Baz'art  : Des films, des livres...
24 novembre 2024

Interview cinéma Guillaume Senez pour "Une part manquante" : "Dans mes films, il est toujours question de paternité"

"J’ai été bluffé par Romain Duris et sa maîtrise du japonais"

Rencontre avec le réalisateur Guillaume Senez, dont le film "Une part manquante" est sorti le mercredi 13 novembre dans les salles.

Ce film qu'on a énormément apprécié,  nous entraîne au Japon avec Romain Duris, qui incarne Jay, un homme installé à Tokyo, depuis plusieurs années, qui désespère de revoir sa fille depuis sa séparation avec sa femme.

 Comment est née l’histoire d’«Une part manquante»?

J’étais avec Romain Duris au Japon pour la sortie de «Nos batailles» quand je suis tombé sur cette disposition légale dont j’ignorais tout et qui touche tant de gens: quelque 150000enfants (soit un mineur sur six) sont enlevés chaque année au Japon et perdent tout contact avec l’un de leurs parents.

En 2022, nous avons suivi à Tokyo une manifestation contre les enlèvements d’enfants, et compris que cela concernait des expatriés, mais surtout des Japonais, autant d’hommes que de femmes…

Leur détresse est telle que certains, parmi ceux que l’on a rencontrés, s’approprient le film et y voient une adaptation ciné de leur histoire personnelle.

Mais c’est véritablement un film de fiction, «inspiré de faits réels rendus publics» comme il est indiqué au début.

À quel point  s'est mesurée l'implication de Romain Duris dans la création du film?

 

Dès qu’on a entendu parler de cette histoire, Romain et moi avons senti comme une évidence qu’il fallait en faire un film. Une fois rentré à Bruxelles, il m’a aiguillé vers un article de «Paris Match» et un reportage d’«Envoyé Spécial»…

Très vite, nous lui avons envoyé plusieurs versions de scénario et il me faisait des retours. Il s’est impliqué très en amont dans le processus depuis longtemps, a commencé très tôt à travailler son japonais. Je suis quelqu’un de très fidèle.

Si je donne ma confiance, c’est à vie. A contrario, si je ne m’entends pas bien humainement avec une personne, je ne peux pas envisager de travailler avec elle. Il faut que ce soit quelqu’un avec qui je pourrais partir en vacances, manger au restaurant et faire la tournée des bars le soir. Vous savez, je raisonne ainsi avec tous mes collaborateurs et collaboratrices.

Interview cinéma Guillaume Senez pour "Une part manquante" : "Dans mes films, il est toujours question de paternité"
Pourquoi avoir fait le choix d’un personnage occidental pour aborder cette question ?

On a découvert cette histoire avec Romain. Il y avait cette envie de refaire un film ensemble sur la paternité. Et je reste quand même un réalisateur européen qui fait un film sur le Japon, qui critique un peu le système. Même si j’ai essayé d’être juste, de montrer les choses telles qu’elles sont.

Après, ce qui me plaisait dans l’idée que ce soit un étranger, c’est qu’en filigrane, ça raconte aussi l’histoire d’un étranger qui essaie de s’intégrer et de combien c’est difficile.

Je me suis dit qu’en fait, ce n’était pas si éloigné de ce qui se passe chez nous.

On a vu plein de films qui prennent le spectateur par la main pour lui montrer comment c’est compliqué pour quelqu’un venant des pays de l’Est ou d’Afrique centrale de s’intégrer chez nous.

Mais ça nous passe sous le nez. C’est comme quand on croise un sans-abri dans la rue, à un moment donné, on finit par ne plus regarder, parce que ça nous culpabilise. Et si on faisait l’inverse ? Si on suivait un occidental au Japon, plongé dans une autre culture, une autre religion, une autre langue ?

Pour montrer combien c’est compliqué. C’est pour ça qu’au début, on voulait qu’il soit plus japonais que bien des Japonais…

Si “Une part manquante” aborde une question japonaise, il s’inscrit parfaitement dans votre filmographie, tournée vers la paternité…

Je suis père de trois enfants. Même en tant que spectateur, quand je vois un film ou même une pub, dès qu’il y a des enfants, je suis pris ! Il y a quelque chose qui me bouleverse, c’est viscéral.

C’est assez douloureux et long de faire un film, autant que ce soit pour des choses qui me parlent. J’ai été touché par ces histoires…

Il est toujours question de la paternité, de la parentalité, mais c’est plus éloigné de moi que Keeper ou Nos batailles , qui parlaient de choses plus intimes, que j’avais vécues.

C’était bien de constater que je pouvais aussi faire un film un peu plus éloigné de moi, avec une narration plus classique, mais efficace.

Interview réalisée le 23 octobre dernier

Merci au Pathé Lyon Bellecour et Haut et Court

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Depuis vingt-six ans, le Festival Cinémas du Sud, organisé par Regard Sud, offre un panorama du cinéma contemporain du Maghreb et du Moyen-Orient, à travers des œuvres rares

(Fictions, documentaires) avec la présence exceptionnelle de leurs cinéastes.

 Cette 26e édition qui se tiendra du 15 au 18 avril 2026, permettra de découvrir aussi des œuvres du patrimoine arabe, comme le film Gare Centrale de Youssef Chahine, et Said Effendi du cinéaste irakien Kameran Hosni (né en Irak et décédé en 2004 à Los Angeles) et le film du cinéaste marocain Ahmed El Maanouni, Alyam, Alyam.

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Les Mauvais Gones 2026 : Lyon au cœur du cinéma criminel du 20 au 24 avril

Du 20 au 24 avril 2026, Lyon accueillera la 8e édition du festival Les Mauvais Gones, un rendez-vous désormais installé dans le paysage culturel lyonnais, dédié au cinéma policier et de gangsters.

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Festival Caravane des Cinémas d’Afrique

La 18e édition du Festival Caravane des Cinémas d’Afrique aura lieu du 21 au 26 avril 2026 au Ciné Mourguet et dans 30 salles partenaires à travers la région Auvergne-Rhône-Alpes.

Créé en 1991, le Festival Caravane des Cinémas d’Afrique avait initialement lieu chaque année avant d’adopter un rythme biennal dès 1992. En 2026, il retrouvera son format annuel, marquant ainsi une nouvelle étape dans son histoire. Ce retour à une périodicité annuelle permettra au festival d’accompagner plus étroitement la vitalité et la diversité du cinéma africain contemporain, en écho à la richesse de sa production et à l’enthousiasme croissant de son public.

Le Festival en quelques chiffres : une trentaine de films présentés, 30 salles partenaires en Région Auvergne-Rhône-Alpes, une vingtaine de nationalités et invités, environ 80 séances, 6 films en compétition pour le Prix du Public, 10 courts métrages pour le Prix du Jury Jeune. 

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