

Il y a bien l'humour pour compenser, mais comme le dit Madeleine : « L'humour est un pansement, on ne soigne pas une hémorragie interne avec un pansement ». "Si le rire peut apaiser les maux, les mots qu'on pose dessus le font parfois bien plus efficacement. « Le rire est une carapace qui peut se fissurer, et là, ça ne suffit plus, il faut parler,  approuve le réalisateur. J'ai plein d'amis qui, après 25 ou 30 ans de masculinité bien toxique et bien virile, ont commencé à se poser ces questions-là.."

Mais au fait, est ce que pour Mourad, l'amour serait également surcoté?  "En fait, c’est  tout le contraire car je trouve cela magnifique de tomber amoureux. ! C’est une des seules choses qui nous permette de tenir et de survivre. La vie est cool mais elle est dopée quand on est amoureux.  On ne va pas réinventer la vie, quoi. Ça peut paraître cliché, ça peut paraître tout ce qu’on veut, mais on ne réinvente rien. C’est que du réassort, ce qu’on fait. Chacun amène sa petite pierre à l’édifice, à sa façon. J’ai essayé de le faire à ma façon et j’espère que ça va plaire."

Le film sort ce mercredi et même si Mourad est par nature anxieux et jamais content de lui même il croise les doigts sur le succès à venir du film " On a eu une belle standing ovation à l’Alpe-d’Huez. C’est quand même vachement rassurant pour une première projection. J’ai beaucoup de recul sur ce que je fais ; j’ai toujours l’impression que c’est de la merde — c’est perso, je ne sais pas d’où ça vient ; peut-être de l’enfance, il va falloir en parler à mes parents. D’ailleurs, après l’Alpe d’huez, j’ai fait quelques petites petites modifs de montage — pas grand chose : de rythme, de champ/contrechamp… Et même au niveau de la presse, sur le bouche à oreille, je ne m’attendais pas à ça. Donc c’est cool. Pour un premier film, je suis très content. On m’a laissé un peu faire ce que je voulais donc il y avait cette responsabilité de leur rendre un peu la pareille.'

Chers cinéphiles et autres amoureux de bonnes romcoms, vous savez ce qu'il vous reste à faire !!

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Depuis vingt-six ans, le Festival Cinémas du Sud, organisé par Regard Sud, offre un panorama du cinéma contemporain du Maghreb et du Moyen-Orient, à travers des œuvres rares

(Fictions, documentaires) avec la présence exceptionnelle de leurs cinéastes.

 Cette 26e édition qui se tiendra du 15 au 18 avril 2026, permettra de découvrir aussi des œuvres du patrimoine arabe, comme le film Gare Centrale de Youssef Chahine, et Said Effendi du cinéaste irakien Kameran Hosni (né en Irak et décédé en 2004 à Los Angeles) et le film du cinéaste marocain Ahmed El Maanouni, Alyam, Alyam.

Cet évènement sera aussi l’occasion de découvrir des œuvres inédites, des premiers long-métrages et d’assister à une avant-première. Elle accueillera des invités témoignant de l’importance du Festival Cinémas du Sud à l’Institut Lumière.

https://www.institut-lumiere.org/25e-festival-cinemas-du-sud

 

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Les Mauvais Gones 2026 : Lyon au cœur du cinéma criminel du 20 au 24 avril

Du 20 au 24 avril 2026, Lyon accueillera la 8e édition du festival Les Mauvais Gones, un rendez-vous désormais installé dans le paysage culturel lyonnais, dédié au cinéma policier et de gangsters.

Pendant cinq jours, le cinéma UGC Ciné Cité Confluence se transforme en véritable immersion dans l’univers du crime à l’écran, avec une programmation de films cultes, des soirées thématiques et des échanges avec des invités du monde du cinéma.

 https://www.lesmauvaisgones.fr/

 

 

Festival Caravane des Cinémas d’Afrique

La 18e édition du Festival Caravane des Cinémas d’Afrique aura lieu du 21 au 26 avril 2026 au Ciné Mourguet et dans 30 salles partenaires à travers la région Auvergne-Rhône-Alpes.

Créé en 1991, le Festival Caravane des Cinémas d’Afrique avait initialement lieu chaque année avant d’adopter un rythme biennal dès 1992. En 2026, il retrouvera son format annuel, marquant ainsi une nouvelle étape dans son histoire. Ce retour à une périodicité annuelle permettra au festival d’accompagner plus étroitement la vitalité et la diversité du cinéma africain contemporain, en écho à la richesse de sa production et à l’enthousiasme croissant de son public.

Le Festival en quelques chiffres : une trentaine de films présentés, 30 salles partenaires en Région Auvergne-Rhône-Alpes, une vingtaine de nationalités et invités, environ 80 séances, 6 films en compétition pour le Prix du Public, 10 courts métrages pour le Prix du Jury Jeune. 

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