landesCa nous pendait au nez depuis quelques semaines déjà, et en ce mercredi 31 juillet, le couperet est tombé: pas de sélection ciné de la semaine, faute de combattants...

Car là, franchement, j'ai beau regarder la liste dans tous les sens, je n'arrive pas à ressortir 3 films qui me tentent...je pense que j'irais voir  les Schtroumpfs 2 avec les miens, car vu que le premier volet ait passionné mes loustics, ils ont noté depuis longtemps la date du 31 aout, mais c'est pas vraiment mu par une volonté évidente de ma part...

Non, dans les sorties de cette semaine, un seul film m'aurait plu, mais en fait comme je l'ai déjà vu, le mieux est de vous en faire la chronique  dès maintenant à la place de mon billet sélection.

 Ce film, c'est Landes, le tout premier film de François Xavier Vives, que j'ai eu la chance de voir en avant première il y a une dizaine de jours, en précense du réalisateur et de l'actrice principale du film, la merveilleuse Marie Gillain, dont j'avais déjà chanté les louanges dans ma chronique du trés beau "Toutes mes envies"

Marie Gillain se fait hélas très rare au cinéma, elle nous donne de ses nouvelles tous les deux- trois ans seulement, on ne sait pas trop si c'est parce que les réalisateurs ne pensent pas à elle ou bien parce qu'elle est très exigeante et privilégie sa vie privée (il  me semblait d'ailleurs lors de cette avant première qu'elle arborait un ventre bien rond- voilà que je joue les langues de vipère et les paparazzis maintenant, bouh que c'est pas beau)

Quoiqu'il en soit, je suis toujours ravi de la voir sur grand écran tant j'ai toujours adoré cette actrice belge, qui est exactement de ma génération, et dont j'ai suivi la carrière dès son premier rôle dans "Mon Père ce Héros" où elle jouait la fille de notre gros Gégé national (enfin belge ou russe, donc plus vraiment national d'ailleurs).

Dans ce  Landes- qui se déroule comme son titre l'indique dans la belle région des Landes où j'y ai passé quelques vacances dans ma jeunesse- elle interprete le rôle principal,  celui de Liéna, celui à travers les yeux duquel toute l'intrigue se jouera et se nouera.

Le film commence à la mort de son mari ( on ne saura jamais de quoi), lorsqu'elle hérite de ses vastes propriétés au cœur d'une forêt industrielle. Liena décide  alors de poursuivre l'oeuvre dont celui-ci rêvait : apporter l'électricité sur ses terres. Elle menera alors un combat incessant, pour honorer la mémoire de son mari est  de ce rêve électrique une réalité, et de l'imposer à tout le monde, que ce soient les riches propriétaires alentours, ou les syndicats engagés dans une grêve sans merci.

 Landes est donc un film d'époque comme on dit, genre assez rare et plutôt mal vu dans le cinéma français contemporain. Le dernier film en costume notable à être sorti en France était un film qui, étrangement, se passe dans la même région et sensiblement à la même époque, à savoir Thérèse Desqueyroux,  le dernier film de Claude Miller qui ne m'avait pas vraiment convaincu.

Ce Landes est donc un projet audacieux, et également intimement personnel ( le réalisateur nous a confié lors de l'entretien après film qu'il racontait en fait l'histoire de son arrière grand mère) et il m'a fait meilleure impression que celui de Claude Miller, ne serait ce que déjà parce qu aussi bien la lumineuse Marie Gillain que le personnage qu'elle incarne m'ont bien plus emporté que les mines renfrognées d'Audrey Desqueroux Tautou.

En effet, dans ce rôle en or pour elle, elle porte le film à bout de bras, et dévoile une nouvelle fois une impressionnantepalette de jeu, en montrant toute une gamme d'émotions qui vont du manque d'assurance du début, à la colère extériorisée, en passant par l'engagement total et l'amour. A ses côtés, le pareillement rare ( il préfère se consacrer à la réalisation) et toujours excellent Jalil Lespert défend un rôle pas évident de médiateur, sans cesse partagé entre deux classes sociales totalement différentes.

 Car le scénario ne se contente pas d'être un(beau) portrait d'une femme battante, en avance sur son époque, mais il prend soin également de nous dire un peu sur les conditions de vie de ces ouvriers de la résine qui essaient de lutter tant bien que mal.

Photo : Landes - le film, c'est aussi l'histoire du gemmage, opération qui consiste à blesser le pin pour en récolter la gemme ou résine. Dans les années 20, les gemmeurs se sont battus pour obtenir plus de droits...

En fait, le film aborde énormément de thèmes différents ( le progrès technologique face au progrés social, la lutte effrenée de la bourgeoisie à garder ses acquis, l'adoption d'un enfant, le retour à l'amour après un deuil...), mais c'est aussi ce qui constitue la force et les limites du film.

En effet,  pour une heure trente de films, cela fait un peu trop, et surtout,  cela fait un peu trop penser à ces sagas de l'été que je voyais auparavant sur France 2 dans lequel Brigitte Fossey par exemple luttait pour préserver son domaine. La faute à ce manque d'épure dans l'écriture du scénario, mais aussi dans les dialogues, qui soulignent trop ce qu'ils devraient juste esquisser, et aussi  sans doute un peu la faute à une mise en scène parfois un peu trop classique et linéaire.

Cela étant dit, reconnaissons que François Xavier Vives met parfaitement en valeur la photogénie incroyable de sa région natale, les Landes, et si nous ne sommes quand même pas au niveau de  " La Leçon de piano"  ou d'" Out of Africa", les modèles revendiqués du cinéaste lors de la rencontre,  " notamment pour leur rapport à la nature sauvage", on reconnait que le cinéaste a particulièrement soigné la lumière et la photographie de son film.

Bref, même si elle n'est pas à 100% convaincante, on peut dire qu'il a réussi sa fresque historique, au contraire par exemple du si sympathique Jean Pierre Améris qui s'était bien fourvoyé avec son homme qui rit.

Et on peut dire qu'en comparaison à la grande pauvreté des sorties salles de cet été, il est tout à fait bienvenu d'aller se jeter dans les pins de cette Landes, certes pas inoubliable, mais tout à fait recommandable.