L-ombre-du-soir

"Ces gens aux voitures métalisées, ils empruntent toujours l'escalator jamais l'escalier . Ils se pavanent. Sont ivres de la montée ces gens.Ils se prennent pour des pachas pour dépliants mécaniques.Ils adorent les scalators. Quand y'en a pas, ils ralent ils vocifèrent ils disent qu'ils ne passeront jamais plus par là."

César du meilleur espoir en 2007, pour son rôle Les Amitiés malefiques d'Emmanuel Bourdieu Malik Zidi  révélé notamment par  Ozon fait partie de ces acteurs français que l'on voit de temps en temps sur nos écrans ( petits et grands) sans qu'il ne soit un incontournable du cinéma français.

L'année 2020 pourrait bien changer la donne car après un rôle secondaire mais important dans le Play d'Anthony Marciano il publie son premier roman L'ombre du soir prévu le 24 janvier chez Anne Carrière .

Il rejoint ainsi cette cohorte de comédiens qui s'essaient à la littérature avec plus ou moins de réussite, d'Isabelle Carré à Irène Jacob en passant par Aute Atika ou Marc Citti.

Insatiable, Malik Zidi  mettait déjà dans la liste de ses envies lorsqu'il a reçu son césar du meilleur espoir  son envie d'écrire..

 

Dans l'ombre du soir Malik Zidi raconte l'histoire d'un jeune de 11 ans, entre son quotidien dans la peur et ses premières pulsions d'adulte.

Mehdi, 11 ans, personnage principal du premier roman de Malik Zidi,  vit au sein d'une famille qui se délite entre un père  informaticien iranien exilé en France et une mère, pharmacienne résignée, qui ne s'aiment plus et vivent dans la rancune.

Medhi  se résoud ainsi à ne "devoir compter sur personne",  alors même qu'il ressent ses premières émois de fin de l'enfance et essaie de trouver un moyen pour lutter contre ce monde adulte trop oppressant pour lui .

"Des fois aussi quand je tombe amoureux et que la fille me regarde, j'ai le ventre tout tordu. L'amour me fait mal au ventre avant d'avoir pu embrasser l'espoir."

Comme  Isabelle Carré avec   Les rêveurs,  Malik Zidi  convoque sans doute ses souvenirs de l'enfance  pour  parler de façon un peu décousue, comme un dépôt de main courante ( est il écrit sur le quatrième de couverture) d'une famille dysfonctionnelle mais néanmoins humaine   avec un langage enfantin, parfois imagé, parfois ironique.
UN premier roman en forme de récit iniatique,  non dépourvu de  quelques clichés et de quelques maladresses de style mais qui touche par sa sincérité et son humanité et qui donne une nouvelle facette d'un comédien discret mais singulier.
L’ombre du soir; Malik Zidi  (éditions Anne Carrière); 24 janvier 2020