[CRITIQUE] ON VOUS CROIT - la valeur inestimable de la parole des enfants
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C’est l’histoire d’Alice qui se retrouve devant la juge. Elle doit défendre ses enfants, dont la garde est remise en cause.
Y a-t-il oui ou non nécessité à maintenir le lien avec le père, encore présumé innocent, mais pour qui, tout porte à croire qu’il aurait abusé de son fils ? Les enfants ont bien exprimé qu’ils n’avaient plus envie ni besoin de revoir leur père, mais la question doit être posée.
Les "mères louves ou mères protectrices" sont au cœur du film "On vous croit", qui sort mercredi en salles, une immersion critique dans le système judiciaire.
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La scène centrale du film est une prise continue tournée en temps réel pendant 55 minutes
Le point de vue des deux cinéastes belges réussit à montrer à quel point la longueur, la répétition et la multiplication des procédures judiciaires peuvent amplifier les traumatismes.
Dans l'histoire qui nous est contée, comme souvent dans la réalité, les enfants qui sont contraints de revivre sans cesse ce qu’ils ont subi, tout en voyant leur parole mise en doute, finissent par se dire qu’on ne les protège pas
Pendant 1h20 de huis clos sous tension, ce film belge, déjà récompensé par plus d'une dizaine de prix suit Alice dans les couloirs d'un gigantesque tribunal pour enfants.
Unité de lieu et de temps. Dès le début, l’ambiance est oppressante. Toujours en gros plan, la caméra capte tout. On est presque dans la tête d’Alice.
Dans ce décor froid, quasi clinique, on regarde cette femme qui s’insurge contre le fait qu’on puisse mettre en doute la parole de son enfant. Au tribunal, Alice se retrouve à devoir s'asseoir à quelques centimètres de son ex-conjoint, doit essuyer des remarques déplacées de l'avocate de la défense remettant en question sa capacité à s'occuper de ses enfants.
Son fils, lui, s'enfuit, quand il voit son père, s'emportant contre une justice ne respectant pas son souhait de ne pas le croiser.
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On sent toute cette détresse, et en vase clos, on étouffe avec elle.
Dans une tension dramatique extrêmement forte, ce film pose la question de la valeur de la parole des enfants. La performance d’interprétation de l’actrice Myriem Akeddiou est épatante.
Peu connue en France, la comédienne porte le film sur ses épaules, mais elle livre une interprétation de mère courage viscérale.
Du désespoir à la révolte, son personnage traverse toutes les émotions et cela se ressent d'un regard, d'un mouvement du corps.
Et la durée des plans laisse son visage , filmé en gros plans serrés, dans tous les états possibles, se faire travailler par l'urgence de dire malgré la contrainte de se taire.
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"On vous croit", c'est un film de fiction salutaire, œuvrant pour que la santé ouvre les yeux et protège ses enfants plutôt que de les perdre à toujours.
Hasard du calendrier, ce film coup de poing sort sur les écrans quelques jours seulement après le dépôt à l'Assemblée nationale d'une proposition de résolution visant à garantir une "protection réelle des enfants victimes d’inceste" et une "sécurité juridique des parents protecteurs".
On vous croit
de Charlotte Devillers et Arnaud Dufeys
Fiction- 78 minutes. Belgique, 2025.
Sortie salles (France) : 12 novembre 2025
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